« One Planet Summit » : la finance au secours de l’environnement ?
Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent de l’implication véritable ou supposée de la finance et des multinationales, en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, au lendemain du « One Planet Summit », qui s’est déroulé en France.  

« One Planet Summit » : la finance au secours de l’environnement ?

Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent de l’implication véritable ou supposée de la finance et des multinationales, en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, au lendemain du « One Planet Summit », qui s’est déroulé en France.  
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Mardi 12 décembre a été organisé près de Paris, le « « One Planet Summit », un sommet sur le réchauffement climatique, proposé par la France et consacré au sujet du financement de la lutte pour le climat. Mais les entreprises s’engagent-elle vraiment ou profitent-elles d’une opération de com’ à peu de frais ?

Pour l’ancienne ministre de l’Environnement, Corinne Lepage, cet engagement est tout d’abord  le signe d’un échec des États : « C’est très important que le secteur privé et de la finance se mobilisent (…) Quelque part, c’est un constat d’échec de la part des États parce qu’ils se rendent bien compte qu’ils ne sont pas capables de faire le job et ils se tournent vers le secteur privé pour le faire (…)  C’est donc fondamental de faire mobiliser la finance. Mais (…) c’est quand même les États qui donnent les autorisations (…) et par voie de conséquence, il ne faut pas non plus considérer que les États refilent le bébé au secteur privé. »

Hervé Kempf, rédacteur en chef de Reporterre.net, rappelle qu’après l’échec des principaux États industrialisés à réduire les émissions à effet de serre, comme stipulé dans le protocole de Kyoto, la finance est apparue comme un nouvel acteur : « Je ne pense pas que [la finance] s’engage. Je pense surtout que cela signifie qu’elle a pris le pouvoir. C'est-à-dire que nous sommes maintenant, et malgré l’effondrement et le krach financier de 2008, (…) dans une situation où les pouvoirs financiers, les banques, les marchés, les traders, les multinationales, ont quasiment plus de pouvoir que les États. » Et il ajoute : « D’une certaine manière, la finance, [ce sont] les incendiaires du changement climatique, puisque depuis des années, ils investissent dans l’extraction de matières premières, dans la recherche de pétrole, dans la construction d’autoroutes, dans la multiplication des aéroports, dans toutes ces activités qui créent des émissions à effet de serre. Comment aujourd’hui pourrait-elle radicalement changer ? (…) Il faut que la politique reprenne la main sur les banques et sur la finance. »

Boris Le Ngoc, porte-parole de la société française d’énergie nucléaire (SFEN), n’est pas du même avis : « C’est plutôt une bonne chose que finalement le monde du privé se mobilise. Que de grosses entreprises, type EDF soient des acteurs moteurs dans cette transition écologique. »

Nicolas Boudot, conseiller en communication, associé du cabinet Tilder, appuie dans ce sens : « Je ne crois pas que ce soit, de la part des banques ou des entreprises d’assurances qui se sont mobilisées, (…) du  greenwashing, c'est-à-dire une façon, à peu de frais, de se donner une bonne conscience et une bonne image. Je pense qu’au contraire, c’était plutôt une journée du pragmatisme [au « « One Planet Summit »NDLR], (…) Parce qu’il faut trouver l’argent, là où il est (…) Faire payer les entreprises, faire se mobiliser tous les hommes et femmes de bonne volonté, et les entreprises de bonne volonté (…) je trouve que sur le papier, c’est plutôt une réussite à mettre au crédit d’Emmanuel Macron et de la France. Et à mettre au crédit aussi des entreprises qui se sont mobilisées. »

Corinne Lepage demande à voir : « L’expérience m’a appris la prudence. (…) Les engagements, ce qui est intéressant, c’est la manière dont ils sont ensuite tenus. »

 

Pour voir le débat d'OVPL, en intégralité :

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27:15

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