Passe sanitaire : quels sont les apports du Sénat ?
Le projet de loi instaurant le passe sanitaire a été adopté dimanche dans une version assouplie. A l’issue de plusieurs jours d’examen parfois intense, le Sénat est parvenu à imposer plusieurs allégements comme la suppression des licenciements.

Passe sanitaire : quels sont les apports du Sénat ?

Le projet de loi instaurant le passe sanitaire a été adopté dimanche dans une version assouplie. A l’issue de plusieurs jours d’examen parfois intense, le Sénat est parvenu à imposer plusieurs allégements comme la suppression des licenciements.
Public Sénat

Par la rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La majorité sénatoriale a tenu à adopter « une position d’extrême vigilance » lors de l’examen du projet de loi sur la gestion de la crise sanitaire qui impose de nouvelles restrictions telles que l’extension du passe sanitaire. Examiné au pas de charge, le texte adopté dimanche soir apparaît moins contraignant que la version présentée par le gouvernement.

Soucieux de parvenir à un texte « plus respectueux des libertés publiques », le Sénat a imposé des allègements notamment sur les sanctions prévues pour les salariés des établissements recevant du public ou les soignants en cas de non-présentation du passe sanitaire ou de non-respect de l’obligation vaccinale.

Le texte initial prévoyait la possibilité de licencier, au bout de deux mois, les professionnels exerçant auprès de personnes vulnérables si elles refusaient la vaccination obligatoire prévue pour ces professions. Une mesure jugée « disproportionnée » à la Haute assemblée qu’il lui a préféré un régime de sanctions plus progressif.

Pas de licenciement

« Seule la suspension du contrat de travail pour ceux qui sont au contact de personnes fragiles nous a paru envisageable », justifie le groupe Les Républicains, majoritaire au Sénat. La nouvelle version du texte prévoit donc une mise en congé pouvant se poursuivre par un congé sans solde durant deux mois, un délai qui peut être prolongé sans que le licenciement soit imposé.

« Le Sénat a laissé un délai supplémentaire d’un mois aux salariés confrontés à un public fragile de se faire vacciner sans craindre la suspension », expose le rapporteur du projet de loi, Philippe Bas (LR). Le report du couperet, du 15 septembre au 15 octobre, pour les professionnels déjà engagés dans une démarche vaccinale a également été retenu dans la version finale du texte.

La Haute assemblée est par ailleurs parvenue à imposer le retour de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 30 septembre 2021 pour permettre une intervention plus régulière du Parlement. « Nous ne pouvons permettre au gouvernement de maintenir, de sa propre initiative et à sa discrétion, pendant une durée de plus de cinq mois un régime d’exception frappant aussi massivement les Français dans leurs droits essentiels. Cela créerait un précédent dangereux », arguait Philippe Bas en séance ce week-end.

Des contrôles par l’Assurance maladie et les ARS

Concernant l’isolement obligatoire des personnes positives au covid pendant 10 dix jours, le Sénat a là aussi réussi à assouplir le dispositif. Le texte initial prévoit une interdiction de sortie du domicile sauf en cas d’urgence entre 10h et 12h ; des contrôles de police pouvant être effectués avec un recours possible devant le juge des libertés et de la détention. La version finale prévoit que les premiers contrôles seront diligentés par l’Assurance maladie et les ARS, en cas de suspicion de non-respect, le préfet pourra être saisi pour diligenter des contrôles sur place.

Le Sénat a aussi obtenu la création d’un fonds d’indemnisation pour les entreprises qui subiraient des pertes du fait de la baisse de fréquentation causée par le passe sanitaire.

La majorité sénatoriale n’a cependant pas réussi à exclure les terrasses du champ d’application du passe sanitaire ou à supprimer le passe sanitaire pour les mineurs. De même, l’exemption du passe sanitaire pour les centres commerciaux a été revue. La majorité sénatoriale avait voté un amendement levant l’obligation sanitaire en s’appuyant sur l’avis du Conseil d’État. Les juges du Palais Royal estimaient cette mesure attentatoire « aux libertés des personnes » en ce qu’elle touchait à l’acquisition « de biens de première nécessité, notamment alimentaires ».

Après d’âpres négociations en séance hier, il a été convenu que les préfets garderont la possibilité d’imposer le passe sanitaire dans ces lieux en cas de flambée épidémique, tout en préservant l’accès aux commerces et aux services essentiels.

Le Conseil constitutionnel, saisi par le gouvernement et les groupes d’opposition, doit désormais se prononcer sur le texte. La décision est attendue le 5 août. 

Partager cet article

Dans la même thématique

Passe sanitaire : quels sont les apports du Sénat ?
3min

Politique

Crise pétrolière : « Avec le transport maritime à la voile on est à 1g de CO2 par tonne de matériel transporté au km » se réjouit cet entrepreneur

Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.

Le

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le