Obstruction parlementaire sur les retraites : « La gauche sabote l’opposition », dénonce Jean-Philippe Tanguy
Invité de Public Sénat et LCP, le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy fustige le dépôt de 13 000 amendements par LFI sur la réforme des retraites. Il estime que l’examen du texte ne pourra pas arriver jusqu’aux articles les plus contestés du projet de loi, notamment celui qui acte le report de l’âge légal de départ à la retraite.

Obstruction parlementaire sur les retraites : « La gauche sabote l’opposition », dénonce Jean-Philippe Tanguy

Invité de Public Sénat et LCP, le député du Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy fustige le dépôt de 13 000 amendements par LFI sur la réforme des retraites. Il estime que l’examen du texte ne pourra pas arriver jusqu’aux articles les plus contestés du projet de loi, notamment celui qui acte le report de l’âge légal de départ à la retraite.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

L’examen de la réforme des retraites à l’Assemblée nationale semble compromis avant même d’avoir commencé. Le dépôt de près de 20 000 amendements, pour l’essentiel issus des rangs de la gauche, pourrait empêcher les députés d’aller au bout du texte, dont la discussion en séance publique doit s’ouvrir lundi mais pourra s’arrêter au bout de 20 jours seulement si le gouvernement choisit d’avoir recours à l’article 47-1 de la Constitution. « La gauche sabote l’opposition », dénonce le député du Rassemblement National Jean-Philippe Tanguy au micro de l’émission « Parlement hebdo » sur Public Sénat et LCP, ce vendredi 3 février.

« Cette obstruction parlementaire va empêcher les oppositions de voter contre le texte », explique-t-il, alors que La France insoumise a déposé à elle seule 13 000 amendements. « On pourrait très bien passer trois mois à examiner les amendements de la Nupes, là le gouvernement a déposé un 47-1, ce qui veut dire que le texte sera examiné en très peu de jours. Si ce texte n’est pas étudié dans les délais, il partira au Sénat sans que l’Assemblée nationale ait pu le regarder entièrement. Or, les points les plus importants, le report de l’âge légal et l’accélération de la réforme Touraine, sont dans l’article 7. Donc s’il y a trop d’amendements, on n’arrivera pas jusqu’à cet article, c’est ce qui s’est passé pendant l’examen en commission des Affaires sociales », alerte l’ancien bras droit de Nicolas Dupont-Aignan.

Invitée ce même vendredi de la matinale de Public Sénat, la députée LFI Aurélie Trouvé a assuré que la plupart des amendements déposés par la gauche portent « sur le fond du texte », en vue de « dessiner un contre-projet ». À l’inverse, le Rassemblement national n’a présenté que 200 amendements, moins encore que la majorité présidentielle (400). « La plupart d’ailleurs sont sur cet article 7 », précise Jean-Philippe Tanguy, qui reproche à la gauche de se concentrer sur certains points de la réforme qu’il juge secondaire. « L’Index des séniors est un gadget de la réforme, il ne mérite pas que l’on s’arrête dessus pendant quatre jours », s’agace-t-il.

Motion référendaire

Par ailleurs, LFI conteste le tirage au sort qui a donné l’avantage à la motion référendaire déposée par le RN contre la réforme des retraites. La gauche estime que c’est sa propre motion qui aurait dû être retenue pour examen, car celle-ci avait été déposée au bureau de l’Assemblée nationale avant celle du camp de Marine Le Pen. LFI envisage désormais de redéposer une nouvelle motion référendaire, dans l’espoir qu’un second tirage au sort lui soit favorable, la gauche refusant de soutenir un texte rédigé par l’extrême droite.

Jean-Philippe Tanguy dénonce des « enfantillages ». « Quand les parlementaires se chamaillent pour savoir si c’est X ou Y qui dépose la motion, c’est ridicule », balaye-t-il. L’adoption d’une motion référendaire suspendrait l’examen du texte et obligerait le gouvernement à organiser un référendum sur les retraites, dans les conditions prévues par la Constitution.

Partager cet article

Dans la même thématique

Marseille: Marine Le Pen and Franck Allisio at the end of their meeting for the municipal elections
9min

Politique

Municipales 2026 : le Rassemblement national joue sa carte présidentielle

Le parti à la flamme va devoir montrer qu'il est bien implanté localement et qu'il n'a pas perdu sa dynamique avant la présidentielle de 2027. Dans ce cadre, les enjeux des élections municipales jouent un rôle décisif, car actuellement peu ancré localement, chaque mairie gagnée devient pour le Rassemblement national un marchepied stratégique pour le national.

Le

Paris: Olivier Faure convention municipales 2026
10min

Politique

Municipales : le PS fait du scrutin un « enjeu majeur » dans la bataille du leadership face à LFI

Le Parti socialiste, qui détient plusieurs grandes villes, à commencer par Paris, où « ça va être chaud », présente 2500 listes pour les élections municipales. Uni avec les Ecologistes dans plusieurs communes, le parti fait face aux listes LFI, qui attaquent les socialistes sans hésiter. Au-delà de l’enjeu de conserver ses villes et quelques gains possibles, à Saint-Etienne ou Amiens, le numéro 2 du PS, Pierre Jouvet, espère montrer avec le scrutin « la possibilité de construire l’alternative politique dans le pays ».

Le

Rachida Dati, at the Mutualite, 2026 municipal elections. Paris.
9min

Politique

Municipales 2026 : les LR visent la stabilité, tout en rêvant d’un exploit à Paris

En tenailles entre l’érosion du vote LR dans les grandes villes et le spectre d’une « union des droites » portée par le RN, le parti de Bruno Retaileau mise sur son solide maillage territorial pour résister lors du scrutin des 15 et 22 mars prochains. LR pourrait toutefois créer la surprise à Nantes et Besançon. Surtout, la droite caresse l’espoir d’un basculement historique à Paris avec Rachida Dati.

Le