Pas de pause des enquêtes sur des candidats durant la campagne pour Urvoas
"Rien ne justifierait" une pause des investigations visant des candidats à la présidentielle durant la campagne électorale,...

Pas de pause des enquêtes sur des candidats durant la campagne pour Urvoas

"Rien ne justifierait" une pause des investigations visant des candidats à la présidentielle durant la campagne électorale,...
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

"Rien ne justifierait" une pause des investigations visant des candidats à la présidentielle durant la campagne électorale, estime le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas dans un entretien au Journal du dimanche, sans exclure une mise en examen de François Fillon.

"Si dans le passé, pour l'audiencement d'une affaire, c'est-à-dire la fixation de la date du procès, il y a pu avoir des pauses électorales cela n'a jamais concerné la conduite des enquêtes", souligne-t-il au sujet de l'éventualité d'une "pause" ou d'une "trêve" électorale. "Il n'existe d'ailleurs aucun texte prévoyant une telle suspension. Quelle en serait d'ailleurs la raison? Au nom de quelle exception? À mes yeux, rien ne le justifierait."

La candidate du Front national à l’Élysée, Marine Le Pen, a refusé cette semaine de se rendre à une convocation de la police dans l'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants frontistes au Parlement européen, estimant que la période électorale ne permet "ni la neutralité ni la sérénité nécessaires au fonctionnement correct de la justice".

"Elle tourne le dos au droit. Il n'y a pas une justice pour les anonymes et une justice pour les gens célèbres!", proteste le garde des Sceaux, faisant mine de s'interroger: "Imaginons que pendant la campagne présidentielle, on ne puisse pas enquêter. Mais après la présidentielle, il y a les législatives. Et après, en septembre, les sénatoriales! À quel moment la justice pourrait-elle alors fonctionner normalement?"

Rien n'empêche donc les juges d'instruction chargés d'enquêter sur les soupçons d'emplois fictifs au sein de la famille de François Fillon de mettre en examen le candidat de la droite, lui demande le journal? "Ou de ne pas le mettre en examen", répond-il. "Le travail d'un juge d'instruction est de procéder à toutes les investigations nécessaires. S'il doit le faire qu'il le fasse."

Le ministre réfute à nouveau les accusations d'intervention ou de complot politique visant François Fillon ou Marine Le Pen, adversaires de la gauche au pouvoir. "Imaginer aujourd'hui que des instructions aient pu être ordonnées sur François Fillon ou Marine Le Pen est tout simplement absurde parce qu'illégal", assure-t-il, accusant en retour la droite de n'avoir pas permis de renforcer l'indépendance du parquet.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Militant Killed
5min

Politique

Marche en hommage à Quentin Deranque : quelles sont les règles pour interdire une manifestation ?

La marche prévue samedi à Lyon en hommage à Quentin Deranque, l’étudiant nationaliste frappé à mort il y a une semaine dans cette ville, fait craindre au maire écologiste Grégory Doucet « la présence de militants d’extrême droite » et demande son interdiction. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez a indiqué que l’évènement était autorisé. Quelles sont les règles en la matière ?

Le

France Militant Killed
2min

Politique

Mort de Quentin Deranque : le parquet requiert la mise en examen pour « homicide volontaire » de sept suspects

Lors d’une conférence de presse, jeudi, le procureur de Lyon Thierry Dran a requis la mise en examen de sept hommes pour « homicide volontaire » du militant nationaliste Quentin Deranque, frappé à mort en marge d’une conférence de l’eurodéputé LFI, Rima Hassan. Quatre des onze personnes interpellées, ont été remises en liberté.

Le