Paris : pour Anne Hidalgo, une rentrée sans répit
De retour de vacances, Anne Hidalgo veut aborder "sereinement" la rentrée, mais les sujets sensibles restant en suspens, la maire...

Paris : pour Anne Hidalgo, une rentrée sans répit

De retour de vacances, Anne Hidalgo veut aborder "sereinement" la rentrée, mais les sujets sensibles restant en suspens, la maire...
Public Sénat

Par Paloma SORIA BROWN

Temps de lecture :

3 min

Publié le

De retour de vacances, Anne Hidalgo veut aborder "sereinement" la rentrée, mais les sujets sensibles restant en suspens, la maire PS de Paris fait toujours l'objet de virulentes critiques.

Affaiblie avant l'été par l'arrêt brutal du service de partage de véhicules électriques Autolib', les problèmes de gestion persistants de Vélib', les dysfonctionnements dans le contrôle du stationnement, puis par le retour du marché de Noël du forain Marcel Campion, grâce à un feu vert du Louvre sous tutelle de l'Etat, sans compter les critiques lancinantes sur la piétonnisation des voies sur berge rive droite, l'élue voudrait tourner la page en septembre.

"C'est une rentrée classique", "abordée très sereinement", déclare-t-on dans l'entourage de la maire. "Nous avons profité de l'été pour accélérer plusieurs chantiers".

Sont notamment mis en avant : la rentrée scolaire, avec la végétalisation de plusieurs cours d'école, la voirie, avec la réorganisation de plusieurs places parisiennes et la création de nouvelles pistes cyclables, ou l'appel à contributions en ligne "pour apporter de nouvelles idées et étendre le débat" concernant la gratuité des transports, ouvert de juillet à début septembre.

La période est, toutefois, marquée par le retour de plusieurs dossiers brûlants. En haut de la pile, Autolib' et Vélib', Mme Hidalgo ayant annoncé en juillet le déploiement par Renault d'une offre de mobilité électrique dès septembre et demandé une enquête de l'inspection générale de la Ville sur les "manquements" éventuels ayant conduit à la "situation de crise" actuelle du dispositif Vélib', qui fonctionnait alors à 10% de sa capacité.

A droite, Philippe Goujon, le maire du XVe qui préside la fédération Les Républicains, estime que "cette rentrée ne se présente pas dans de bonnes conditions" et "révèle un réel problème de gouvernance : on nous annonce des choses, mais, au-delà du discours, je ne vois pas quelles leçons ont été tirées", déclare l'élu LR à l'AFP.

Plus tempéré, Pierre-Yves Bournazel, député Agir, souligne, néanmoins, lui aussi, des "problèmes de méthode" et une absence d'"anticipation". En matière de transport, de propreté, mais aussi de sécurité, "Mme Hidalgo a-t-elle des solutions concrètes ?"

- "aboutissement" -

Face à ces critiques, l'Hôtel de Ville se défend : "Notre programme de mandature commence à arriver à son aboutissement, même s'il y a eu des difficultés (...) personne n'aurait pu anticiper le désengagement" d'Autolib' du groupe Bolloré.

Une rhétorique en forme de bouclier alors que plusieurs figures de La République en marche ont récemment fait part de leur intérêt pour la mairie de Paris aux élections de 2020, comme le secrétaire d'État chargé du numérique, Mounir Mahjoubi.

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, et l'ancien conseiller en communication de François Hollande, Gaspard Gantzer, réputé proche d'Emmanuel Macron, sont également régulièrement cités comme candidats putatifs, et distillent chacun des critiques plus ou moins virulentes de la conduite des affaires municipales.

"Les macronistes d'appareil ont envie de prendre le pouvoir. Mais ils n'arrivent pas à déterminer un projet politique", dédramatise cependant Rémi Féraud, sénateur PS de Paris.

"Il faut être exigeant dans les critiques", affirme pour sa part M. Goujon (LR). "Ce n'est pas encore le temps de l'élection. Si Anne Hidalgo prend les bonnes décisions, je les voterai... Mais, il faut faire vite."

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : pour Anne Hidalgo, une rentrée sans répit
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Paris : pour Anne Hidalgo, une rentrée sans répit
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Paris : pour Anne Hidalgo, une rentrée sans répit
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le