« On est de retour » face à Macron: les militants du RN savourent leur succès
"On est de retour", "Marine, Marine!", "Bardella, Bardella!": à Paris, plusieurs dizaines de militants ont savouré dimanche soir...

« On est de retour » face à Macron: les militants du RN savourent leur succès

"On est de retour", "Marine, Marine!", "Bardella, Bardella!": à Paris, plusieurs dizaines de militants ont savouré dimanche soir...
Public Sénat

Par Ludovic LUPPINO

Temps de lecture :

4 min

Publié le

"On est de retour", "Marine, Marine!", "Bardella, Bardella!": à Paris, plusieurs dizaines de militants ont savouré dimanche soir la victoire du Rassemblement national aux élections européennes, deux ans après la défaite de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron lors de la présidentielle.

"J'aurais espéré un peu plus de score mais l'objectif d'être devant Macron est atteint. On ne peut que se réjouir!", lance Yves Laridan, 75 ans, militant "de la première heure" du RN (ex-FN).

Selon les instituts de sondage, le mouvement d'extrême droite et sa tête de liste Jordan Bardella arriveraient en tête avec 23% à 24,2% des suffrages, un peu en deçà toutefois de son score des européennes de 2014 (24,9%).

"Le débat de l'entre-deux-tours de la présidentielle, ça nous avait plombés. Mais Marine Le Pen a montré qu'on était de retour. Et puis, je suis très optimiste parce que la relève est assurée au RN avec Jordan Bardella", renchérit Agnès Pageard, 51 ans, qui avait mal vécu sa défaite aux élections législatives à Paris (12e circonscription) en 2017.

Cette militante "de longue date" se réjouit du score réalisé par la liste conduite par le jeune loup du RN, 23 ans, qui s'est rapproché de celui réalisé aux dernières européennes de 2014.

Le Front national était alors arrivé en tête avec près de 25% des voix, ce qui avait permis à la formation d'extrême droite de revendiquer la place de "premier parti" de France.

"J'y vois la victoire du peuple qui, avec fierté et dignité, a repris ce soir le pouvoir", a déclaré Marine Le Pen, accueillie sous les vivats dans la salle La Palmeraie et son décor tropical.

Pour Didier Pech, 70 ans, ce succès vient couronner la remontée de la patronne du parti après la défaite au second tour de la présidentielle.

"Un débat, ça ne fait pas une politique en général. Bon nombre d'hommes politiques de premier plan ont raté un débat, cela n'a pas cassé leur carrière pour autant. Là, elle a bien surmonté l'épreuve et le RN est bien regonflé", juge cet ancien restaurateur à la retraite.

- Bardella, une "révélation politique" -

Ce succès, c'est aussi "un sursaut populaire contre le pouvoir national qui subit ce soir un véritable échec", a déclaré Jordan Bardella, salué par des hourras.

"Il fallait convaincre les vieux militants. Et franchement, il a bluffé tout le monde pendant la campagne", estime Yves Laridan.

Pour Marc-Antoine Ponelle, 23 ans lui aussi, Bardella c'est "la révélation politique" de ce scrutin. "C'est un bon orateur capable de belles envolées dans les meetings. Il a pour lui la pugnacité de sa jeunesse et un bon avenir devant lui", commente ce responsable des jeunes RN pour la région parisienne.

Il était auparavant militant au sein de l'UMP (aujourd'hui LR) mais "j'en avais marre d'être cocu", affirme-t-il. "Chez les LR, on vote pour des idées de plus en plus à droite mais les élus sont des personnalité du centre", selon lui.

Agnès Pageard est "très contente" que Les Républicains, qui n'ont pas franchi la barre des 10%, aient pris "une douche froide". "Ce sont eux qui nous ont torpillés depuis des années, et ont empêché les partis de droite de gouverner ensemble en France", ajoute-t-elle.

Dany Nurisso, adhérente du RN depuis 2012, en veut quant à elle plus à Emmanuel Macron, qui est "le pire de la droite et le pire de la gauche". Pour elle, il est temps "que le peuple français change de cap" et qu'il "place maintenant au pouvoir un parti qui s'attarde plus sur les préoccupations des gens."

Partager cet article

Dans la même thématique

Assemblee Nationale – Questions au Gouvernement
4min

Politique

Sénatoriales 2026 : La France insoumise lance ses troupes à l’assaut d’un Sénat qui lui échappe encore

À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.

Le

L Assemblee adopte l’interdiction des reseaux sociaux aux moins de 15 ans
5min

Politique

Réseaux sociaux : députés et sénateurs s’accordent sur une interdiction totale aux moins de 15 ans

Réunis en commission mixte paritaire ce lundi, les sept députés et sept sénateurs se sont mis d’accord sur l’interdiction de tous les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Elle s’applique à toutes les plateformes, sans opérer de distinction comme le souhaitait initialement le Sénat. Emmanuel Macron veut appliquer le texte dès la rentrée, mais sa portée pourrait être limitée puisque la Commission européenne cherche à reprendre la main sur le sujet.

Le

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le