« On va faire vite », promet Macron aux sinistrés de l’Aude
Une semaine après les intempéries qui ont fait 14 morts dans l'Aude, Emmanuel Macron a promis lundi aux sinistrés de ce département encore sous...

« On va faire vite », promet Macron aux sinistrés de l’Aude

Une semaine après les intempéries qui ont fait 14 morts dans l'Aude, Emmanuel Macron a promis lundi aux sinistrés de ce département encore sous...
Public Sénat

Par Hervé GAVARD, Laurence BENHAMOU

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Une semaine après les intempéries qui ont fait 14 morts dans l'Aude, Emmanuel Macron a promis lundi aux sinistrés de ce département encore sous le choc que l'État serait "présent" pour eux et qu'il "agira vite" pour reconstruire les communes dévastées.

"On sera là. Je vous le promets. On va faire vite", a assuré le président à un homme âgé en larmes venu comme d'autres habitants et élus communaux du village de Villalier, au nord-est de Carcassonne, l'une des plus touchées par les crues, où deux personnes ont péri.

"Quand je vois des gens qui ont perdu des proches en une demi-heure... Ils sont d'une dignité, d'une force. On est fort partout en France et parfois on l'oublie", a dit le chef de l'État au cours d'un échange de plus d'une heure avec la population. "Je suis fier d'être là", a-t-il ajouté, serrant la main de sinistrés et embrassant des enfants.

"À chaque fois qu'il y a de grosses pluies, je suis inondé. J'ai perdu mes animaux. Ça fait 43 ans que j'habite ici. Il faut vraiment faire quelque chose", a dit un autre habitant.

L'Aude a reçu en quelques heures l'équivalent de trois mois de pluies, les pires précipitations localement depuis 1891, qui ont fait également plus de 70 blessés. Des centaines de personnes sont sinistrées, leurs maisons dévastées, des routes sont éventrées, des villages ravagés. Dans les 126 communes les plus touchées, l'État a reconnu l'état de catastrophe naturelle afin d'accélérer les indemnisations.

Vue aérienne de la ville de Trèbes, le 15 octobre 2018
Vue aérienne de la ville de Trèbes, le 15 octobre 2018
AFP/Archives

Les assureurs ont déjà enregistré près de 16.000 déclarations de sinistres pour un "coût final des dommages assurés estimé à 200 millions d'euros", a indiqué lundi la Fédération française de l'assurance (FFA).

Certains soulignent qu'ils ne se savaient pas être en zone inondable et dénoncent l'urbanisme rampant. "C'est facile de venir aider, de venir pleurer. Il y a des morts mais ça pourrait être évité. Ici après le pont là, il y a eu de l'eau jusqu'au toit et on continue à laisser construire", avait auparavant dit à la presse Bernadette Exposito, une retraitée en colère, dont la maison a été inondée.

"On ne le savait pas quand on a acheté en 1999. On a eu une inondation en 1999 avec 80 cm d'eau. Cette fois, c'est 1,50m", a-t-elle déploré.

- Situation agricole "catastrophique" -

Accompagné notamment du nouveau ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et du ministre chargé des collectivités territoriales Sébastien Lecornu, il a rencontré les familles des 14 personnes décédées, réunies dans la salle polyvalente ainsi que des maires des communes sinistrées, puis a visité un quartier du village.

Les inondations meurtrières de la vallée de l'Aude
Carte et bilan des inondations meurtrières dans l'Aude
AFP/Archives

Parmi ces proches, figure la veuve de Jean Mazières, tué en mars à Carcassonne lors d'un attentat jihadiste, et qui a perdu ses parents dans l'inondation.

Emmanuel Macron est ensuite attendu à Trèbes, à 20 kilomètres de là, où 6 personnes sont mortes durant la crue. Il doit y déjeuner avec les acteurs engagés dans les secours, avant de prononcer un discours.

"La solidarité de l'État sera totale", a promis lundi le nouveau ministre de l'Agriculture Didier Guillaume sur CNews. "La priorité, c'est le relogement, c'est les familles, c'est la reconstruction".

Il a assuré les agriculteurs de la présence de l'État "à leurs côtés pour les aider", soulignant attendre un point exact sur la situation agricole "absolument catastrophique", les vignes notamment étant détruites.

Le Premier ministre Édouard Philippe, dont la cote de popularité a bondi en octobre à 12 points au-dessus de celle du chef de l'État, stagnante à 29%, selon un sondage Ifop paru dimanche, s'était rendu sur place dès lundi dernier. Emmanuel Macron avait exprimé "l'émotion et la solidarité de la nation". Il avait annoncé qu'il s'y rendrait "dès que possible" et décalé d'une journée l'annonce du remaniement gouvernemental.

Certaines voix dans l'opposition se sont élevées pour dire que le président aurait dû s'y rendre plus tôt.

Édouard Philippe s'était lui rendu à Villegailhenc (1.600 habitants), où deux personnes sont décédées. "Nous espérons bien évidemment une aide forte de l'État", a répété lundi le président du conseil départemental André Viola qui a demandé des "mesures exceptionnelles".

Partager cet article

Dans la même thématique

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

« On va faire vite », promet Macron aux sinistrés de l’Aude
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le