« On retrouve en Macron l’hyperpresident des années Sarkozy »

« On retrouve en Macron l’hyperpresident des années Sarkozy »

De Davos aux agriculteurs, Emmanuel Macron multiplie les déplacements ces derniers temps. Après une première phase de communication où le Président a mis de la distance, « il intervient sans discontinuer dans le débat public, comme ses prédécesseurs » selon Philippe Moreau-Chevrolet, président de MCBG conseil. « Emmanuel Macron met en permanence en scène son action » souligne le […]
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

De Davos aux agriculteurs, Emmanuel Macron multiplie les déplacements ces derniers temps. Après une première phase de communication où le Président a mis de la distance, « il intervient sans discontinuer dans le débat public, comme ses prédécesseurs » selon Philippe Moreau-Chevrolet, président de MCBG conseil. « Emmanuel Macron met en permanence en scène son action » souligne le communicant, qui conseille également divers politiques.

Emmanuel Macron est dans une phase de communication active : déplacement à Calais sur les migrants la semaine dernière, près de Valenciennes lundi sur l’industrie puis l’après-midi à Versailles pour recevoir les grands patrons, au Forum économique mondial de Davos hier et dans le Puy-de-Dôme aujourd’hui pour parler aux agriculteurs. Passer de la grande messe du libéralisme aux difficultés des agriculteurs, c’est la mise en image du « en même temps » macronien ?
Nicolas Sarkozy a l’habitude de dire : « Macron, c’est moi en mieux » et c’est vrai qu’on retrouve en Emmanuel Macron l’« hyperpresident » des années Sarkozy. Un Président omniprésent et qui se veut omnipotent, capable de tout réaliser sur le plan européen et international. Il incarne en quelque sorte un retour de la puissance française. On peut penser qu’Emmanuel Macron réussit mieux que Nicolas Sarkozy de ce point de vue, puisqu’il n’a pas d’opposition, en dehors des Insoumis et de groupes en ruines ou en reconstruction, comme le PS et LR.

En allant voir les agriculteurs, cherche-t-il aussi à corriger l’image qu’il peut avoir de Président des villes et de ceux qui sont inclus dans la mondialisation ?
Il cherche à corriger l’image d’un Président urbain, mondialisé et du « Président des riches » qui lui colle à la peau. Il cherche aussi à prévenir une crise avec le monde agricole, comme celle que l’on connaît actuellement dans le secteur pénitentiaire. Ce sont des « déplacements médicaments » que fait Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron montre que Jupiter redescend sur Terre ?
Absolument. La première phase de la communication d’Emmanuel Macron a consisté à le couper de la presse et des Français. Jusqu’à prendre le surnom, pas du tout compréhensible pour le public, de « Jupiter ». Cet éloignement s’est traduit cet été par une chute historique dans les sondages. En septembre, l’exécutif a tiré les leçons de cet échec et il a changé de stratégie. Depuis, le Président est partout et le fait savoir. Il intervient sans discontinuer dans le débat public, comme ses prédécesseurs.

Le spectre de l’inaction explique-t-il cette activité ?
Emmanuel Macron met en permanence en scène son action. Les ordonnances n’existent que pour montrer que le Président agit et être signées devant les caméras de télévision. Sur le plan politique ou pratique, Emmanuel Macron n’en a aucun besoin. Il dispose d’une majorité suffisante à l’Assemblée nationale pour faire passer tous les textes qu’il souhaite.

Se montrer sur tous les terrains, être actif. C’est finalement assez classique. Nicolas Sarkozy l’a beaucoup fait, comme vous l’avez rappelé. Est-ce efficace en terme de popularité ?
On ne sait pas si l’hyperactivité du Président aide sa popularité. Il n’existe aucune certitude sur ce point. Mais on peut dire qu’aujourd’hui la campagne est permanente, depuis le quinquennat en particulier, en synchronisation avec les élections législatives.

Partager cet article

Dans la même thématique

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le