Decentralized and Centralized Social Media, Asuncion, Paraguay – 28 Jan 2025
Andre M Chang/ZUMA/SIPA

« On doit interdire l’arme, qu’est le smartphone » : la proposition choc d’un sénateur Renaissance pour protéger les moins de 16 ans des réseaux sociaux

Alors que les effets des réseaux sociaux sur la jeunesse sont régulièrement dénoncés, le sénateur Renaissance, Martin Lévrier, met sur la table l’interdiction de la vente des smartphones aux moins de 16 ans. Il assume une mesure « radicale » face aux dangers de certaines applications.
François Vignal

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le sujet est dans les esprits depuis un moment : les dangers des réseaux sociaux pour les enfants et adolescents. Pour tenter de répondre à cet enjeu, le sénateur Renaissance Martin Lévrier défend une mesure qui fera certainement débat : l’interdiction des smartphones pour les moins de 16 ans. Dans le cadre de l’examen du budget de la Sécu, il a déposé un amendement en ce sens, signé par quelques sénateurs Renaissance, mais aussi LR, centristes ou des indépendants.

Pousser les applications à respecter la loi

« L’idée est simple. Un smartphone, c’est très bien, mais il y a énormément d’applis dedans. Celles qui posent problème sont de plus en plus nombreuses et s’assoient totalement sur la juridiction française », explique Martin Lévrier. « Partant de ce principe et voyant que ces fournisseurs ne respectent pas la réglementation française, je propose de bloquer l’outil » qu’est le smartphone. Si les jeunes « n’ont plus de portable à utiliser », le sénateur Renaissance des Yvelines imagine que cela ferait pression sur les fabricants pour les pousser à « obliger les applications à devenir raisonnables ».

L’amendement dit qu’« il est interdit à toute personne d’acquérir, de détenir ou d’utiliser un smartphone pour le compte d’un mineur âgé de moins de seize ans ». En cas de non-respect, il prévoit pour le parent une amende jusqu’à 750 euros pour un mineur de moins de 13 ans et jusqu’à 500 euros pour les mineurs âgés de 13 à 16 ans. Les enfants pourraient toujours avoir un téléphone simple.

Les applications comparées « aux munitions » d’une arme

En « caricaturant » un peu sa proposition, Martin Lévrier va jusqu’à comparer les téléphones portables « aux armes à feu » et les applications « aux munitions ». « On doit interdire l’arme, qu’est le smartphone », lâche-t-il. C’est aussi fort de son expérience qu’il en est arrivé à défendre une telle mesure choc. Cet ancien secrétaire général d’un « très gros lycée » privé de Versailles raconte avoir « vu l’arrivée des smartphones. Ça a pris aujourd’hui des proportions hallucinantes avec des réseaux sociaux qui ne respectent plus rien ». Il ajoute :

 On ne peut pas laisser notre jeunesse tomber à ce point dans des systèmes qui permettent de subir du harcèlement, de tomber en dépression et de désinformer. 

Martin Lévrier, sénateur Renaissance des Yvelines.

Texte des députés Renaissance pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Le sujet des dangers des réseaux sociaux est largement porté par la famille présidentielle. Emmanuel Macron en a fait un cheval de bataille, multipliant les déplacements sur le sujet.

Du côté de l’Assemblée, les députés Renaissance ont déposé une proposition de loi (PPL) visant elle à interdire, non par les terminaux, mais les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et à établir un couvre-feu numérique pour les 15-18 ans de 22 heures à 8 heures. « Une PPL transpartisane, qui va dans le même sens, est je crois aussi en gestation », glisse Martin Lévrier. S’il faut, il soutiendra le texte de ses collègues députés, mais il craint « qu’on court toujours après les réseaux ». Autrement dit, qu’elle soit insuffisante. D’où sa proposition, qui ne fait pas dans la dentelle.

« Qu’est-ce qui est le plus radical, ne pas respecter la loi ou interdire ceux qui ne la respectent pas ? »

« C’est radical, je ne vous le cache pas. Ça a un côté radical, jusqu’au jour où les concepteurs d’applis et vendeurs de smartphones respecteront la loi. Qu’est-ce qui est le plus radical, ne pas respecter la loi ou interdire ceux qui ne la respectent pas ? » demande le sénateur macroniste.

Le débat ne pourra pas, pour le moment, avoir lieu en séance. Son amendement a finalement été jugé irrecevable par les services de la Haute assemblée. Martin Levrier n’entend pas lâcher : « C’est partie remise, mais on trouvera une autre solution ».

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

« On doit interdire l’arme, qu’est le smartphone » : la proposition choc d’un sénateur Renaissance pour protéger les moins de 16 ans des réseaux sociaux
6min

Politique

Nouvelle-Calédonie : le projet de loi constitutionnelle passe l’étape du Sénat

Mardi après-midi, le Sénat a adopté le projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie, grâce aux voix de la majorité sénatoriale de droite et du centre. Le texte prévoit notamment la création d’un État calédonien inscrit dans la Constitution française. Mais ce scrutin est une victoire en trompe-l’œil pour le gouvernement qui va peiner à réunir la majorité des 3/5ème du Parlement réuni en Congrès, nécessaire pour approuver la révision constitutionnelle.

Le

« On doit interdire l’arme, qu’est le smartphone » : la proposition choc d’un sénateur Renaissance pour protéger les moins de 16 ans des réseaux sociaux
4min

Politique

Au Sénat, l’acteur Bruno Solo appelle à la mobilisation face à la montée des masculinismes

Face à la menace grandissante des discours masculinistes, l’acteur Bruno Solo appelle les hommes à s'engager « concrètement » pour inverser la tendance. Lors d’une table ronde organisée au Sénat, ce mardi 24 février, plusieurs intervenants ont lancé l’alerte sur une jeunesse livrée à la misogynie en ligne, et rappellent l'urgence d'appliquer enfin l’arsenal législatif contre les violences sexistes et sexuelles.

Le

« On doit interdire l’arme, qu’est le smartphone » : la proposition choc d’un sénateur Renaissance pour protéger les moins de 16 ans des réseaux sociaux
4min

Politique

Municipale à Biarritz : revivez notre grand débat

Les six principaux candidats à l’élection municipale à Biarritz ont participé au débat organisé par Public Sénat, TV7 et Sud-Ouest. La question du logement et de l’immobilier a largement animé les débats. Incontournables à Biarritz, les rapports entre la ville et le club de rugby ont également été au cœur des échanges.

Le