Paris: Anne Hidalgo hausse le ton face aux trottinettes électriques
Interdiction de stationnement sur les trottoirs, limitation de vitesse à 20 voire 8 km/h: la maire de Paris, Anne Hidalgo, a...

Paris: Anne Hidalgo hausse le ton face aux trottinettes électriques

Interdiction de stationnement sur les trottoirs, limitation de vitesse à 20 voire 8 km/h: la maire de Paris, Anne Hidalgo, a...
Public Sénat

Par Ambre TOSUNOGLU

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Interdiction de stationnement sur les trottoirs, limitation de vitesse à 20 voire 8 km/h: la maire de Paris, Anne Hidalgo, a égrené jeudi plusieurs mesures pour mettre un terme aux nuisances causées par les trottinettes électriques, responsables de plusieurs accidents.

"Je vais proposer dès demain (vendredi) au préfet de police de signer ensemble un arrêté qui interdit le stationnement des trottinettes électriques sur tous les trottoirs" dès début juillet, a déclaré la maire PS. Désormais, ces engins "devront stationner sur les places de stationnement situées sur la chaussée et déjà utilisées par les voitures et les deux-roues motorisés", a-t-elle précisé.

En outre, la maire de Paris propose "aux opérateurs que toutes les trottinettes électriques voient leur vitesse bridée à 20 km/h dans tout Paris et à 8 km/h dans les aires piétonnes et les zones de rencontre", où les piétons ont la priorité.

Les trottinettes seront également "interdites dans tous les parcs et jardins" de la capitale, et "le port du casque" sera recommandé.

Il y a trois semaines, la mairie avait déjà annoncé une série de mesures telles que la verbalisation à hauteur de 135 euros en cas de circulation sur les trottoirs, et la création - finalement abandonnée - de 2.500 places de stationnement.

Apparues il y a un an, les trottinettes - évaluées à environ 20.000 dans la capitale - sont devenues un véritable casse-tête pour la mairie de Paris, faute de loi pour les réguler.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'Assemblée a voté des mesures qui doivent de fait permettre aux collectivités de mieux réguler les nouveaux moyens de transport en libre-service (ou "free-floating"). La disposition votée dans le cadre de l'examen en première lecture du projet de loi mobilités prévoit notamment "la délivrance d'un titre d'occupation du domaine public".

La ministre des Transports Elisabeth Borne a aussi rappelé qu'un décret était attendu "à la rentrée" pour établir des règles en matière par exemple de vitesse.

Comme Bordeaux, Lyon ou Strasbourg, Paris attend l'adoption du projet de loi mobilités.

Une fois les règles précisées, la Ville lancera un "appel d'offres qui limitera à trois le nombre d'opérateurs et fixera un nombre maximum de trottinettes électriques en libre-service", a annoncé Mme Hidalgo qui, d'ici là, a demandé aux douze opérateurs actuels de "ne pas augmenter leur flotte".

- "Dans le mur mais moins vite" -

Bien qu'aucun décompte officiel n'existe - en attendant la mise en place prochaine d'un "observatoire de la sécurité routière" pour mesurer l'accidentologie -, de récents accidents impliquant une mère et son bébé, ou une pianiste, ont défrayé la chronique.

"Il y a une quarantaine de dossiers de victimes de trottinettes par jour", a affirmé à l'AFP Me Michel Benezra, qui représente quatre accidentés.

Et qui dit accident, dit assurance. Un des accidentés s'est ainsi aperçu "que les opérateurs ne prévoyaient aucune assurance tant pour les conducteurs de trottinettes que pour les victimes", a ajouté Me Benezra.

Les opérateurs ont dans l'ensemble salué les mesures annoncées. "Depuis le début, on appelle plus de régulation car la situation actuelle dessert tout le monde, les Parisiens, la Mairie et les opérateurs", a réagi auprès de l'AFP Stéphane Mac Millan, directeur général de Circ.

Les députés LREM Pacôme Rupin, Mounir Mahjoubi et Benjamin Griveaux ont, eux, ironisé de concert sur une interdiction de stationner sur les trottoirs "qui existe déjà" et que la maire de Paris "n'a jamais fait respecter".

Interrogée par l'AFP, une source proche de la mairie balaye ces arguments: "C'est le préfet qui a la main sur le stationnement de surface. La mairie, elle, a la main sur le stationnement payant", ajoute-t-on.

La droite a dénoncé l'"incapacité viscérale" de la mairie "à anticiper les grands mouvements et écouter le terrain", alors que les communistes exigent des engagements sociaux et environnementaux.

"On va dans le mur mais moins vite", a ironisé Danielle Simonnet, élue de la France insoumise au Conseil de Paris. "Au lieu d'interdire le free-floating comme la ville de San Francisco, (...) la Ville s'apprête à lancer un appel d'offres pour le nombre d'opérateurs. Mais pour combien d'engins ? On ne le saura pas."

Partager cet article

Dans la même thématique

Attal porte parole
9min

Politique

« Ce n’est pas la saison 3 du macronisme, ni un retour à l’UMP » : Gabriel Attal joue la carte des « nouveaux visages » pour marquer sa différence avec Edouard Philippe

Avec un mélange de « nouveaux visages » et de fidèles pour former son équipe, Gabriel Attal entend enclencher une « nouvelle phase » de sa campagne présidentielle. Il continue de marquer sa différence avec Edouard Philippe et compte créer la dynamique cet automne. « Les Français ne supporteraient pas d’élire un Président par défaut », soutient le candidat Renaissance.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
6min

Politique

Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau veut « renverser la table » avec une profonde réforme constitutionnelle

S’il est élu président de la République en 2027, Bruno Retailleau veut faire de la réforme constitutionnelle sa première grande réforme. Le président des Républicains entend engager, dès le début de son mandat, une refonte des institutions destinée à renforcer le pouvoir des citoyens, réaffirmer la primauté du droit français et donner davantage de marges de manœuvre au Parlement, notamment sur l’immigration et la sécurité.

Le

Blois: Raphael Glucksmann at summer convention campusPS
10min

Politique

« Si Raphaël Glucksmann veut jouer la finale de la Ligue des champions, il ne peut pas avoir peur des barrages » : tensions autour de l’organisation des débats de la primaire PS

Alors que l’équipe de Raphaël Glucksmann prône l’organisation d’un seul débat, sur le service public, dans le cadre de la primaire PS/Place Publique, les autres candidats en veulent trois. « Les bras m’en tombent. Je ne comprends pas le raisonnement », pointe le sénateur Rémi Cardon, soutien d’Olivier Faure, lui aussi candidat. « Ça ne pose aucun problème à Raphaël Glucksmann qu’il y ait deux ou trois débats », assure pourtant le sénateur Place Publique Bernard Jomier, qui pointe des polémiques « pas à la hauteur », y compris de la part de soutiens socialistes de son candidat…

Le

Bourgoin-Jallieu  demonstation against sexual violence targeting women and children
6min

Politique

Loi intégrale contre les violences sexuelles : « Que le gouvernement aborde l'examen de ce texte avec humilité et en ayant en tête son bilan », enjoint Laurence Rossignol

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé l'inscription de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles comme premier texte de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale lors de la reprise de la session ordinaire, début octobre. Ce texte de 69 articles est inspiré des 140 propositions élaborées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants. Le meurtre dramatique de la jeune Lyhanna avait mis la pression sur l'exécutif, poussé par l'opposition de gauche et le bloc central, à aborder les violences sexuelles et sexistes dans une approche systémique.

Le