Une semaine après les intempéries qui ont fait 14 morts dans l'Aude, Emmanuel Macron a promis lundi aux sinistrés de ce département encore sous le choc que l'État serait "présent" pour eux et qu'il "agira vite" pour reconstruire les communes dévastées.
"On sera là. Je vous le promets. On va faire vite", a assuré le président à un homme âgé en larmes venu comme d'autres habitants et élus communaux du village de Villalier, au nord-est de Carcassonne, l'une des plus touchées par les crues, où deux personnes ont péri.
"Quand je vois des gens qui ont perdu des proches en une demi-heure... Ils sont d'une dignité, d'une force. On est fort partout en France et parfois on l'oublie", a dit le chef de l'État au cours d'un échange de plus d'une heure avec la population. "Je suis fier d'être là", a-t-il ajouté, serrant la main de sinistrés et embrassant des enfants.
"À chaque fois qu'il y a de grosses pluies, je suis inondé. J'ai perdu mes animaux. Ça fait 43 ans que j'habite ici. Il faut vraiment faire quelque chose", a dit un autre habitant.
L'Aude a reçu en quelques heures l'équivalent de trois mois de pluies, les pires précipitations localement depuis 1891, qui ont fait également plus de 70 blessés. Des centaines de personnes sont sinistrées, leurs maisons dévastées, des routes sont éventrées, des villages ravagés. Dans les 126 communes les plus touchées, l'État a reconnu l'état de catastrophe naturelle afin d'accélérer les indemnisations.
Vue aérienne de la ville de Trèbes, le 15 octobre 2018
AFP/Archives
Les assureurs ont déjà enregistré près de 16.000 déclarations de sinistres pour un "coût final des dommages assurés estimé à 200 millions d'euros", a indiqué lundi la Fédération française de l'assurance (FFA).
Certains soulignent qu'ils ne se savaient pas être en zone inondable et dénoncent l'urbanisme rampant. "C'est facile de venir aider, de venir pleurer. Il y a des morts mais ça pourrait être évité. Ici après le pont là, il y a eu de l'eau jusqu'au toit et on continue à laisser construire", avait auparavant dit à la presse Bernadette Exposito, une retraitée en colère, dont la maison a été inondée.
"On ne le savait pas quand on a acheté en 1999. On a eu une inondation en 1999 avec 80 cm d'eau. Cette fois, c'est 1,50m", a-t-elle déploré.
- Situation agricole "catastrophique" -
Accompagné notamment du nouveau ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et du ministre chargé des collectivités territoriales Sébastien Lecornu, il a rencontré les familles des 14 personnes décédées, réunies dans la salle polyvalente ainsi que des maires des communes sinistrées, puis a visité un quartier du village.
Carte et bilan des inondations meurtrières dans l'Aude
AFP/Archives
Parmi ces proches, figure la veuve de Jean Mazières, tué en mars à Carcassonne lors d'un attentat jihadiste, et qui a perdu ses parents dans l'inondation.
Emmanuel Macron est ensuite attendu à Trèbes, à 20 kilomètres de là, où 6 personnes sont mortes durant la crue. Il doit y déjeuner avec les acteurs engagés dans les secours, avant de prononcer un discours.
"La solidarité de l'État sera totale", a promis lundi le nouveau ministre de l'Agriculture Didier Guillaume sur CNews. "La priorité, c'est le relogement, c'est les familles, c'est la reconstruction".
Il a assuré les agriculteurs de la présence de l'État "à leurs côtés pour les aider", soulignant attendre un point exact sur la situation agricole "absolument catastrophique", les vignes notamment étant détruites.
Le Premier ministre Édouard Philippe, dont la cote de popularité a bondi en octobre à 12 points au-dessus de celle du chef de l'État, stagnante à 29%, selon un sondage Ifop paru dimanche, s'était rendu sur place dès lundi dernier. Emmanuel Macron avait exprimé "l'émotion et la solidarité de la nation". Il avait annoncé qu'il s'y rendrait "dès que possible" et décalé d'une journée l'annonce du remaniement gouvernemental.
Certaines voix dans l'opposition se sont élevées pour dire que le président aurait dû s'y rendre plus tôt.
Édouard Philippe s'était lui rendu à Villegailhenc (1.600 habitants), où deux personnes sont décédées. "Nous espérons bien évidemment une aide forte de l'État", a répété lundi le président du conseil départemental André Viola qui a demandé des "mesures exceptionnelles".
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