Ocean Viking : « La France s’est honorée, les Italiens ont failli à leur devoir », affirme Sylvain Maillard (Renaissance)
Invité de notre matinale, Sylvain Maillard est revenu sur l’accueil à Toulon du navire Ocean Viking et des 234 migrants qui étaient à bord. Le chef de file des députés Renaissance a critiqué « un geste politique » de l’Italie et de Giorgia Meloni, et s’est dit « fier » d’une décision « d’humanité. »

Ocean Viking : « La France s’est honorée, les Italiens ont failli à leur devoir », affirme Sylvain Maillard (Renaissance)

Invité de notre matinale, Sylvain Maillard est revenu sur l’accueil à Toulon du navire Ocean Viking et des 234 migrants qui étaient à bord. Le chef de file des députés Renaissance a critiqué « un geste politique » de l’Italie et de Giorgia Meloni, et s’est dit « fier » d’une décision « d’humanité. »
Louis Mollier-Sabet

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Après trois semaines d’errements en Méditerranée, l’Ocean Viking a finalement pu débarquer à Toulon vendredi, « à titre exceptionnel », ont bien précisé Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, et Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur. « La France s’est honorée, les Italiens ont failli à leur devoir », analyse Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris.

« L’Italie accueille moins de réfugiés que l’Espagne, l’Allemagne ou la France »

Le président par intérim du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale estime que l’Italie a commis une erreur en refusant d’accueillir le bateau : « Il y avait 57 enfants seuls sur un bateau depuis 15 jours, Giorgia Meloni n’a pas fait son devoir de femme ou d’homme, son devoir d’humanité. L’Italie n’aurait pas accueilli tous les réfugiés, il y a un travail de répartition qui se fait classiquement pour dispatcher les réfugiés en Europe. L’Italie en accueille moins que l’Espagne, l’Allemagne ou la France. Giorgia Meloni a voulu faire un geste politique. »

>> Voir notre reportage : Ocean Viking : des sénateurs et des associatifs à la rencontre des migrants

Gérald Darmanin avait annoncé dès jeudi des « suites juridiques », et Sylvain Maillard estime lui aussi que la décision de l’Italie pourrait avoir des « conséquences » : « Le gouvernement italien doit aussi réfléchir à la situation. Si l’Italie ne joue plus son rôle, nous ne recueillerons plus les réfugiés qui sont actuellement présents en Italie et qui devaient venir en France. Il y a un certain amateurisme sur cette question : un pays ne peut pas s’exempter de son devoir. »

« C’est une erreur de Gérard Collomb »

Mais cette décision d’accueillir l’Ocean Viking n’a pas fait réagir qu’au niveau international, puisque Bruno Retailleau a par exemple défendu l’arrêt des subventions à l’association SOS Méditerranée. « Le débat existe, et c’est bien qu’il puisse exister. Je vois un bateau qui cherche à sauver plus de 50 enfants. Bruno Retailleau est en campagne pour son parti, mais à un moment il y a un devoir d’humanité. Ce n’est pas parce que l’on coupe des subventions que les femmes et les hommes arrêteront de vouloir tenter un autre destin », lui répond le député Renaissance.

Dans le propre camp de la majorité présidentielle, Gérard Collomb, ancien ministre de l’Intérieur, a lui aussi accusé le gouvernement « d’ouvrir une brèche », en accueillant l’Ocean Viking à Toulon. « C’est une erreur de Gérard Collomb. Je sais à quel point la gestion des flux migratoires était devenue une véritable obsession lorsqu’il a quitté Beauvau. Qu’aurions nous dit si nous avions laissé ce bateau errer dans la Méditerranée ? On serait en train de faire la même émission et vous me demanderiez pourquoi l’Europe n’est pas capable d’accueillir 250 migrants. Soyons en fiers ! »

Sylvain Maillard refuse d’y voir des divisions dans la majorité présidentielle : « La politique migratoire, c’est donner la chance à ceux qui viennent dans des conditions régulières de pouvoir construire leur vie en France, et s’assurer que ceux qui n’ont pas vocation à rester en France partent. Personne ne veut accueillir tout le monde, ce n’est pas vrai. La ligne de Gérald Darmanin est celle du gouvernement et de la majorité. C’est tout notre travail sur les OQTF. »

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