OFB : Jean-Claude Tissot dénonce une « vague d’indignation violente dans l’écosystème agricole et politique des droites radicales» 

La nomination d’Anne Le Strat, ex-élue écologiste et ex-dirigeante d’Eau de Paris, a pris ses fonctions au sein de l’Office français de la biodiversité. Une nomination qui a provoqué l’ire de certains syndicats d’agriculteurs et parlementaires LR. Le gouvernement à ordonné une enquête administrative.
Aglaée Marchand

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C’est une nomination qui n’est pas passée inaperçue. Début janvier, Anne Le Strat a pris ses fonctions de directrice générale déléguée à la « Mobilisation de la société », au sein de l’Office français de la biodiversité (OFB). Son parcours d’élue au sein du parti des Écologistes n’a pas plu à certains syndicats agricoles, à commencer par la Coordination rurale, et des parlementaires issus de la droite, notamment chez les Républicains. Résultat, le Premier ministre a annoncé, le 27 janvier, l’ouverture d’une enquête administrative afin de faire la lumière sur son recrutement.

Le PS dénonce « le sectarisme d’une partie du monde agricole »

La décision de Sébastien Lecornu ne passe pas dans les rangs socialistes du Sénat : « Ces réactions sont tout bonnement stupéfiantes et inadmissibles, c’est indigne des fonctions que vous exercez », a dénoncé le sénateur PS Jean-Claude Tissot, à l’intention du ministre Mathieu Lefèvre. Lors de la séance des questions d’actualité au gouvernement, l’élu a déploré ce mercredi une « vague violente d’indignation dans l’écosystème agricole et politique des droites radicales », des « menaces et arguments fallacieux, tous plus populistes les uns que les autres », à l’encontre d’Anne Le Strat, le tout dans « un climat de sexisme évident ». Le sénateur de la Loire a ensuite affirmé que cette haute fonctionnaire a été recrutée pour « ses compétences », à savoir : « son expertise sur la question de l’eau, son expérience internationale et sa capacité à piloter des structures complexes ». « Ce que révèlent ses réactions malveillantes, c’est le sectarisme d’une partie du monde agricole qui refuse de faire avancer la question environnementale, et organise en permanence l’opposition entre l’agriculture et l’environnement », a-t-il encore critiqué.

Du côté de l’exécutif, le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a déclaré comprendre « la colère et l’indignation qu’a pu susciter cette nomination dans le monde agricole ». « Faut-il pour autant jeter l’opprobre sur les 3000 agents qui font un service public exemplaire au service de la transition écologique de l’OFB ? La réponse est non », a-t-il poursuivi. « Je rappelle que les exigences de probité, de compétence et de neutralité s’imposent à l’ensemble des agences de l’État et de ces opérateurs », a indiqué le ministre, excluant tout « procès d’intention ». Mathieu Lefèvre n’a pas manqué de reprocher à Jean-Claude Tissot de jouer « le jeu de la conflictualisation des usages et de la polarisation des débats, au moment où nous devrions peut-être, tous et toutes, travailler ensemble pour la vie de nos agriculteurs ».

La nouvelle « loi Duplomb » dans le viseur du PS

Aussi dans le viseur de Jean-Claude Tissot, la nouvelle « loi Duplomb », déposée en début de semaine par le sénateur LR, dans l’objectif de ré-autoriser l’acétamipride. Un premier texte, adopté dans un climat électrique, a été en partie censuré par le Conseil Constitutionnel l’été dernier. Il a aussi engendré une levée de boucliers dans l’opinion publique, via une pétition rassemblant plus de deux millions de signatures. « La véritable provocation […], c’est la droite sénatoriale qui la mène. La véritable provocation c’est de re déposer une proposition de loi pour ré-autoriser les néonicotinoïdes, alors même que deux millions de citoyens ont exprimé leur opposition à cette agriculture du passé. La véritable provocation, c’est d‘avoir aucune considération pour la biodiversité et la santé humaine », s’est agacé le sénateur PS.

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