Outre-mer : la prolongation jusqu’au 15 novembre de l’état d’urgence sanitaire présenté en Conseil des ministres
Face à une situation épidémique toujours « extrêmement inquiétante » en Outre-mer, malgré une amélioration, le gouvernement a présenté en Conseil des ministres le projet de loi prolongeant l’état d’urgence sanitaire dans ces territoires. Il sera examiné le 9 septembre au Sénat.

Outre-mer : la prolongation jusqu’au 15 novembre de l’état d’urgence sanitaire présenté en Conseil des ministres

Face à une situation épidémique toujours « extrêmement inquiétante » en Outre-mer, malgré une amélioration, le gouvernement a présenté en Conseil des ministres le projet de loi prolongeant l’état d’urgence sanitaire dans ces territoires. Il sera examiné le 9 septembre au Sénat.
Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Comme annoncé la semaine dernière, le gouvernement a présenté, ce matin, en Conseil des ministres, le projet de loi « autorisant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire au-delà du 30 septembre, dans l’ensemble des territoires d’Outre-mer. Ce régime pourra durer jusqu’au 15 novembre », a expliqué le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, lors du compte rendu du Conseil des ministres, ce mercredi 1er septembre.

« Notre pays connaît aujourd’hui une épidémie à deux vitesses », lance le porte-parole. On peut faire preuve d’un « optimisme prudent » pour la métropole, avec des « contaminations en baisse ». Le taux d’incidence recul de 20 % en une semaine dans tout le pays, et en particulier sur le « littoral méditerranéen », le plus touché cet été. Mais en Outre-mer, « où la vaccination reste trop faible, même si elle a tendance à progresser », la situation est toujours « extrêmement inquiétante ». En Martinique, « le nombre de patients covid en réanimation est cinq fois supérieur à la capacité initiale », illustre Gabriel Attal.

Le Sénat examinera le texte « avec sérénité »

De nouveaux soignants vont partir « aujourd’hui » en Outre-mer, dans le cadre de la réserve sanitaire. Au total, ce sont 1.500 soignants qui sont allés renforcer les équipes. Pour freiner l’épidémie, il rappelle que « des mesures de restriction ont été prises, sur le fondement de l’état d’urgence », comme un « confinement strict » en Martinique, qui a été prolongé de trois semaines le 24 août. Quant à la Guadeloupe, le taux d’incidence est toujours énorme, avec 1139 cas pour 100.000 habitants. Il est de 654 en Martinique. En comparaison, il est en moyenne de 179 sur l’ensemble du territoire.

Le projet de loi, composé d'un seul article, sera examiné par les députés le 7 septembre, puis le 9 septembre par les sénateurs, en ouverture de la session extraordinaire (lire ici). Il sera étudié « avec sérénité, sous réserve d’analyses plus précises quand nous aurons le texte », glisse un responsable de la majorité sénatoriale LR. Mais en tout état de cause, « ça devrait bien se passer ». Cette simple prolongation de l’état d’urgence devrait relativement peu faire débat. L’agenda de la Haute assemblée ne prévoit d’ailleurs qu’une matinée de travaux.

Le sénateur de Guyane Georges Patient écrit à Gérard Larcher pour participer à la mission d’information du Sénat

Le Sénat prolongera la réflexion sur la situation sanitaire en Outre-mer avec sa mission d’information sur les effets des mesures de lutte contre l’épidémie. Après les lieux de culture, les questions économiques et la stratégie sanitaire, elle va centrer ses travaux sur l’évaluation de la gestion de la crise dans ces territoires (lire ici).

Une décision saluée par le vice-président LREM du Sénat, le sénateur de Guyane, Georges Patient. « Qui mieux que le Sénat peut fournir une analyse critique, sans complaisance, des décisions prises par le Gouvernement ? » écrit-il dans une lettre adressée au président du Sénat, Gérard Larcher. Mais il s’étonne qu’« aucun membre de cette mission (ne soit) élu des territoires concernés. Cela ne remet pas en cause la qualité des futurs travaux. Cependant, il (lui) semble que pour une meilleure appropriation et une meilleure acceptation de ses conclusions par les populations, il est important que des sénateurs ultramarins puissent y être associés et responsables des conclusions qui seront rendues par la mission ». Georges Patient est « évidemment personnellement disponible » pour apporter son « concours aux travaux de la mission ».

Le pays a « encaissé le choc du variant Delta grâce au sursaut vaccinal de l’été »

Lors de son point presse, Gabriel Attal en a aussi profité pour rappeler l’importance de la vaccination. Selon le porte-parole, l’Hexagone a pu « encaisser le choc du variant Delta grâce au sursaut vaccinal de l’été » avec un rythme de vaccination « exceptionnel ». De quoi « atteindre l’objectif des 50 millions de primo-vaccinés dans les prochains jours ». Pour l’heure, « 85 % des Français éligibles ont au moins reçu une injection, et plus de 90 % des 65 ans et plus ». Un bon chiffre en trompe-l’œil, met-il en garde :

L’urgence absolue est la protection des 600.000 personnes de plus de 80 ans qui ne sont pas encore vaccinées et dont l’exposition au virus fait peser un risque majeur pour ces personnes et le système hospitalier.

C’est en effet ici que se joue le risque de saturation des réanimations. Pour combler ce trou dans la raquette de la campagne vaccinale, le gouvernement « multiplie les opérations « d’aller vers », qui ont déjà permis de toucher plus d’un million de personnes ». Ce sont notamment les « médecins traitants » qui jouent ici un rôle essentiel pour contacter les derniers non-vaccinés. « L’essentiel des populations pas encore vaccinées sont bien plus jeunes », rappelle le membre du gouvernement. Si elles peuvent transmettre le virus, elles ont beaucoup moins de risque de finir à l’hôpital. Reste que « la rentrée scolaire et le refroidissement automnal » risquent de mettre à mal la légère amélioration de cette fin d’été. La crainte du gouvernement : un retour à la hausse des contaminations. On comprend mieux l’enjeu majeur de vacciner la totalité des plus âgés.

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le