« On est en droit de se poser des questions sur l’état mental de Donald Trump », pour Michel Cymes

Doit-on connaitre l’état de santé de ceux qui nous dirigent ? Doit-on évaluer leur santé mentale ? À l’affiche d’une pièce de théâtre, Michel Cymes interroge sur scène la question du secret médical des présidents élus et des candidats à la fonction suprême. Comment s’assurer de leurs capacités mentales et physiques sans trahir le secret médical ? À quelques mois de la prochaine élection présidentielle, il répond aux questions de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.
Simon Nicolle

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Le code de déontologie médicale est très clair à ce sujet : selon Michel Cymes, « un médecin n’a pas le droit de parler de son patient à un pair à moins que ce soit dans son intérêt médical ». Pourtant, les médecins ne sont pas différents des autres humains… Tout le monde aime avoir une histoire à raconter. Ce décalage entre éthique et pratique est à l’origine de la nouvelle pièce de théâtre de Michel Cymes, Secret médical.

Politique et secret médical, il n’y a qu’à s’inspirer du réel

Imaginez qu’un psychiatre ait, dans sa patientèle, un candidat à l’élection présidentielle et qu’il le suive pour un trouble de la santé mentale. Que doit-il faire ? Alerter le grand public quitte à trahir le secret médical ; ou rester conforme au serment d’Hippocrate et s’éviter d’être radié.

Cette tension entre secret médical et incapacité d’un président s’est déjà présentée sous la Cinquième République. Plusieurs fois d’ailleurs. Néanmoins, la plus connue reste la maladie de François Mitterrand : un cancer de la prostate qui fut diagnostiqué dès 1981 mais qu’il aura su garder secret jusqu’à son départ de l’Élysée à la fin de son second septennat. « François Gubler, le médecin de Mitterrand, sous la pression de celui-ci, a menti et a fait de faux certificats […] Il aurait dû démissionner plutôt que de commettre cette faute », rappelle le médecin des médias.

Le contrat de confiance entre le peuple et le dépositaire du pouvoir exécutif

Si pour Michel Cymes le droit au secret médical doit l’emporter sur la transparence, il y a un moyen facile de s’assurer de la bonne santé de nos dirigeants. Il a d’ailleurs soumis l’idée à l’ancien président de la République François Hollande. Lui serait favorable à ce qu’un collège de spécialistes examine le candidat élu pour savoir s’il est déclaré apte physiquement et psychologiquement à exercer la plus haute fonction de l’État. « Quand on voit certains dirigeants aujourd’hui, on est en droit de se poser des questions… Même les Républicains se posent des questions sur l’état mental de Donald Trump », confie-t-il.

Un questionnement qui vaut aussi pour l’Hexagone : « Les Français ont parfois peur, même s’ils partagent les opinions politiques de tel ou tel leader, qu’une fois arrivé au pouvoir celui-ci finisse par péter les plombs », alerte Michel Cymes.

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