Parti socialiste : «Je suis pour qu’il n’y ait pas d’exclusion», affirme Didier Guillaume
Face aux ralliements à Emmanuel Macron, beaucoup de sénateurs socialistes estiment, à l’image de leur président, que des exclusions aggraveraient les choses. Une manière de préparer une future majorité.

Parti socialiste : «Je suis pour qu’il n’y ait pas d’exclusion», affirme Didier Guillaume

Face aux ralliements à Emmanuel Macron, beaucoup de sénateurs socialistes estiment, à l’image de leur président, que des exclusions aggraveraient les choses. Une manière de préparer une future majorité.
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Quelle attitude adopter face aux socialistes qui ont rallié Emmanuel Macron ? La question d’éventuelles sanctions met mal à l’aise le parti, alors que la campagne entre dans sa phase finale. Faut-il aller jusqu’à l’exclusion ? Difficile pour le groupe socialiste au Sénat de ne pas aborder l’équation Macron lors de sa réunion hebdomadaire du mardi.

À 19 jours du premier tour, plusieurs membres du groupe estiment qu’il faudra trancher une fois passée l’élection.

Si le président du groupe Didier Guillaume juge le choix de certains élus « regrettable », il entend néanmoins préserver un minimum d’unité pour la suite :

« Mon rôle c’est de rassembler tout le monde dès maintenant. Il s’agit de ne pas se diviser, il y a un candidat de la primaire, Benoît Hamon, qui fait sa campagne, il y a d’autres élus qui ont fait un autre choix, c’est comme ça, c’est regrettable, mais ce n’est pas le moment de mettre de l’huile sur le feu. »

« Faire vivre une nouvelle majorité »

Qu’importe les différentes orientations prises au sein du PS pendant la présidentielle, ces différents courants se retrouveront. « Ce qui compte, c’est qu’après le second tour de l’élection présidentielle nous soyons tous là pour faire vivre une nouvelle majorité », se projette l'ancien directeur de campagne de Manuel Valls, qui rappelle que la présence du Front national au second tour devra elle aussi sceller l’unité à gauche.

« Ce qui compte, c'est que nous soyons tous là pour faire vivre une nouvelle majorité » (Didier Guillaume)
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Images : Héloïse Grégoire

C’est également le sens de la tribune signée par Jean-Pierre Sueur le 30 mars dans le Monde. Le sénateur du Loiret, qui se dit « tourné vers le rassemblement plutôt que vers la division », se met à imaginer lui aussi le prochain parlement sorti des urnes.

« Je ne vois pas ce qui empêcherait les socialistes et En Marche de travailler ensemble et de constituer une nouvelle majorité », répète-t-il ce mercredi à Public Sénat.

« Je ne vois pas ce qui empêcherait les socialistes et En Marche de travailler ensemble », déclare Jean-Pierre Sueur
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Images : Héloïse Grégoire

« On a pas voulu exclure les frondeurs »

Plus d’un sénateur socialiste repousse l’option de l’exclusion des macronistes, jugée trop radicale. C’est le cas de Françoise Cartron, qui s’interroge sur son intérêt réel. « Je pense que le PS est dans un tel état qu’on ne progressera pas en maniant l’exclusion. Cela ne peut pas être une réponse, il faut se demander pourquoi on en est arrivé là. ».

« On ne progressera pas en maniant l’exclusion », Françoise Cartron
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Images : Héloïse Grégoire

La sénatrice de la Gironde ajoute que l’on a « pas voulu exclure les frondeurs, même quand ils ont déposé une motion de censure ». En clair, « on ne va pas faire une jurisprudence pour Manuel Valls ».

Un point de vue qui pourrait satisfaire Dominique Gillot. L’ancienne ministre considère que tous les comportements ne sont pas à montrer du doigt :

« Je crois qu’il faut faire la différence entre ceux qui ont rallié un autre candidat en lui apportant leur parrainage et ceux qui disent qu’éventuellement ils voteront ou pas. »

Jérôme Durain plaide en tout cas pour une réponse plus forte de la direction du PS, et notamment du premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis :

« Ce qui s’est passé n’est pas acceptable, il faut au moins le dire avec les mots appropriés, le message n’a pas été formulé avec l’énergie suffisant. »

« La direction du PS doit dire qu'il y a des choses qui ne sont pas acceptables », pour Jérôme Durain
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Héloïse Grégoire

Faut-il aller jusqu’à l’exclusion ? Le sénateur de Saône-et-Loire hésite. « Je ne sais pas s’il faut utiliser l’arme atomique », répond-t-il.

« Vraiment pas le moment »

En attendant, place à la campagne. Au sein du groupe, on estime que le moment est mal choisi pour résoudre l’embarras causé par les départs vers Emmanuel Macron.

Martial Bourquin répète que « Manuel Valls aurait dû soutenir Benoît Hamon », mais se veut pragmatique. « Ce pas trop le moment de poser ces questions, l’essentiel, c’est la campagne. On verra après. »

« Ces ralliements qui arrivent de temps en temps ce sont des peaux de bananes à notre candidat. » Martial Bourquin

« Ces ralliements, ce sont des peaux de bananes à notre candidat », estime Martial Bourquin
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Images : Héloïse Grégoire

Dominique Gillot est sur la même ligne et veut se concentrer sur ces dernières semaines de campagne. « Ce n’est vraiment pas le moment de jeter encore plus de trouble et de désordre dans les esprits », prévient la sénatrice du Val d’Oise. Sa collègue Françoise Cartron affirme qu’il faut « laisser le processus aller jusqu’au bout » :

« Dans trois semaines, on saura, et là, on verra les dispositions à prendre. »

« C’est vraiment pas le moment de jeter encore plus de trouble », estime Dominique Gillot
01:05
Images : Héloïse Grégoire

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