« On est loin d’avoir diminué la part du nucléaire », se défend l’ancien Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault
Invité de notre matinale, Jean-Marc Ayrault a contesté les reproches faits au quinquennat de François Hollande sur le nucléaire, en attribuant les difficultés actuelles à des problématiques industrielles de long terme. Pour l’ancien Premier ministre socialiste, la social-démocratie doit apprendre à repenser le long terme et « s’interroger » sur ses difficultés actuelles.

« On est loin d’avoir diminué la part du nucléaire », se défend l’ancien Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault

Invité de notre matinale, Jean-Marc Ayrault a contesté les reproches faits au quinquennat de François Hollande sur le nucléaire, en attribuant les difficultés actuelles à des problématiques industrielles de long terme. Pour l’ancien Premier ministre socialiste, la social-démocratie doit apprendre à repenser le long terme et « s’interroger » sur ses difficultés actuelles.
Louis Mollier-Sabet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Alors que le parc nucléaire français est en difficulté, Jean-Marc Ayrault, ancien Premier ministre de François Hollande, estime ne pas avoir « cédé aux écologistes » sur la question du nucléaire, comme lui reproche la droite. « On est loin d’avoir diminué la part du nucléaire. Il faut que nos centrales nucléaires qui existent fonctionnent bien. Diminuer la part du nucléaire ou des énergies fossiles, c’est une nécessité. Ce qui compte c’est de faire fonctionner le parc tel qu’il est aujourd’hui. S’il fonctionnait à plein nous n’aurions pas de problème », s’est ancien justifié l’ancien Premier ministre.

Jean-Marc Ayrault reconnaît tout même un « sous-investissement » dans le nucléaire dont il faut « tirer les leçons » : « C’est vrai, on a perdu un savoir-faire. On a été les premiers sur cette filière, on a même signé des accords de partenariat avec la Chine, mais là on a perdu un peu la main. On a sous-estimé la nécessité des investissements de maintenance, alors on est en train de le corriger, tant mieux, mais on a du retard et on le paye aujourd’hui. »

« Il ne suffit pas de dire ‘on est social-démocrate, on est de gauche’ »

D’après lui, les difficultés du nucléaire français sont donc plus liées à la politique industrielle et à des questions « de temps long » : « Nous avons besoin de temps long, une centrale, si on la gère trop à court terme, on va avoir des problèmes, les raffineries de pétrole c’est la même chose. On est tenté par le court-termisme, mais il faut penser moyen et long terme. On est sous la pression de l’immédiateté. »

C’est d’ailleurs le travail qu’essaie de mener l’ancien Premier ministre à la tête de la Fondation Jean Jaurès, « un espace de réflexion et de débat », qui « s’inscrit dans l’histoire du socialisme républicain et de la social-démocratie européenne. » Pour Jean-Marc Ayrault, « ce qui est actuellement proposé par les partis qui représentent cette histoire est insuffisant », et il faut donc « réinventer le projet social-démocrate. »

Pour autant, la social-démocratie a besoin de « se ressourcer », explique l’ancien dirigeant socialiste, qui rappelle « qu’il ne suffit pas de dire ‘on est social-démocrate, on est de gauche, on est progressiste’, il faut que les propositions répondent aux attentes profondes du peuple. » Ainsi, la social-démocratie européenne doit notamment « s’interroger » sur « le fait d’avoir perdu l’électorat ouvrier. »

Partager cet article

Dans la même thématique

« On est loin d’avoir diminué la part du nucléaire », se défend l’ancien Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault
2min

Politique

Présidentielle : « Il faudra que les sociaux-démocrates et les modérés de la droite républicaine se retrouvent, car ce sera la seule façon de s’opposer aux extrêmes », plaide Hervé Marseille

Le président du groupe Union centriste du Sénat, allié des LR à la Haute assemblée, ne ferme pas la porte à un rapprochement « à un moment donné » avec les sociaux-démocrates, tels que François Hollande ou Bernard Cazeneuve, « un homme tout à fait respectable », afin de battre « les extrêmes », avance le président de l’UDI.

Le

« On est loin d’avoir diminué la part du nucléaire », se défend l’ancien Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault
3min

Politique

Crise chez Grasset : la ministre de la Culture ouvre la porte à la création d’une clause de conscience pour les auteurs

Interrogée par la sénatrice Sylvie Robert (PS), auteure d’une proposition sur le sujet, la ministre de la culture Catherine Pégard s’est dite favorable à étudier création d’une clause permettant aux auteurs de quitter avec plus de facilité leur maison d’édition en cas de changements imposés par la direction. Une réponse à la crise ouverte chez Grasset par le renvoi de son président Olivier Nora par la direction d’Hachette, aux mains de Vincent Bolloré.

Le

« On est loin d’avoir diminué la part du nucléaire », se défend l’ancien Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault
3min

Politique

Audiovisuel public : les nouveaux contrats d’objectifs et de moyens « présentés à l’été au Parlement », affirme Catherine Pégard

Après une commission d’enquête tendue, à l’Assemblée, sur l’audiovisuel public, le président de la commission de la culture du Sénat, Laurent Lafon, regrette que le gouvernement ait abandonné son texte qui créait une holding de l’audiovisuel public. « Je ne crois pas au statu quo », lui a répondu la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Le

« On est loin d’avoir diminué la part du nucléaire », se défend l’ancien Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault
2min

Politique

« Ils ont servi la France jusqu’au sacrifice suprême » : le Sénat rend hommage aux deux soldats français tués au Liban

A l’initiative de Gérard Larcher, le Sénat a observé ce mercredi une minute de silence en hommage à Florian Montorio et Anicet Girardin, les deux soldats français victimes d’une embuscade en tant que membres de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). L’occasion pour le président du Sénat de renouveler son soutien au gouvernement libanais.

Le