« On peut avoir de très bonnes habitudes de consommation sur internet, sans avoir à ruiner son éthique », estime cet étudiant en droit

A l’heure où les commerces de centre-ville ferment les uns après les autres, la consommation sur internet n’a jamais été aussi forte. Difficile de rivaliser lorsque certaines plateformes inondent le marché de promotions et livrent les commandes en moins de 24h. Pour Thomas Martinet, étudiant en droit à Montpellier, acheter en ligne n’est pas contradictoire avec une consommation responsable. Dans l’émission Dialogue Citoyen présentée par Quentin Calmet, il interpelle plusieurs sénateurs sur la nécessité pour les petits commerçants de s’adapter à l’ère du numérique.
Robin Jeangerard

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Thomas Martinet, 20 ans, est né avec internet. Par conséquent, ses pratiques de consommation sont le reflet de toute une génération pour qui faire un achat en ligne est un acte des plus banals : « Sur internet, je vais trouver des chaussures, des jeux vidéo, des compléments alimentaires… mon père va y trouver ses outils pour la voiture [et] tout ce qui va être électroménager ».

« Le choix est plus large, il y a plus souvent des promotions et on trouve plus simplement ce qu’on veut sans avoir à faire mille détours », mais précise-t-il toutefois « il y a une grosse exception, c’est l’alimentaire pour des raisons évidentes : c’est plus simple de faire ses courses quand on a un grand magasin comme j’ai à côté de chez moi ».

« Il y a une forme de commerce qui se déplace de la vitrine à l’écran »

Pour le sénateur Jean-Marc Délia du groupe Les Républicains, le constat est sans appel : « On est sur du changement de consommation. Il y a aussi les algorithmes qui poussent à la consommation, une fois qu’on cherche un électroménager sur une plateforme et bien on se retrouve avec tout l’électroménager qui vient sur son écran. Il y a une forme de commerce qui se déplace de la vitrine à l’écran ».

Cette nouvelle habitude n’a pas manqué de faire réagir Jean-Claude Ducarois, retraité installé dans le Finistère : « Je comprends que pour la jeunesse, internet soit pratique mais surtout utile pour des choses que l’on ne trouve nulle part. Malgré tout, quand vous avez besoin d’une baguette tous les jours, il faut avoir au moins un boulanger ».

L’étudiant, attentif à cette remarque explique que « si on pouvait commander chez les petits producteurs en ligne, je le ferais probablement », suggérant par la même occasion la nécessité d’opérer un virage numérique pour les commerçants et artisans.

L’acte d’achat, un acte politique ?

L’actualité récente a remis sur la table le point noir de la consommation sur internet et notamment depuis l’arrivée de géant chinois Shein en France : l’impact sur l’environnement et les droits humains bafoués dans l’industrie du textile. La sénatrice socialiste Nicole Bonnefoy rappelle que « tous les publics jeunes et moins jeunes devraient être informés du coût environnemental que représentent les achats en ligne ».

L’étudiant en droit précise qu’il « ne commande jamais sur ces sites » mais peut « comprendre les personnes qui commandent sur Shein parce que ça donne cette illusion d’avoir un pouvoir d’achat qui est plus important ». Pour ce dernier, « la bonne solution serait [liée à] des questions d’éducation ». Ce à quoi le sénateur du Cantal Bernard Delcros répond que « les commerces de centre-ville doivent s’approprier l’achat en ligne. Il n’y a pas d’incompatibilité entre favoriser les commerces en centre-ville et l’achat sur internet. En revanche, il faut vraiment sensibiliser toutes les populations sur la provenance des produits ».

L’émission est à retrouve en intégralité ici.

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