« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris

À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
Christian Mouly

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Les mines ont changé chez LR. Dimanche soir, dans la QG de campagne parisien de Rachida Dati, l’ambiance avait vite été douchée par les premières estimations la plaçant à plus de 10 points de son principal rival, Emmanuel Grégoire. L’écart est conséquent en vue du second tour (38 % contre 25 %), mais les événements d’entre-deux tour laissent espérer une remontée à droite.

« J’ai l’impression que les planètes s’alignent », sourit Agnès Evren devant la caméra de Public Sénat ce mercredi 18 mars. La sénatrice LR de Paris et vice-présidente du parti se réjouit de la fusion des listes avec le candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel, un proche d’Édouard Philippe. « C’est une chance historique de faire basculer cette ville pour la première fois depuis vingt-cinq ans », date de la prise socialiste de la capitale, estime-t-elle.

« Une forme d’inimitié entre Rachida [Dati] et Pierre-Yves Bournazel »

Une fusion qui n’avait rien d’une évidence. « Ce n’est pas naturel parce qu’il y a des mots un peu durs qui se sont exprimés entre l’un et l’autre des candidats. […] Ça a aussi été difficile car, il faut bien l’avouer, il y a une forme d’inimitié entre Rachida et Pierre-Yves Bournazel », confie Agnès Evren. De sorte que les tractations ont traîné en longueur dans la nuit de dimanche à lundi. « Il a fallu convaincre Pierre-Yves Bournazel », poursuit la patronne de la fédération LR de Paris.

Celui-ci, arrivé seulement 4e dimanche, loin du duo de tête, avait juré de ne « rejoindre ni Grégoire ni Dati ». Rachida Dati, elle, assurait que la composition de sa liste ne serait pas modifiée entre les deux tours. Mais l’écart creusé par la gauche unie (hors-LFI) autour d’Emmanuel Grégoire n’a, semble-t-il, pas laissé le choix. « L’intérêt de Paris, c’est de changer d’équipe et de cap. Donc on surmonte nos rancœurs », martèle Agnès Evren.

Reste que cette fusion cache une décision surprenante : le choix personnel de Pierre-Yves Bournazel de ne pas figurer sur la liste d’union. « J’ai été sidérée parce que ni Rachida Dati ni Edouard Philippe n’avaient été informée de ce retrait », assure la sénatrice, qui y voit « une façon de faire le deuil de la mairie de Paris ». Le candidat Horizons espérait créer la surprise mais n’a jamais été en mesure de bousculer le duel LR-PS qui s’annonçait.

« Les électeurs de Sarah Knafo, c’est une partie de nos électeurs »

Autre bonne nouvelle pour la droite parisienne, le retrait de Sarah Knafo, annoncé mardi. Un « geste fort », a salué Rachida Dati. De quoi entrevoir un report de voix conséquent. « Les électeurs de Sarah Knafo, c’est une partie de nos électeurs. […] Ce sont les nôtres, ils veulent une ville moins dangereuse, plus propre, moins endettée. Les projets sont assez similaires », pose Agnès Evren, sans fard.

La candidate Reconquête a fait ses meilleurs résultats dans l’Ouest parisien, s’attirant la sympathie des « fillonistes » – les soutiens de François Fillon, candidat LR à la présidentielle de 2017-, selon les mots de la sénatrice. Autant d’électeurs qui voudront voter Rachida Dati pour renverser la gauche, espère-t-on chez LR.

Mais « on a refusé toute alliance avec Sarah Knafo, veut rappeler Agnès Evren. C’est un fantasme de Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure de penser que cette alliance existe. » Une manière de couper court à la petite musique qui monte à gauche, où l’on dénonce volontiers un rapprochement qui ne dit pas son nom. « Elle est désormais la candidate de l’extrême-droite », a taclé Emmanuel Grégoire sur X au sujet de sa rivale.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Emergency closed-door meeting political party leaders organised by Macron
3min

Politique

Présidentielle 2027 : les Écologistes reportent l'heure du choix à décembre, Marine Tondelier toujours en lice

Réunis en conseil fédéral, les Écologistes ont adopté, selon le résultat communiqué lundi 21 septembre, à 69,44 %, une motion actant un vote des adhérents en décembre sur leur stratégie présidentielle. D’ici là, Marine Tondelier reste la candidate du parti, tandis que la direction ouvre des négociations avec les autres forces de gauche.

Le

Blois: Olivier Faure closes the Socialist Party s Summer University
7min

Politique

Glucksmann qualifié de « stagiaire » par Ségolène Royal : la primaire est-elle une machine à perdre ?

La campagne de la primaire PS/Place Publique a à peine commencé, et déjà le piège de la division apparaît. Ségolène Royal a usé d’un qualificatif peu amène à l’encontre du favori, Raphaël Glucksmann. Elle a été rappelée à l’ordre par la commission d’organisation de la primaire. C’est toute la dualité de ce processus de sélection « censé lancer une dynamique » d’un camp tout en « maximisant les divisions », note Pierre-Nicolas Baudot, politiste, spécialiste de la gauche.

Le

« On surmonte nos rancœurs » : Agnès Evren (LR) défend un mariage de raison entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel pour battre la gauche à Paris
9min

Politique

« Faire la transition vers une IA durable constitue un impératif environnemental, mais peut aussi devenir un facteur de compétitivité pour la France », selon un rapport du Sénat

Consacré à l’empreinte environnementale de l’IA et dans la continuité des travaux de 2020 de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, le Sénat publie ce lundi 21 septembre les conclusions de son rapport présenté par les rapporteurs Guillaume Chevrollier (LR), Damien Michallet (LR) et Simon Uzenat (PS).

Le