Jean-Michel Blanquer accélère les discussions sur les retraites: il reçoit à partir de vendredi des organisations syndicales, qui réclament "du concret" depuis des semaines, avant de rencontrer des enseignants à Nancy aux côtés d'Edouard Philippe.
"Depuis longtemps nous demandons que s'ouvrent de vraies négociations. Cela fait des semaines qu'il faut que nous parlions chiffres avec le ministère car là nous sommes dans un flou total sur les revalorisations", déplore Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, qui sera reçu vendredi matin.
Edouard Philippe a assuré mercredi que le niveau des pensions des enseignants sera "sanctuarisé" et que seront engagées "avant la fin du quinquennat les revalorisations nécessaires pour maintenir le niveau des pensions" des enseignants. Cela se fera "progressivement et nous commencerons dès 2021", a-t-il dit.
Dans la foulée, Jean-Michel Blanquer garantissait de son côté que les pensions des enseignants "ne baisseront pas" et que c'est l'occasion "d'améliorer les rémunérations des professeurs car il y a des retards quand on se compare à d'autres pays européens".
Le ministre a assuré que l'effort le plus important se portera sur les primes mais que leur montant et leur rythme d'augmentation supposent "un dialogue social".
"Les primes, d'accord, mais il faut qu'elles soient accordées à tous les enseignants", demande Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.
Pour tenter de poursuivre leurs efforts d'apaisement d'une profession très mobilisée au sein du mouvement social, le Premier ministre et Jean-Michel Blanquer se rendront vendredi soir à Nancy à la rencontre d'enseignants pour un échange sur la réforme des retraites.
- "Impossibilité d'attendre fin juin" -
"Malgré les engagements solennels du Premier ministre mercredi, puis ceux de Jean-Michel Blanquer, le fait qu'ils n'y ait aucune donnée chiffrée fait penser aux enseignants qu'il y a un piège", a poursuivi Stéphane Crochet, demandant à ce que ce rendez-vous ne soit "pas une énième réunion de rencontre".
Il a expliqué l'"impossibilité d'attendre la fin du mois de juin pour avoir des décisions sur la table: il nous faut du concret avec un calendrier, les différentes étapes, le montant de l'enveloppe des revalorisations, sur combien d'années, et tout cela dès la première réunion", a lancé Stéphane Crochet.
Selon lui, les dernières prises de parole du gouvernement n'ont fait que "faire grandir le sentiment de défiance et d'inquiétude" chez les enseignants.
"Mais que signifie réellement le fait de sanctuariser le niveau des pensions?", s'interroge de son côté le président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc), Jean-Rémi Girard. "Il est nécessaire de clarifier la revalorisation des enseignants qui ne peut pas se faire avec des contreparties, nous le refusons", a-t-il dit. Le Snalc sera lui reçu lundi.
Autre point de tension, le fait "de repenser" le métier d'enseignant. Jean-Michel Blanquer a en effet évoqué "l'organisation du travail" des enseignants, citant de manière très évasive des contreparties possibles. Un thème qui a du mal à passer côté syndicats.
Le Premier ministre Edouard Philippe (d) et le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer (L), le 2 septembre 2019 jour de la rentrée scolaire à Clichy
AFP
"Discuter du métier d'enseignant n'est pas vraiment le sujet de cette réforme, le sujet qui en découle est que les profs sont mal payés, un point c'est tout", a martelé Jean-Rémi Girard.
"Ce qui nous inquiète, c'est que cette réforme servirait à repenser notre métier, et donc travailler plus sans gagner plus, alors que par exemple nous travaillons déjà 20 jours sur l'ensemble de nos vacances", ajoute Francette Popineau, qui prévient que "la balle est désormais dans le camp du ministère".
Déjà directeur de la communication du leader de Place Publique pour la primaire, ce très proche de Boris Vallaud, patron des députés PS, monte en grade. Il va diriger la campagne de Raphaël Glucksmann, qui a besoin de créer la dynamique pour espérer inverser les courbes avec Jean-Luc Mélenchon.
Le chef de l’Etat, en déplacement aux côtés des forces de sécurité et des élus locaux dans la cité phocéenne, a admis un défaut d’anticipation dans la journée du 17 octobre, marquée par des violences urbaines.
Dans un discours dense et bien construit, Marine Le Pen a tenté de prendre de la hauteur et de projeter le RN dans une campagne « optimiste. » Au cœur de sa prise de parole : le beau, l’harmonie, l’espoir… Une prétention esthétique à la concorde qui tranche avec le climat électrique en tribune qui a notamment amené au départ des journalistes de Mediapart présents sur place, estimant que leur sécurité n’était plus assurée.
Lors de son premier grand meeting de campagne dimanche 25 octobre, la candidate RN s’est projetée sur un gouvernement « pluraliste ». Son allié de l’UDR Éric Ciotti a introduit l’événement en appelant les élus Les Républicains à le rejoindre.