Olivier Dussopt : « Lorsque les syndicats le souhaiteront, nous sommes prêts à ouvrir l’ensemble des chantiers »… sauf les retraites
« C’est une étape importante qui a été franchie et une réunion importante », a salué le ministre du Travail, Olivier Dussopt, après la rencontre entre la première ministre et l’intersyndicale, qui a pourtant tourné court.

Olivier Dussopt : « Lorsque les syndicats le souhaiteront, nous sommes prêts à ouvrir l’ensemble des chantiers »… sauf les retraites

« C’est une étape importante qui a été franchie et une réunion importante », a salué le ministre du Travail, Olivier Dussopt, après la rencontre entre la première ministre et l’intersyndicale, qui a pourtant tourné court.
François Vignal

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Une heure et puis s’en vont. Comme on pouvait s’y attendre, la rencontre ce mercredi matin entre les syndicats et la première ministre, Elisabeth Borne, a abouti à un « échec ». « A vrai dire, c’était prévisible, tant votre gouvernement et le Président ne semblent pas vouloir entendre les Français, le Parlement et le monde du travail », a tonné la sénatrice GRS (gauche républicaine et socialiste), Marie-Noëlle Lienemann, lors des questions d’actualité au gouvernement au Sénat, ce mercredi. « Les Français ne sont pas dupes, car une crise démocratique s’ajoute à la crise sociale », dénonce la sénatrice de Paris, qui ajoute : « Alors Madame la première ministre, il est temps d’atterrir. Quand retirez-vous la réforme des retraites ? »

« Nécessité de la réforme » vs « désaccords répétés sur le relèvement de l’âge »

C’est le ministre du Travail, Olivier Dussopt, qui a répondu à la sénatrice rattachée au groupe communiste. « Ce matin, avec la première ministre, nous avons reçu toute l’intersyndicale. C’est une étape importante qui a été franchie et une réunion importante, nous avons pu écouter chacun d’entre eux, et l’échange entre la première ministre et les organisations syndicales a été un échange respectueux », assure le ministre qui a porté la réforme des retraites.

Si avec la première ministre, ils ont « entendu des désaccords répétés de leur part sur le relèvement de l’âge de départ, et pour certains d’entre eux, sur la fermeture des régimes spéciaux, nous avons aussi évoqué d’autres sujets. Je pense aux carrières longues, à la prévention de l’usure professionnelle. […] Nous avons entendu comme vous que les représentants de l’intersyndical avaient indiqué à la sortie que les mêmes organisations syndicales souhaitaient pouvoir ultérieurement travailler sur ces sujets-là. Nous y sommes favorables et la première ministre a eu l’occasion de leur dire, que nous sommes prêts, lorsqu’ils seront prêts, lorsqu’ils le souhaiteront, à ouvrir l’ensemble de ces chantiers », affirme Olivier Dussopt. Il s’agit pourtant de sujets débattus lors des débats au Parlement, du moins au Sénat, sur les retraites… Quant à la réforme, bien sûr, « la première ministre a pu aussi rappeler la conviction du gouvernement sur sa nécessité, face à un déficit et face à un système qui va aller dans le mur, si nous n’agissons pas ».

👉 Lire aussi : Retraites : « Il faut que ce gouvernement arrête de considérer que tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui sont radicalisés », estime Laurent Berger

« L’essentiel, c’était cette reprise de contact », décrypte un ministre

Bref, on n’est pas beaucoup plus avancé. La situation de blocage perdure. A se demander à quoi pouvait bien servir cette rencontre avec l’intersyndicale alors. Réponse d’un autre ministre, qui décrypte de son côté l’intérêt de la journée pour le gouvernement : « Soit on dit qu’ils se sont parlé et ne sont pas d’accord. Ou qu’ils ne sont pas d’accord et se sont parlé. Je retiens cette version. L’essentiel, c’était cette reprise de contact, officielle, palpable ». Soit un coup de com’ pour donner l’image d’un gouvernement qui continue à discuter, même si, en réalité, rien ne bouge d’un millimètre sur les retraites. Tout le monde attend maintenant la décision du Conseil constitutionnel sur le texte, prévu pour le 14 avril. Avec l’espoir pour le gouvernement, en cas de censure partielle, de tourner la lourde page des retraites. Pas sûr que toute l’opposition l’entende de la sorte.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Questions au gouvernement Assemblee nationale
12min

Politique

« On n’a plus rien à faire avec LFI » : au PS, les voix se multiplient pour couper les ponts avec Jean-Luc Mélenchon, après le décès de Quentin Deranque

Alors que deux collaborateurs du député LFI Raphaël Arnault font partie des personnes suspectées d’avoir participé aux violences qui ont entrainé la mort du militant identitaire, le PS prend ses distances avec La France Insoumise. François Hollande appelle à rompre tout lien avec LFI. « Le temps de la clarification est venu », ajoute Patrick Kanner. « La France Insoumise ne peut s’affranchir d’un examen de conscience » sur la violence politique, soutient le numéro 1 du PS, Olivier Faure, qui opte cependant pour un ton moins ferme.

Le

Olivier Dussopt : « Lorsque les syndicats le souhaiteront, nous sommes prêts à ouvrir l’ensemble des chantiers »… sauf les retraites
2min

Politique

Un collaborateur de Raphaël Arnault embauché sous pseudo : « C’est particulièrement choquant », réagit Claude Malhuret

Après l’arrestation de onze suspects, dans le cadre de l’enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, le Parisien révèle que l’un d’eux est un deuxième collaborateur parlementaire du député LFI et fondateur du mouvement antifa, Raphaël Arnault. Mais, il a été recruté sous pseudonyme. « Inacceptable », pour le sénateur Claude Malhuret.

Le