Pas de candidat Reconquête ! face à Ciotti : Muselier dénonce le « quadruple jeu » du LR
Le parti d’Éric Zemmour, qui a souvent fait des appels du pied au député Éric Ciotti, représentant d’une ligne conservatrice et identitaire au sein des Républicains, a choisi de ne pas investir de candidat aux législatives dans sa circonscription. Une situation sur laquelle ironise Renaud Muselier, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui était invité ce jeudi de notre matinale.

Pas de candidat Reconquête ! face à Ciotti : Muselier dénonce le « quadruple jeu » du LR

Le parti d’Éric Zemmour, qui a souvent fait des appels du pied au député Éric Ciotti, représentant d’une ligne conservatrice et identitaire au sein des Républicains, a choisi de ne pas investir de candidat aux législatives dans sa circonscription. Une situation sur laquelle ironise Renaud Muselier, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui était invité ce jeudi de notre matinale.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

L’appel à une grande coalition des droites, lancé par Éric Zemmour au lendemain de l’élection présidentielle, est resté sans réponse. Mais le polémiste a annoncé mardi, par un communiqué, que son parti Reconquête !, qui entend présenter 550 candidats dans toute la France aux scrutins des 12 et 19 juin prochains, n’avait investi personne dans la circonscription d’Éric Ciotti. Une situation qui fait grincer des dents dans les rangs LR, dans la mesure où le député des Alpes-Maritimes a toujours assumé une certaine proximité idéologique avec Éric Zemmour, allant jusqu’à dire qu’il aurait pu voter pour lui dans l’hypothèse d’un duel avec Emmanuel Macron. « Quand vous avez, en face de Monsieur Ciotti, Éric Zemmour qui ne se présente pas, cela l’aide mécaniquement pour survivre au second tour », a relevé jeudi matin, dans « Bonjour chez vous » sur Public Sénat, l’ex-LR Renaud Muselier. La droite pourrait subir une nouvelle défaite historique à ce scrutin.

« Cette situation prouve bien les dérives de mon ex-parti », poursuit le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui, après avoir brièvement apporté son soutien à Xavier Bertrand pour l’investiture LR à la présidentielle, a finalement claqué la porte du parti en novembre, fustigeant la ligne dure défendue par Éric Ciotti. « On excommunie systématiquement les personnes qui veulent travailler avec Emmanuel Macron, alors que cela fait partie de notre culture et de notre ADN d’additionner la droite et le centre. Mais quand quelqu’un de LR, membre de la commission nationale d’investiture, se retrouve de fait soutenu par Éric Zemmour, à ce moment-là on ne dit rien », déplore Renaud Muselier. Il dénonce ainsi « une dérive vers l’extrême droite » qui aurait poussé une partie des électeurs de LR à se tourner vers le chef de l’Etat.

« Vous croyez que Monsieur Ciotti, les choses lui arrivent par hasard, comme ça ? »

« Nous ne sommes fongibles ni dans le lepénisme, ni dans le macronisme », avait déclaré Christian Jacob, le président des LR, au lendemain du premier tour, alors que la droite s’interrogeait sur la position à adopter face au duel Marine Le Pen-Emmanuel Macron. Une forme de « ni-ni » qui a semé le trouble chez certains élus, déterminés à faire vivre le front républicain face à l’extrême droite. Dans la perspective des législatives, le parti a réaffirmé à plusieurs reprises son indépendance, repoussant notamment toute perspective d’alliance avec la macronie.

« Éric Ciotti n’a pas demandé à ne pas avoir de candidat d’Éric Zemmour face à lui, qu’aurait-il dû faire ? », a demandé notre journaliste Oriane Mancini à Renaud Muselier ce jeudi matin. « Comment savez-vous qu’il ne l’a pas demandé ? Vous croyez que Monsieur Ciotti, les choses lui arrivent par hasard, comme ça ? », lui a aussitôt répondu son invité. « C’est bizarre, on ne l’entend plus du tout en ce moment », ajoute-t-il. Relancé pour savoir s’il accusait le député des Alpes-Maritimes de jouer double jeu, l’ancien secrétaire d’Etat de Jacques Chirac balaye : « Il y a toujours un triple ou un quadruple jeu avec lui ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Sénat rejette le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en nouvelle lecture
9min

Politique

Protection de l’enfance examinée au Sénat en octobre : « Le texte aurait mérité d’être inscrit avant », pointe la sénatrice centriste Dominique Vérien

Face à l’émoi suscité par l’affaire Lyhanna, le gouvernement va profiter de l’examen du texte sur la protection de l’enfance pour ajouter de nouvelles mesures. Le Sénat n’examinera pas le texte avant le 8 octobre. Trop tard, pour la centriste Dominique Vérien. La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda, interroge surtout le recours à ce projet de loi. « Réagir par un texte sans lien avec l’affaire Lyhanna revient à faire de la loi un outil de communication », pointe la sénatrice LR.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
6min

Politique

Affaire Lyhanna : la proposition d’une peine de perpétuité pour les violeurs en série, laisse perplexe le monde judiciaire

A l’issue d’une réunion de crise avec plusieurs ministres sur les dysfonctionnements qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement. La proposition est difficilement applicable pour les magistrats et avocats.

Le

Liffre: Matthieu Pigasse at Le Souffle Breton
12min

Politique

Création d'une fondation, Radio Nova, festivals de musique...Revivez les temps forts de l'audition de Matthieu Pigasse au Sénat

Face à la commission d’enquête sénatoriale sur le financement privé des politiques publiques, ce 11 juin, le banquier d’affaires Matthieu Pigasse dit assumer son engagement en faveur de la « bataille culturelle », tout en affirmant défendre l'indépendance et l’identité des médias dont il est actionnaire. « Nous sommes un peu le petit village gaulois d’Astérix au milieu des milliardaires conservateurs », a-t-il insisté.

Le