« On est sur une très légère baisse du chômage » tempère Éric Heyer
Après deux mois de hausse, le nombre de chômeurs a connu une forte baisse en septembre. Il s’agit de la plus forte baisse jamais observée depuis début 2001. Mais ces chiffres masquent une relative stabilité du taux de chômage depuis le début de l'année. Décryptage. 

« On est sur une très légère baisse du chômage » tempère Éric Heyer

Après deux mois de hausse, le nombre de chômeurs a connu une forte baisse en septembre. Il s’agit de la plus forte baisse jamais observée depuis début 2001. Mais ces chiffres masquent une relative stabilité du taux de chômage depuis le début de l'année. Décryptage. 
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Par Helena Berkaoui

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Après deux mois de hausse, le nombre de chômeurs a connu une forte baisse en septembre. Il s’agit de la plus forte baisse jamais observée depuis début 2001. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A (aucune activité) a chuté de 64 800 personnes en septembre soit une baisse de 1,8 % en France métropolitaine, selon les chiffres de la DARES (organisme statistique rattaché au ministère du Travail). En revanche, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, B et C baisse de seulement 0,5 % sur un mois tandis que son nombre progresse de 2,6 % sur un an. Ces chiffres démontrent en réalité une relative stabilité des chiffres du chômage depuis le début de l’année.

Au micro de Public Sénat, l’économiste de l’OFCE, Éric Heyer émet quelques réserves sur cette baisse et rappelle que « cette baisse certes historique du mois de septembre faisait suite à une double hausse au cours des mois précédents et si on additionne les trois mois on s’aperçoit qu’on est sur une très légère baisse du chômage. »

« On aurait pu s’attendre à une baisse bien plus marquée »

 « Compte tenu des informations dont on dispose sur les créations d’emplois, sur le climat de confiance dans les affaires, on aurait pu s’attendre à une baisse bien plus marquée, ça jette un petit doute sur l’analyse que l’on peut avoir de la DARES » note l’économiste de l’OFCE, Éric Heyer. Selon les statistiques de l’INSEE, l’emploi salarié a effectivement augmenté de 276 300 dans le privé et de 27 200 dans la fonction publique sur l’année. « Quand vous créez 300 000 emplois avec une population active qui augmente de 150 000 (personnes par an NDLR), le chômage ne peut que baisser en nombre supérieur à ce que nous dit Pôle emploi » souligne Éric Heyer. Prudent, il estime qu’il « est possible que la statistique de Pôle emploi soit moins fiable que celle de l’INSEE. » Moins fiables, ces chiffres peuvent effectivement être affectés par des aléas administratifs comme l'explique le sujet de Jérôme Bonnard, ci-dessus. 

Qui sont les bénéficiaires de la baisse du chômage ?

Les moins de 25 ans sont les principaux bénéficiaires de cette baisse avec une baisse du nombre de jeunes sans activité (catégorie A) de 5,3 %. Le nombre de demandeurs d’emploi (catégorie A) de 25 à 49 ans connaît une baisse plus minime de 1,8 % et les chiffres chez les plus de 50 ans restent stables. Sur l’année les chiffres sont engageants mais les tendances restent les mêmes. Depuis un an le nombre de demandeurs d’emploi (catégorie A, B et C) a baissé de 2,2 %, celui des 25-49 ans connaît une hausse de 2,4 % quand celui des plus de 50 ans augmente de 6%. Les femmes et les hommes ne sont logés à la même l’enseigne, sur cette année le chômage augmente de 0,9 % pour les hommes et de 4,3 % pour femmes.

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Le nombre de demandeurs d’emploi s’établit à 6,30 millions de personnes en métropole et 6,64 millions de personnes dans la France métropolitaine. Le nombre de chômeurs catégorie A (sans activité) est de 3 734 100 personnes, celui des chômeurs de catégorie B (avec une activité réduite) est de 776 200 personnes et celui des chômeurs de catégorie C (avec une activité réduite longue) est lui de 1 411 700 personnes. L’objectif d’Emmanuel Macron est de ramener le nombre de demandeurs d’emploi à 7 % d’ici la fin du quinquennat.

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