Paris et Rome ont affiché jeudi leur proximité sur les grands dossiers, comme ceux des migrants et de l'Europe, une entente qu'ils veulent sceller par un traité comparable à celui entre la France et l'Allemagne.
"Le couple franco-allemand n'est pas exclusif. Notre lien avec l'Italie a une nature spécifique", a déclaré le président français Emmanuel Macron à l'issue d'un entretien avec le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni à Rome.
Les deux dirigeants ont confirmé qu'ils travaillaient à l'élaboration d'un traité, dit "du Quirinal" (nom du siège de la présidence italienne), qui pourrait être concrétisé lors du prochain sommet franco-italien.
Emmanuel Macron avec le Premier ministre italmien Paolo Gentiloni le 11 janvier 2018 à Rome
AFP
Il s'agit de donner "un cadre plus stable et plus ambitieux" à la coopération franco-italienne, a résumé M. Gentiloni.
"L'objectif du traité du Quirinal est de donner une forme politique nouvelle à notre relation avec l'Italie comme nous l'avons fait avec l'Allemagne", a renchéri M. Macron.
Il faisait référence au traité franco-allemand de l'Elysée, dont Paris et Berlin s'apprêtent à célébrer le 55e anniversaire le 22 janvier.
Le traité franco-italien "ne sera pas concurrent, mais complémentaire", a assuré le président français, parfois critiqué par l'opposition à Paris pour sa trop forte proximité avec la chancelière allemande Angela Merkel.
Il rendra "service à l'Union européenne", a affirmé M. Gentiloni, qui soutient les initiatives lancées par M. Macron pour "refonder" l'Europe, notamment en renforçant la zone euro.
En réponse, le président français a déclaré que l'Europe avait "beaucoup de chance" d'avoir M. Gentiloni à la tête de l'Italie.
"Je souhaite que nous puissions continuer le travail important et ambitieux que nous avons commencé", a-t-il ajouté.
Cet éloge du chef du gouvernement de centre-gauche, au pouvoir depuis décembre 2016, a été aussitôt abondamment commenté par les médias italiens alors que la campagne bat son plein pour les législatives du 4 mars qui s'annoncent très indécises.
- "Confusion" -
Le Premier ministre italien Paolo Gentiloni accueille Emmanuel Macron à Rome le 11 janvier 2018
AFP
Arrivé mercredi à Rome en provenance de Pékin pour un mini-sommet des pays du sud de l'UE, M. Macron a aussi rencontré son homologue italien Sergio Mattarella, avant de visiter la "Domus Aurea", l'antique demeure de l'empereur Néron.
MM. Macron et Gentiloni ont également affirmé leurs convergences de vue sur la nécessité de réformer la politique migratoire de l'UE. Ils réclament notamment de changer "la règle de Dublin", en vertu de laquelle les demandeurs d'asile doivent déposer leur dossier dans le premier pays européen où ils arrivent, c'est-à-dire essentiellement l'Italie, la Grèce ou l'Espagne pour ceux traversant la Méditerranée.
"Le sujet des migrations n'est pas derrière nous", a prévenu le président français. Pour y faire face, "il faut avoir de la détermination, de l'efficacité et de l'humanité. L'humanité sans l'efficacité, ce sont de belles paroles. L'efficacité sans l'humanité, c'est de l'injustice".
M. Macron répondait ainsi aux critiques, notamment d'intellectuels, qui dénoncent un traitement "inhumain" des migrants en France.
"Il y a beaucoup de confusion chez les intellectuels", a-t-il jugé, en estimant qu'il fallait "se garder des faux bons sentiments" sur ce dossier.
Il a parallèlement rendu hommage au "très grand travail" accompli en 2017 par l'Italie pour "réussir à stabiliser une situation extrêmement critique".
L'an dernier a en effet marqué un tournant pour la péninsule, où les arrivées de migrants ont chuté à 119.000, soit 35% de moins qu'en 2016, en raison notamment d'accords controversés en Libye.
Ces derniers ont été conclus avec les autorités libyennes mais aussi avec des milices. Ils ont été critiqués par les organisations de défense des droits de l'homme, compte tenu de la situation cauchemardesque des migrants en Libye, où certains sont réduits en esclavage et beaucoup subissent violences et extorsions.
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