Olivier Faure : « Nous allons subir un choc économique violent »
Le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure regrette le manque de dialogue démocratique avec l’exécutif. Il annonce un choc économique violent et appelle le gouvernement à prendre des décisions fortes. Olivier Faure répond aux questions d’Oriane Mancini.

Olivier Faure : « Nous allons subir un choc économique violent »

Le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure regrette le manque de dialogue démocratique avec l’exécutif. Il annonce un choc économique violent et appelle le gouvernement à prendre des décisions fortes. Olivier Faure répond aux questions d’Oriane Mancini.
Public Sénat

Par Oriane Mancini

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Allocution d’Emmanuel Macron :

« J’en attends vérité et transparence. Depuis le début de cette crise, on a l’impression de n’avoir jamais l’ensemble des informations. Chacun peut comprendre qu’il y a une pénurie de masques, de tests, de gel mais encore faut-il le reconnaître, le dire et annoncer à quel moment on aura ces matériels.

Depuis le départ, c’est la doctrine qui s’est adaptée aux moyens dont on disposait et pas l’inverse. Moi je souhaite la transparence et que l’on arrête d’infantiliser les Français. Je souhaite que l’on sache la durée approximative du confinement, quels seront les critères de déconfinement et quand. Chacun pourrait ainsi comprendre ce qu’il va vivre dans les prochaines semaines.»

Confinement :

« Il faut maintenir l’attention et que chacun comprenne que nous ne sommes pas au pic. Il faut rester chez nous. C’est la condition pour arriver à vaincre le virus. Quand on commence à parler de déconfinement, il faut être clair. L’exécutif doit dire que tant que l’on n’aura pas les masques et les tests, on ne pourra pas déconfiner dans de bonnes conditions. Le risque c’est qu’il y ait un rebond épidémique. Nous ne sommes pas immunisés et le risque c’est de sortir et que la situation empire. »

Dialogue démocratique :

« Moi je souhaite que l’on ne mette pas la démocratie en quarantaine. Il faut des décisions acceptées et partagées qui emmènent l’ensemble du pays mais qui ne soient pas des décisions d’un seul. Trop souvent, on a le sentiment que l’unité nationale devrait se faire en abdiquant toute forme de critique. Un seul ne décide pas pour tous. Ce n’est pas comme ça que se construit l’unité.

À l’évidence, il n’y a pas eu de véritable dialogue démocratique. Cela s’est un peu amélioré avec la dernière rencontre à Matignon où l’on a eu le sentiment qu’il répondait aux questions pour la première fois. Il n’y a pas eu de volonté de partager les décisions, de consulter que ce soit sur les municipales, le confinement, les masques… Jamais ces questions n’ont été évoquées de façon démocratique avec l’ensemble des formations politiques. On était dans une sorte de mise en scène. Si on veut emmener l’ensemble du pays, il faut d’abord emmener l’ensemble de ses représentants. Nous sommes disponibles et prêts à jouer le jeu du dialogue mais encore faut-il qu’il y ait une parfaite transparence, ce qui n’est pas le cas.»

Rôle du Parlement :

« La séance de questions d’actualité au gouvernement n’est pas de nature à nous rassurer. Nous posons beaucoup de questions auxquelles il n’est pas répondu directement ou par des pirouettes. Si on reprend l’analogie avec la guerre comme le fait le Président, Clemenceau et Churchill rendaient des comptes quotidiennement au Parlement. La démocratie ce n’est pas une intermittence, ce n’est pas le pouvoir en un seul homme. Je souhaite que l’on sache quelles sont les réflexions. Comment comprendre ses volte-face permanentes sur les masques, les tests, la géolocalisation, sur tous les sujets ? Quelle est la stratégie posée ? Et c’est tout l’intérêt d’un véritable dialogue démocratique.

Je ne cherche pas à dire que c’est simple de gouverner un pays en période de crise mais au moins que l’on comprenne les éléments qui justifient telle ou telle décision et qu’ensemble on tranche les dilemmes. Ça c’est une façon de construire une unité qui ne serait pas une unité de façade, une unité factice. Aujourd’hui elle est très largement factice et elle repose sur la bonne volonté des oppositions qui ne veulent pas affaiblir le gouvernement à un moment où la parole de l’État est déjà tellement décrédibilisée.»

Géolocalisation:

«Moi je veux des garanties. Philosophiquement, j’y suis opposé. Nous sommes dans un pays démocratique qui garantit les libertés individuelles et qui protège les données personnelles. Ensuite, il y a l’éventualité d’une application qui permettrait de vaincre plus vite le virus. Cela suppose un certain de nombre de conditions. Plus de tests et de masques, pas de fracture numérique et la garantie absolue que les données soient protégées. Il ne faut pas être dans une forme de flicage. À ces conditions et seulement à ces conditions, cette application serait envisageable.»

Récession :

« Il faut prendre le taureau par les cornes. Oui nous allons subir un choc violent. Là encore, il faut dire la vérité aux Français et prendre les moyens à même d’atténuer ce choc. Il faut que le président de la République soit à la hauteur de ce qu’il a annoncé et ce quoi qu’il en coûte.

La réforme de l’assurance chômage doit par exemple être définitivement abandonnée. Parce que derrière cette crise sanitaire, il y a une crise sociale qui va être meurtrière pour de nombreux Français et cette réforme va en aggraver les effets. Il faut imaginer comment nous allons transformer ce pays à l’issue de cette crise. Comment on réinjecte de l’argent public et quelle politique de relance de l’économie nous voulons. Il faut que l’État s’engage à investir massivement et ce, vers les secteurs d’avenir et notamment dans les domaines liés à l’environnement. »

Parti socialiste :

« Depuis 2 ans nous avons réalisé un travail en profondeur. Nous nous sommes d’abord posé les questions de notre échec. Il fallait faire un inventaire. Nous avons cherché à comprendre ce qui n’avait pas fonctionné et à faire des propositions concrètes. Nous avons aussi cherché à recréer les conditions d’une unité à gauche, un bloc social et environnemental.

Maintenant nous travaillons sur l’après coronavirus. Quel modèle proposer aux Français ? Quel vivre-ensemble ? Comment fait-on pour se remettre en cause profondément et ne pas passer d’une crise à l’autre ? Il faut parfois savoir se poser et se remettre en cause profondément en discutant avec intellectuels, associations, organisations patronales. Il faut créer du collectif. Il y a une perte massive de confiance dans les élites. Il faut restaurer ce lien et pour cela il faut être transparent. »

Pendant toute la période du confinement, retrouvez chaque jour de semaine à midi notre interview politique, en ligne sur publicsenat.fr et notre chaîne YouTube

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