« On doit pouvoir trouver une solution ! » : le centriste Hervé Marseille espère un compromis avec LR sur le texte immigration

« Il n’y pas de majorité à l’Assemblée nationale, je ne pense pas qu’il soit utile de montrer qu’il n’y en ait pas non plus au Sénat », a déclaré le président du groupe Union centriste Hervé Marseille, au micro de Public Sénat, ce 18 octobre.
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

4 min

Publié le

L’attentat d’Arras pèsera sur l’examen du projet de loi immigration, qui sera examiné en séance le 6 novembre au Sénat. Pour le président du groupe Union centriste, Hervé Marseille, cette nouvelle attaque du terrorisme islamiste sur le sol français rend l’émergence d’un compromis sur ce texte d’autant plus nécessaire. « Après ce qu’il s’est passé à Arras, après ce qu’il s’est passé à Bruxelles, quand on voit la difficulté au Proche-Orient, s’arrêter sur un article comme celui-là, ce n’est vraiment pas au niveau de la situation », commente le numéro 2 de la majorité sénatoriale, ce 18 octobre sur Public Sénat.

L’article évoqué par le sénateur des Hauts-de-Seine ? Le très délicat article 3 du projet de loi, sur la création d’un titre de séjour « métiers en tension », qui permettrait de régulariser des travailleurs sans-papiers dans les métiers en tension. Centristes et membres des Républicains affichent leurs divergences sur cette disposition depuis plusieurs mois. « Il est important, pour un seul article qui devient totémique et qui ne mérite pas autant d’ignominies, qu’on puisse trouver une solution », s’exclame Hervé Marseille, qui n’imagine pas une seconde qu’aucun texte ne sorte du Sénat. « Il n’y a pas de majorité à l’Assemblée nationale, je ne pense pas qu’il soit utile de montrer qu’il n’y en ait pas non plus au Sénat », souligne-t-il.

Reste à savoir comment mettre en œuvre ces dispositions. L’hypothèse d’un passage par un texte réglementaire a été récemment suggérée comme alternative. « Le seul souci, c’est un problème d’affichage : est-ce qu’il faut, ou pas, que dans un article on le montre : les uns disent jamais, les autres disent sans cet article on ne vote pas. Franchement, on doit pouvoir trouver une solution », lance Hervé Marseille. Le point d’atterrissage semble compliqué à identifier, entre d’un côté des centristes qui tiennent à la présence de l’article, et de l’autre, des LR qui n’en veulent pas. « Il ne faut aucune trace, aucune résonance de l’article 3 », nous confiait Bruno Retailleau en fin de semaine dernière. Et d’ajouter : « Il ne peut pas y avoir un bricolage, le moindre mécanisme qui subsiste de l’article 3. Pas d’entourloupe. »

« Bien sûr que les événements d’Arras font que nous avons regardé s’il fallait améliorer les choses », reconnaît François-Noël Buffet

Les centristes et LR semblent au moins se retrouver sur le principe d’amender à nouveau la copie et de tirer les enseignements de l’attentat d’Arras. L’assaillant, Mohammed Mogouchkov, de nationalité russe, est arrivé sur le territoire à l’âge de 5 ans, et bénéficiait d’une protection absolue : il n’était donc pas expulsable.

« Bien sûr que les événements d’Arras font que nous avons regardé s’il fallait améliorer les choses : je dirais oui », répond le présent de la commission des lois du Sénat, François-Noël Buffet (LR). Il faut, selon lui, revoir les exceptions au principe de protection absolue. Le texte présenté par le gouvernement doit autoriser la reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière menaçant gravement l’ordre public, y compris lorsqu’ils ont des liens personnels et familiaux en France (étranger arrivé en France avant ses 13 ans ou conjoint de Français, par exemple).

« On ne peut pas accepter qu’un étranger en situation régulière sur le territoire, ou irrégulière, qui commet une infraction puisse rester le territoire, dès lors que le crime commis est absolument abominable », a ajouté le sénateur du Rhône.

Partager cet article

Dans la même thématique

 « On doit pouvoir trouver une solution ! » : le centriste Hervé Marseille espère un compromis avec LR sur le texte immigration
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

 « On doit pouvoir trouver une solution ! » : le centriste Hervé Marseille espère un compromis avec LR sur le texte immigration
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

 « On doit pouvoir trouver une solution ! » : le centriste Hervé Marseille espère un compromis avec LR sur le texte immigration
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le