« Paradise papers »: Mélenchon interpelle le gouvernement
Le chef de file des députés LFI, Jean-Luc Mélenchon, a appelé lundi le gouvernement à "l'action" contre l'évasion fiscale, après...

« Paradise papers »: Mélenchon interpelle le gouvernement

Le chef de file des députés LFI, Jean-Luc Mélenchon, a appelé lundi le gouvernement à "l'action" contre l'évasion fiscale, après...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le chef de file des députés LFI, Jean-Luc Mélenchon, a appelé lundi le gouvernement à "l'action" contre l'évasion fiscale, après les révélations des "Paradise Papers" sur l'ampleur du phénomène.

"Je pense que nous devons passer de l'indignation à l'action. Le président de la République et le Premier ministre doivent dire combien de temps ils comptent supporter le pillage qui est en cours de notre pays, soit par la fraude, soit par l'évasion", a martelé M. Mélenchon au cours d'un point presse au siège de LFI.

"A quand la suppression du verrou de Bercy ? A quand l'impôt universel ? A quand l'interdiction pour les établissements bancaires d'exercer dans les paradis fiscaux ? A quand la création du délit d'incitation à la fraude fiscale et à l'évasion fiscale ? (...) A quand l'interdiction d'exercer un mandat social pour les dirigeants des sociétés qui ont exercé dans des paradis fiscaux ?", a demandé M. Mélenchon.

Le député des Bouches-du-Rhône a rappelé que certaines de ces mesures avaient été rejetées par le gouvernement lors des débats à l'Assemblée, ainsi du verrou de Bercy, qui réserve au ministère des Finances le déclenchement de poursuites pénales en matière fiscale.

Dix-huit mois après les "Panama Papers" portant sur la fraude fiscale, le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), regroupant 96 médias de 67 pays, a commencé à dévoiler dimanche les "Paradise Papers", qui lève le voile sur les circuits planétaires d'optimisation fiscale, le plus souvent légaux.

Selon les calculs effectués pour Le Monde et l'ICIJ par Gabriel Zucman, économiste français et professeur à l’université de Berkeley en Californie, l’évasion fiscale des entreprises et des grandes fortunes représente 350 milliards d’euros de pertes fiscales par an aux États du monde entier, dont 120 milliards pour l'Union européenne. Le manque à gagner pour la France atteint 20 milliards d’euros par an.

Sur Twitter, le PCF a une nouvelle fois appelé à une "COP fiscale mondiale", comme l'Assemblée nationale en a approuvé le principe en février.

Le Parti socialiste a de son côté salué dans un communiqué le "remarquable travail d'enquête" du Consortium.

Affirmant que "c'est sous le quinquennat de François Hollande qu'une véritable politique de lutte contre l'évasion fiscale a été mise en place", il a appelé Emmanuel Macron à ne "pas relâcher l'effort".

"Grâce aux mesures prises depuis 2012, tant au niveau international que national, 8 milliards d'euros ont été recouvrés par les services fiscaux", s'est-il félicité.

Europe Ecologie-Les Verts a dénoncé dans un communiqué "la légalité de ces montages fiscaux" et appelé à ce qu'ils deviennent illégaux.

Le parti écologiste a souhaité davantage de transparence et que soit "rendue obligatoire la publication des bénéfices réalisés et impôts payés par les maisons mères ainsi que par leurs filiales en France et dans les autres pays".

Partager cet article

Dans la même thématique

EU–Italy-Migrants-Court
5min

Politique

Centres de migrants à l’étranger, expulsions, détention… que contient le nouvel accord de l’UE sur le durcissement de sa politique migratoire ?

Les députés européens et les États membres ont abouti ce lundi à un compromis sur un durcissement inédit des règles migratoires de l’UE, symbolisé par l’autorisation des centres de migrants délocalisés hors du continent. L’accord prévoit aussi de faciliter les expulsions, deux après le vote du Pacte Asile et Migration, que la France n’a toujours pas transposé dans sa loi.

Le

« Paradise papers »: Mélenchon interpelle le gouvernement
3min

Politique

Défense : la loi de programmation militaire « nécessaire » pour se préparer au mieux à « la possibilité d’un choc », affirme le général Olivier Kempf 

Invité de la matinale de Public Sénat, le général Olivier Kempf, a détaillé les priorités auxquelles la loi de programmation militaire tente de répondre. Ce dernier y voit un renforcement des capacités françaises jugé impératif pour répondre aux évolutions géostratégiques du monde contemporain.

Le