Parrainages : que retenir de la 1ère publication du Conseil constitutionnel ?
A 68 jours du premier tour, le Conseil constitutionnel a publié la première salve de parrainages, candidat par candidat. Sur les 313 parrainages validés, Emmanuel Macron, candidat non déclaré, en rafle 105.

Parrainages : que retenir de la 1ère publication du Conseil constitutionnel ?

A 68 jours du premier tour, le Conseil constitutionnel a publié la première salve de parrainages, candidat par candidat. Sur les 313 parrainages validés, Emmanuel Macron, candidat non déclaré, en rafle 105.
Public Sénat

Par Steve Jourdin

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Les sages font les comptes

 

Les choses sérieuses commencent enfin ! Alors que plusieurs élus ont ces derniers jours largement mis en scène, photo à l’appui, leur soutien à un candidat sur les réseaux sociaux, et notamment à Emmanuel Macron, le Conseil constitutionnel a présenté ce mardi la première liste officielle des parrains.

Au total, 313 parrainages ont été validés. Avec 105 signatures recueillies, Emmanuel Macron fait la course en tête, alors même que le chef de l’Etat n’est pas encore officiellement candidat. Suivent Anne Hidalgo (48), Valérie Pécresse (34), Fabien Roussel (30), Jean Lassalle (15), Jean-Luc Mélenchon (14) et Eric Zemmour (14), Nathalie Artaud (12), Yannick Jadot (11), François Asselineau (10), Nicolas Dupont-Aignan (10), Philippe Poutou (4), Hélène Thouy (2), Marine Le Pen (2), Anasse Kazib (1), Georges Kuzmanovic (1).

 

Cette première salve tend à montrer que la course aux parrainages sera longue. Et peut-être éprouvante pour certains candidats. A l’extrême droite, Marine Le Pen n’enregistre pour l’heure que deux parrainages, alors qu’elle demande depuis plusieurs mois un réexamen des règles de publicité. Si Eric Zemmour totalise, lui, 14 parrainages au 1 er février, il en revendiquait « plus de 400 » il y a encore quelques jours. Mais entre promesses de parrainage et parrainage, il y a un monde. Et des règles de validation très strictes.

 

Le candidat, le parrain et le parrainage

 

Pour être validé par le Conseil constitutionnel, chaque parrainage doit respecter des conditions de fond et de forme. Il doit notamment porter une signature manuscrite, être daté et être entièrement rempli. Le parrain doit par ailleurs être détenteur d’un mandat. Pour qu’une candidature à l’élection présidentielle soit validée, les parrainages doivent provenir d’au moins 500 élus, repartis dans au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer différents, sans que plus de 10 % des parrainages ne proviennent d’un même département ou d’une même collectivité. Des contraintes qui ont conduit certains responsables politiques, comme Jean-Luc Mélenchon, à proposer des modes alternatifs de parrainage.

De même, il y a un an les sénateurs avaient tenté de modifier les règles. Sans succès.

 

Après vérification par les services du Conseil constitutionnel, les parrainages validés sont désormais publiés intégralement et en continu, alors qu’avant 2017, seuls 500 parrainages tirés au sort étaient publiés après l’établissement de la liste définitive des candidats. Les sages se sont engagés à présenter la liste actualisée des parrainages deux fois par semaine, le mardi et le jeudi en fin d’après-midi, jusqu’à la fermeture de la procédure de parrainage le 4 mars.

 

Une compétence exclusive du Conseil constitutionnel

 

Juge suprême de l’élection présidentielle, le Conseil constitutionnel est au cœur de la procédure électorale. Conformément à l’article 58 de la Constitution, il « veille à la régularité de l’élection du Président de la République (et) examine les réclamations et proclame les résultats du scrutin ». Trois phases vont rythmer l’activité des sages dans les semaines qui viennent : la phase des parrainages (ouverte le 27 janvier et qui s’achèvera le 4 mars), la phase du scrutin et de ses résultats, et enfin la phase du bilan et des éventuels contentieux des comptes de campagne.

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le