Scenes from the Paris Municipal Elections: Polling in Action
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Paris, Le Havre, Toulouse : que disent les derniers sondages à deux jours du second tour ?

À l’approche du second tour, les équilibres restent fragiles dans plusieurs grandes villes. Entre triangulaires, alliances contestées et reports de voix incertains, les dernières enquêtes d’opinion confirment une chose : rien n’est encore joué. Paris, Le Havre et Toulouse sont les trois premières villes à avoir été sondées avant le deuxième tour.
Emma Bador-Fritche

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Les cartes se rebattent sans cesse. Ce dimanche 22 mars, c’est presque 17 millions d’électeurs qui sont appelés a voter pour le second tour des élections municipales. Public Sénat fait le point sur les derniers sondages de l’entre-deux-tours.

Paris : Emmanuel Grégoire et Rachida Dati au coude-à-coude

Dans la capitale, la bataille s’annonce particulièrement serrée. Une première enquête publié ce jeudi de Cluster17 pour Politico, donne Emmanuel Grégoire en tête avec 48% des intentions de vote, devant Rachida Dati à 41%, tandis que l’insoumise Sophia Chikirou se maintient autour de 11%, portée par un électorat fidèle. L’ancien adjoint d’Anne Hidalgo parviendrait ainsi à creuser l’écart, malgré la fusion opérée par la candidate LR avec une partie de la liste de Pierre-Yves Bournazel, ainsi que le retrait de la candidate Reconquête !, Sarah Knafo. Cette dynamique s’explique notamment par le fait qu’une majorité des électeurs de Pierre-Yves Bournazel (57 %) se reporterait sur le candidat de l’union de la gauche (hors LFI), contre 42 % pour sa rivale de droite. En revanche, Rachida Dati bénéficierait d’un report quasi total de l’électorat de Sarah Knafo (99 %). Mais un second sondage, réalisé par Elabe pour BFMTV et Berget-Levrault et publié ce vendredi, rebat nettement les cartes : l’écart se resserre à un seul point, avec 45,5 % pour Emmanuel Grégoire contre 44,5 % pour Rachida Dati, et 10 % pour la candidate insoumise. Cette fois, plus de la moitié des électeurs de Pierre-Yves Bournazel se reporteraient sur Rachida Dati, contre 35 % sur Emmanuel Grégoire, tandis que 8 % choisiraient l’abstention.

Le Havre : Edouard Philippe en position de force

Un pari risque mais peut-être gagnant. Selon une enquête Cluster 17 pour Politico, Édouard Philippe aborde le second tour en position favorable au Havre avec 47% des intentions de vote, soit 8 points d’avance sur Jean-Paul Lecoq, le candidat communiste crédité de 39% des voix. Le président d’Horizons bénéficie d’un ancrage local, mais la campagne a été marquée par les interrogations sur ses ambitions nationales. Ses adversaires ont largement insisté sur le risque de voir le maire sortant se tourner rapidement vers l’élection présidentielle de 2027. Car cet horizon reste central pour le candidat, au point d’avoir lui-même lié ses ambitions nationales à son score local. En décembre dernier, il déclarait : « Si j’échoue à convaincre les Havrais, je ne serais pas dans une bonne position pour espérer convaincre les Français ».

Toulouse : une alliance PS-LFI qui relance la gauche sans la placer en tête

Dans la ville rose, le rapport de force est particulièrement révélateur de l’effet des alliances à gauche. Le maire sortant Jean-Luc Moudenc (divers droite) est crédité de 51%, contre 49% pour la liste d’union entre le socialiste François Briançon et l’insoumis François Piquemal. Ce rapprochement PS-LFI permet clairement à la gauche de revenir dans la course, en comblant une partie de son retard du premier tour. Mais d’après le sondage Ifop-Fiducial, il ne suffit pas, à ce stade, à inverser la dynamique. L’écart, très réduit, laisse néanmoins planer l’incertitude de l’issue du scrutin.

Des alliances PS-LFI décisives… mais loin de faire consensus

À Lyon, Nantes, Toulouse ou encore Limoges, les alliances entre socialistes et insoumis continuent de marquer l’entre-deux-tours. Dans ce contexte, les comportements électoraux seront particulièrement scrutés. D’après une enquête Odoxa-Backbone pour Le Figaro publié dans cet entre-deux-tours, la défiance reste élevée : 78 % des Français ont une mauvaise image de LFI et 63 % du PS. Près de 67 % jugent leurs alliances incohérentes, un rejet particulièrement marqué à droite et au centre. À gauche, ces accords apparaissent néanmoins souvent comme nécessaires : 62 % des sympathisants les jugent indispensables pour l’emporter. Mais l’adhésion varie selon les électorats : elle est très forte chez les sympathisants LFI (78 %), mais plus mesurée chez ceux du PS (53 %). Même tendance dans les intentions de vote : si 73 % des électeurs de gauche pourraient soutenir une liste commune, ce soutien est quasi unanime chez les insoumis (95 %), mais plus fragile chez les socialistes (61 %) et les écologistes (58 %).

À Paris comme à Toulouse, les écarts sont suffisamment serrés pour entretenir le doute. Et même là où un candidat semble en tête, comme au Havre, la prudence reste de mise. À deux jours du vote, une certitude s’installe : le second tour pourrait réserver bien plus de surprises que prévu.

 

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