Parti socialiste : les législatives vont-elles donner raison à Olivier Faure ?
Le Parti socialiste est probablement le parti de la NUPES qui a le plus publiquement exprimé de dissensus sur l’accord passé avec LFI, et qui a par conséquent présenté le plus de candidatures dissidentes. Le verdict du 1er tour est sans appel : certes le PS n’a pu présenter qu’une soixantaine de candidats, mais 4 sur 5 se sont qualifiés, tandis que seuls quelques dissidents sur la soixantaine qui ont aussi été candidats ont franchi le cap du 2nd tour.

Parti socialiste : les législatives vont-elles donner raison à Olivier Faure ?

Le Parti socialiste est probablement le parti de la NUPES qui a le plus publiquement exprimé de dissensus sur l’accord passé avec LFI, et qui a par conséquent présenté le plus de candidatures dissidentes. Le verdict du 1er tour est sans appel : certes le PS n’a pu présenter qu’une soixantaine de candidats, mais 4 sur 5 se sont qualifiés, tandis que seuls quelques dissidents sur la soixantaine qui ont aussi été candidats ont franchi le cap du 2nd tour.
Louis Mollier-Sabet

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Majoritaire à l’Assemblée nationale en 2012, le groupe parlementaire socialiste avait déjà fondu comme neige au soleil en 2017, pour finir la législature avec 28 députés socialistes et 3 membres du groupe « apparentés. » Au vu des résultats de ce 1er tour, il semble que le pari d’Olivier Faure et de la direction du PS ait été gagnant, puisque sur 66 circonscriptions où le Parti socialiste a investi des candidats au nom de la NUPES, 52 candidats ont pu se maintenir au 2nd tour. Avec seulement 14 candidats socialistes éliminés dès le 1er tour, le PS a réussi à capitaliser sur l’union, qui a permis à la NUPES de se qualifier au 2nd tour dans 380 à 390 circonscriptions. Le 2nd tour de dimanche prochain permettra de dire plus précisément si le groupe socialiste réussit à se maintenir à une trentaine de députés, perd ou gagne des membres, mais il semble dans tous les cas que la stratégie d’alliance dans la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale ait été payante sur le plan purement comptable, après les 1,78 % réalisés par Anne Hidalgo à la présidentielle.

Seuls 3 dissidents socialistes qualifiés au 2nd tour en Occitanie

D’autant plus que du côté des dissidents socialistes, le 1er tour a été beaucoup moins clément. Jérôme Lambert, député apparenté PS sortant dans la 3ème circonscription de Charente, épinglé par Mediapart quelques semaines avant le 1er tour pour être logé chez un bailleur social à Paris, finit par exemple 4ème derrière les candidates du RN et d’Ensemble. Mais aussi derrière Marie-Pierre Noël, candidate socialiste investie par la NUPES, qui finit 3ème et donc éliminée au 1er tour. La dispersion des voix à gauche a pu coûter cher à certains candidats investis par la NUPES qui ont dû affronter des dissidences, mais surtout aux dissidents eux-mêmes. De même, Lamia El-Aaraje arrive certes en deuxième position dans la 15ème circonscription de Paris, mais elle ne réunit que 17,87 % des voix, contre 47,31 % pour Danielle Simonnet, candidate LFI investie officiellement par la NUPES.

De la soixantaine de dissidents socialistes, seule une demi-douzaine arrive à se qualifier au 2ème tour en France métropolitaine. En Occitanie, où une quinzaine de dissidents étaient soutenus par la présidente de région, Carole Delga, seuls trois rescapés accèdent au 2nd tour : David Taupiac dans la 2ème circonscription du Gers, Christophe Proença, dans la 2ème circonscription du Lot, au sein d’une triangulaire entre la NUPES-LFI et Ensemble, et Laurent Panifous, dans la 2ème circonscription de l’Ariège, où il affrontera le sortant LFI Michel Larivé. Dans le Sud-Ouest, David Habib, député PS sortant dans la 3ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques, où il est élu depuis 2002, a bénéficié du soutien implicite de la majorité présidentielle qui n’a pas présenté de candidat face à lui, est en bonne position au 2nd tour face Jean-François Baby, candidat LFI investi par la NUPES.

3 dissidents socialistes accèdent au 2nd tour dans le nord-est, Olivier Falorni rescapé du PRG

Dans le Nord, Benjamin Saint-Huile, ancien président de la puissante Fédération du Nord, qui avait quitté le PS en février dernier, se qualifie au 2ème tour face au RN, au détriment de Sophie Villette, investie par le PS dans le cadre de l’accord NUPES. De même pour Bertrand Petit, dans la 8ème circonscription du Pas-de-Calais, qui affrontera le RN après être arrivé en deuxième position devant les candidats d’Horizons (Ensemble) et de LFI (NUPES). Enfin, Dominique Potier, au départ investi par la NUPES, mais qui avait pris ses distances avec l’accord, et a préféré finalement se présenter sous l’étiquette divers gauche est arrivé largement en tête devant le RN dans la 5ème circonscription de la Meurthe-et-Moselle. La NUPES n’avait pas investi de concurrent face à lui.

Du côté des Radicaux de gauche, Sylvia Pinel, ancienne ministre de François Hollande, a été éliminée au 1er tour à 200 voix près dans la 2ème circonscription du Tarn-et-Garonne, dans un 2nd tour qui opposera donc le RN et Horizons (Ensemble), alors que la candidate LFI (NUPES), Nathalie Manchado, arrive 4ème. Olivier Falorni sauve les meubles pour le PRG en arrivant en tête de la 1ère circonscription de Charente-Maritime, devant le candidat EELV (NUPES), Jean-Marc Soubeste. Mais en dehors de cette demi-douzaine de cas particuliers en Métropole, les dissidents socialistes ont tous été éliminés au 1er tour, alors que presque 4 socialistes sur 5 se présentant sous l’étendard de la NUPES se sont qualifiés. L’union permet certes d’accéder plus facilement au 2ème tour, mais elle limite les réserves de voix au deuxième. On verra donc dimanche prochain si cette dynamique de 1er tour se confirme et permet au Parti socialiste de faire un peu mieux que sauver les meubles.

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