PAC : « On préférerait vivre du prix de notre produit que des aides »
Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent de la réforme à venir de la PAC à Bruxelles.

PAC : « On préférerait vivre du prix de notre produit que des aides »

Les invités de l’émission « On va plus loin » débattent de la réforme à venir de la PAC à Bruxelles.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Première puissance agricole européenne, la France est aussi la première bénéficiaire de la PAC (politique agricole commune), mise en place à partir de 1962. Une nouvelle réforme étant en vue, les agriculteurs français sont inquiets, au moment où la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne va s’accompagner d’un manque d’une dizaine de milliards d’euros dans le budget de l’UE. Vendredi 23 février, Emmanuel Macron a défendu à Bruxelles, devant ses homologues européens, le maintien des crédits de la PAC.  

« La volonté de notre gouvernement de se battre pour préserver ce budget, on est obligé d’y croire » explique Véronique Le Floc’h, secrétaire générale du syndicat  la Coordination rurale.

« Aujourd’hui les conditions sont telles que sans aides de la PAC, et notamment celle du premier pilier [soutien des marchés et de prix agricoles – NDLR], plus aucun espoir ne peut demeurer dans nos campagnes  » déplore-t-elle.

De son côté, Henri Brichart, vice-président de la FNSEA, se dit  « rassuré » par les dernières déclarations du Président de la République et du ministre de l’Agriculture, même s’il reste prudent : « Après ils vont entamer les négociations (…) Nous espérons que, d’une part, ils réussiront à convaincre  -  en particulier un certain nombre d’autres pays qui sont plus frileux  -  (…) sur une volonté d’Europe et sur les budgets à mettre au niveau européen. Et puis qu’ils sauront se montrer fermes  à la fin des négociations pour qu’effectivement, ce qu’ils affichent actuellement soit ce qui se traduira dans les faits. »

Jean Arthuis, député européen (MoDem/ALDE, centre droit), pour qui la PAC est « l’un des piliers de la politique européenne », est confiant : « Je pense que les crédits de la PAC seront maintenus. Ce qui a fait le doute, c’est que les Britanniques vont nous quitter du fait du Brexit et que la contribution nette des Britanniques au budget européen est de l’ordre de 12 à 14 milliards selon les années. »

Afin de compenser cette perte, le président de la commission du budget au Parlement européen parle d’un « consensus » de la part des états membres, « d’augmenter le budget européen » : « Ce n’est pas grand-chose. C’est 1% du produit intérieur brut de l’ensemble de l’Union européenne » assure-t-il. En revanche, Jean Arthuis estime que la PAC n’est « pas seulement une affaire de crédits » : « C’est aussi une question de cohérence politique. À quoi ça sert de verser des primes à des éleveurs de bovins, si on les met en faillite du fait d’accord du Mercosur [projet d’accord de libre-échange entre l’UE et quatre pays d’Amérique latine - NDLR] ? » s’interroge-t-il.

 

Jean Bizet, sénateur (LR) de la Manche et président de la commission des affaires européennes, n’est pas aussi optimiste : « Attendons parce que (…) c’est un vote à 27. Il faut que tout le monde soit d’accord. Or les pays d’Europe du Nord sont des pays plutôt à tendance libérale. »

 

Quel que soit le résultat de cette nouvelle réforme de la PAC, Henri Brichart est catégorique sur un point : « On préférerait vivre du prix de notre produit que des aides. Néanmoins, les choses ne vont pas changer du jour au lendemain. Il faut que les citoyens acceptent de payer le juste prix du produit. »

 

Vous pouvez (re)voir le débat d'OVPL, en intégralité :

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Meeting of Candidate in France’s 2027 presidential election, Jean-Luc Melenchon in Le Bourget
8min

Politique

« Il est l’heure de tout changer » : au Bourget, LFI met en scène sa « Nouvelle France » 

À l’occasion de la présentation de la nouvelle édition de L’Avenir en commun, samedi 7 novembre, La France insoumise a transformé le Bourget en théâtre de campagne. Scénographie immersive, démonstration de force militante et discours de Jean-Luc Mélenchon résolument tourné vers la jeunesse, le mouvement entend faire de son programme le premier acte de la présidentielle de 2027. Reportage

Le

PAC : « On préférerait vivre du prix de notre produit que des aides »
6min

Politique

Mobilisation de la jeunesse : « Nous avons construit un État-providence qui fonctionne seulement pour les adultes », reconnaît cette eurodéputée

Une Europe en ébullition sociale. De la France à l'Italie, en passant par la Belgique, la Grèce ou l'Allemagne, une vague de contestation secoue les capitales de l'Union. Nés de mouvements lycéens et étudiants initiés en France, ces soulèvements traduisent un malaise profond touchant l'avenir de la jeunesse, la crise du logement et l'effritement du pouvoir d'achat. Face à ce front commun qui surprend les gouvernements européens, des syndicats et des associations issus de sept pays appellent à des manifestations coordonnées pour la fin du mois de novembre.

Le

France : Edouard Philippe visits Zuydcoote to discuss immigration
10min

Politique

« La fébrilité est de leur côté, pas du sien » : sous pression du camp Attal et Retailleau, Edouard Philippe reste droit dans ses bottes et refuse la primaire

Après Gabriel Attal et David Lisnard, Bruno Retailleau s’est rangé à l’idée de primaire de la droite et du centre, au point de commencer à y travailler. Si le candidat Horizons ne change pas d’avis, « il portera seul la responsabilité de la division », prévient Laurence Garnier, porte-parole de Bruno Retailleau. « On attend du prochain chef de l’Etat qu’il sache résister à la pression de Trump ou Poutine, ce n’est pas celle des candidats mal partis qui fera fléchir Edouard Philippe », rétorque Nathalie Loiseau, porte-parole d’Edouard Philippe…

Le