Olivier Faure : « Valéry Giscard d’Estaing a été l’initiateur de grandes réformes »
Au lendemain de l’annonce du décès, à 94 ans, de l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, revient sur le parcours de l’homme d’Etat et dresse quelques similitudes avec Emmanuel Macron.

Olivier Faure : « Valéry Giscard d’Estaing a été l’initiateur de grandes réformes »

Au lendemain de l’annonce du décès, à 94 ans, de l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, revient sur le parcours de l’homme d’Etat et dresse quelques similitudes avec Emmanuel Macron.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La nouvelle est tombée dans la nuit. L’ancien président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, s’est éteint à 94 ans des suites du Covid-19, a indiqué sa famille le mercredi 2 décembre au soir. Invité de l’émission Bonjour chez vous, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, réagit à cette annonce. « C’est une page qui se tourne », affirme le chef de file des socialistes. « J’étais très jeune quand Valéry Giscard d’Estaing est devenu président en 1974, j’avais 6 ans, mais j’en garde des souvenirs assez précis. » L’élection qui a vu VGE accéder au pouvoir s’était déroulée de façon anticipée, le 5 mai 1974, suite à la mort de Georges Pompidou le mois précédent. « Je me souviens de ce moment », se remémore Olivier Faure. « La mort d’un président, surtout en exercice, c’est toujours un moment d’émotion collective. »

Revenant sur le parcours de l’ancien président de la République, outsider de la campagne de 1974, qui s’est finalement démarqué de François Mitterrand et Jacques Chaban-Delmas, le Premier secrétaire du PS salue un « homme que personne n’attendait à ce moment-là ». « Valéry Giscard d’Estaing est donc la preuve que dans la vie politique, rien n’est jamais perdu, ni gagné. L’important, c’est la détermination, et c’est lui qui l’avait à ce moment-là. »

« L'entrée dans une forme de modernité »

« Valéry Giscard d’Estaing a été l’initiateur de grandes réformes », soutient Olivier Faure. Le président de droite a été celui qui a autorisé le vote à 18 ans, permis la légalisation de l’IVG en faisant entrer Simone Veil dans son gouvernement et malgré l’avis de la droite conservatrice, permis le divorce par consentement mutuel et autorisé aux femmes d’ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de leur mari. « Cela a marqué l’entrée dans une forme de modernité », assure le député socialiste. « Au lendemain du grand mouvement de mai 1968, il y a en partie répondu, à sa façon. »

Valéry Giscard d’Estaing fut élu président, jeune, à 48 ans. Des traces sur lesquelles a marché par la suite l’actuel président de la République Emmanuel Macron. Et Olivier Faure voit, entre les deux hommes, un second parallèle. « Valéry Giscard d’Estaing, comme Emmanuel Macron, était celui qui promettait d’entrer dans le nouveau monde, et cela s’est terminé par une loi sécurité et liberté, abrogée plus tard par François Mitterrand. Il faudra, plus tard, qu’un autre gouvernement prenne de mêmes dispositions pour la loi sécurité globale, qui marque chez Emmanuel Macron une dérive autoritaire, comme ce fut le cas pour Valéry Giscard d’Estaing », conclut Olivier Faure.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
7min

Politique

Des produits sains vendus sans marge en grande surface : Que contient la proposition de loi de la sénatrice écologiste Antoinette Guhl ?

Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.

Le

Paris : French far-right Rassemblement National (RN) parliamentary session
3min

Politique

Sondage : Marine Le Pen creuse l'écart et s'installe en grande favorite à quelques mois de la présidentielle

Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).

Le

Olivier Faure : « Valéry Giscard d’Estaing a été l’initiateur de grandes réformes »
5min

Politique

« J’ai bien peur du cauchemar » : Sébastien Lecornu pointe le contre-budget du RN et dénonce l’effort de « 18,4 milliards d’euros en 2031 » demandé aux collectivités

« Ces deux mandats macronistes nous lèguent 1300 milliards d’euros de dette supplémentaire », soit « plus de 400 millions d’euros par jour », a dénoncé la nouvelle présidente du groupe RN/UDR du Sénat, Edwige Diaz. Le premier ministre a pointé en retour l’effort demandé aux collectivités par le Rassemblement national. La sénatrice RN a démenti les chiffres, pourtant bien inscrits dans le contre-budget du RN.

Le