« On n’est peut être plus une grande puissance mais on peut rester une grande nation »
Invitée de l’émission « On va plus loin », la géographe Béatrice Giblin analyse dans un livre, «Le paradoxe français», le tiraillement de la France, fière de la grande puissance qu’elle a été, et qui vit dans la peur du déclin. 

« On n’est peut être plus une grande puissance mais on peut rester une grande nation »

Invitée de l’émission « On va plus loin », la géographe Béatrice Giblin analyse dans un livre, «Le paradoxe français», le tiraillement de la France, fière de la grande puissance qu’elle a été, et qui vit dans la peur du déclin. 
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Réagissant aux premiers mots d’Emmanuel Macron après sa victoire, la géographe Béatrice Giblin, a été marquée par la gravité du nouveau président : « Sa première déclaration solennelle, grave, a montré qu’il avait parfaitement conscience que tous les Français n’étaient pas vraiment derrière lui, qu’il y avait de la colère dans ce pays, cette colère qui a été exploitée par Marine Le Pen, qu’il fallait en tenir compte, que la tâche allait être extrêmement difficile mais qu’il croyait dans ce pays, qu’il aimait la France ». Les drapeaux brandis au Louvre, la Marseillaise chantée la main sur le cœur pour Emmanuel Macron, ont touché les Français, selon Béatrice Giblin, « sensibles » à ces symboles : « Pendant très longtemps, un peu d’ailleurs sous l’influence de la gauche post 68, parler de la nation, être fier du drapeau, c’était carrément ringard ».

La tâche sera lourde, donc, pour le nouveau président de la République, alors que la France doute, a peur du déclin et tant de mal à se projeter dans le futur. Pour la géographe, l’Occident doit admettre qu’elle « n’aura plus cette domination qu’elle a eu un temps sur l’ensemble du monde ». Mais cela doit se faire sans aigreur puisque cela ne veut pas dire « qu’on ait plus encore de valeurs très importantes à défendre, à faire partager ». 

« J’essaie simplement de comprendre pourquoi c’est si compliqué pour nous, au fond, d’être aujourd’hui une moyenne puissance » déclare-t-elle. « Il est assez logique qu’on ait cette nostalgie-là mais il faut aussi regarder les choses en face ». Et d’ajouter : « On n’est peut être plus une grande puissance mais peut être peut on rester une grande nation ».

Interview intégrale de Béatrice Giblin, géographe
12:45

Interview intégrale

Partager cet article

Dans la même thématique

« On n’est peut être plus une grande puissance mais on peut rester une grande nation »
3min

Politique

Alain Duhamel : « Les Français sont dans un état de défiance que je trouve totalement disproportionné »

Il a connu Pompidou, interviewé Valéry Giscard d’Estaing, mis sur le grill François Mitterrand et, pour ainsi dire, vu naître politiquement tous les autres présidents de la Cinquième République. Voilà cinquante ans qu’Alain Duhamel ausculte la politique française avec une tempérance devenue sa marque de fabrique. La retraite ? Impensable pour l’éditorialiste qui publie Les Politiques, portraits et croquis (éditions de l’Observatoire) dans lequel sont scrutées 63 personnalités politiques avec beaucoup de franchise. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde un regard, il revient sur les souvenirs marquants de sa carrière et analyse le climat politique des dernières années.

Le

6min

Politique

Royaume-Uni : Keir Starmer face à « la défiance » de son propre camp, après de nouvelles révélations entre Jeffrey Epstein et l’ancien ambassadeur britannique à Washington

Le Premier ministre essuie les conséquences de sa décision de nommer Peter Mandelson en tant qu’ambassadeur à Washington en 2024, alors que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient déjà connus. Après la publication de nouveaux fichiers sur le financier américain, la pression s’accentue contre Keir Starmer, déjà fragilisé depuis le début de son mandat.

Le

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?
8min

Politique

Municipales 2026 : la décision du ministère de l’Intérieur de classer la France insoumise à l’extrême gauche peut-elle être fondée ?

Le ministère de l’Intérieur a déclenché les foudres des Insoumis en classant ce mouvement pour la première fois à l’extrême gauche, dans une circulaire adressée aux préfets en vue de la catégorisation des candidats et des listes. Ce n’est pas la première fois que la place Beauvau est critiquée pour ses choix.

Le