Passeports, voyages: ce qu’a dit et n’a pas dit Alexandre Benalla devant la commission d’enquête du Sénat

Passeports, voyages: ce qu’a dit et n’a pas dit Alexandre Benalla devant la commission d’enquête du Sénat

L’ancien chargé de mission à l’Élysée a été entendu une deuxième fois ce mardi devant la commission d’enquête du Sénat. Il a été convoqué après de nouvelles révélations sur l’utilisation de passeports diplomatiques après son renvoi. À de nombreuses reprises, Alexandre Benalla a refusé de répondre aux sénateurs se retranchant derrière l'information judiciaire en cours.
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Les sénateurs seront sur la corde raide. Ils réentendent Alexandre Benalla, le chargé de mission à l’Élysée, déjà auditionné le 19 septembre 2018 par la commission d’enquête, pour comprendre sa place dans le dispositif de la sécurité à l’Élysée. La nouvelle convocation est motivée par les révélations dans la presse sur l’emploi de ses passeports diplomatiques. La semaine dernière, le directeur de cabinet du président de la République a révélé que l’ancien collaborateur avait « utilisé une vingtaine de fois les passeports diplomatiques entre le 1er août et le 31 décembre 2018 ». La déclaration est en contradiction avec les propos tenus par Alexandre Benalla, selon lesquelles ces documents se trouvaient encore à l’Élysée en septembre.

Les sénateurs devront donc faire preuve d’ingéniosité pour ne pas empiéter sur l’enquête judiciaire, Alexandre Benalla ayant été mis en examen pour « l’usage abusif » de ses passeports. L’évènement est à suivre en direct sur Public Sénat (canal numéro 13), son site internet et nos réseaux sociaux, à partir de 14h00. Retrouvez notre édition spéciale dès 13h30.

13h37: Arrivée d'Alexandre Benalla au Sénat

deuxième audition: arrivée d'Alexandre Benalla
00:07

14h09 : Alexandre Benalla prête serment

14H09 : Alexandre Benalla prête serment
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14H13:« Je tenais à remettre dans le contexte cette pseudo-affaire Benalla »

Deuxième audition Benalla: « Je tenais à remettre dans le contexte cette pseudo affaire Benalla »
07:10

Dans son propos liminaire, Alexandre Benalla a souhaité mettre fin « à un certain nombre d’approximations » dans ce qu’il nomme lui-même « l’affaire dite Benalla ». « On m’a d’abord présenté comme le tabasseur des gentils manifestants » (…) Aujourd’hui, ces deux personnes sont convoquées par la Justice pour répondre de faits de violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».

Si la commission d’enquête du Sénat n’a pas pour mandat de traiter des évènements du 1er mai, place de la Contrescarpe, Alexandre Benalla a souhaité néanmoins se justifier sur ses actes, ce jour-là. « J’ai pensé bien faire en vertu de l’article 73 du code de procédure pénale qui indique que n’importe quel citoyen est autorisé à appréhender l’auteur d’un crime ou d’un délit flagrant ».

Alexandre Benalla, a par la suite, déploré « la construction d’un personnage, d’un individu (…) sulfureux, diabolique, infréquentable (…) Je pense de manière très modeste avoir contribué à la construction de ce personnage par des propos que j’ai pu tenir hors contexte, mais aussi de par une attitude qui a peut-être été jugée décalée ». « Je tenais à remettre dans le contexte cette pseudo-affaire Benalla (…) qui n’avait qu’un seul but : atteindre le président de la République » a-t-il jugé.

L’ancien chargé de mission a souhaité faire état de ses sentiments depuis 6 mois. « Derrière la carapace, il y a un homme, sa femme, son fils, une situation personnelle assez troublée qui a fait que j’ai commis un certain nombre d’erreurs ». Toutefois, Alexandre Benalla prévient : « Je rencontre qui je veux, quand je veux et dans le cadre que je veux en fixant une limite morale que je garde pour moi ».

14H17. Passeports : « Je ne vous ai pas menti le 19 septembre » assure Benalla

Passeports : « Je ne vous ai pas menti le 19 septembre » assure Benalla
02:31

« Je vous le réaffirme solennellement (...), je ne vous ai pas menti le 19 septembre lorsque je vous ai dit que mes passeports étaient à l'Élysée, et encore une fois, je fais confiance à la justice (...) qui fait émerger un certain nombre de vérités sur des mensonges, des rumeurs, des contrevérités qui ont été développés ici ou là », a déclaré en préambule de sa deuxième audition, l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron.

Alexandre Benalla affirme, une nouvelle fois, avoir remis ses passeports sur demande de l’Élysée et du ministère des affaires étrangères « courant août 2018 ». Comment alors a-t-il pu les utiliser une vingtaine de fois cet automne et cet hiver, comme l’ont affirmé Patrick Strzoda et Jean-Yves le Drian devant la commission d’enquête la semaine dernière ?

« Ces passeports m’ont été remis à nouveau, alors que j’avais été contacté par un salarié de l’Élysée, début octobre 2018 (…) J’ai constaté que ces passeports et on m’a fait savoir que ces passeports n’étaient pas désactivés. Sinon, je n’aurais pas voyagé avec ces passeports » a-t-il affirmé.

À ce sujet, Alexandre Benalla reconnaît avoir commis « une faute », « un manque de discernement, une erreur sans doute ». « Je l’ai reconnu devant la justice ».

14h20. « Je n’avais aucun lien d’ordre professionnel avec une société de sécurité ou de défense », déclare Benalla, avant de dénoncer le comportement des médias qui le « harcèlent »

« Je n’avais aucun lien d’ordre professionnel avec une société de sécurité ou de défense », déclare Benalla
08:11

Le co-rapporteur Jean-Pierre Sueur redemande à Alexandre Benalla si ce dernier a été en lien avec une société privée liée à des activités de sécurité ou de défense. Alexandre Benalla est resté sur sa même ligne. « Je vais réaffirmer solennellement devant vous que je n’avais aucun lien d’ordre professionnel avec une société de sécurité ou de défense », a assuré l’ancien chargé de mission, en distinguant les liens professionnels des liens d’amitié qu’il pouvait avoir.

Alexandre Benalla a aussi démenti des propos attribués dans Libération sur des rendez-vous à l’Élysée avec l’homme d’affaires Vincent Miclet. « Devant vous aujourd’hui, je ne commenterai pas les articles de presse dans lesquels il y a tout et son contraire et beaucoup de contre-vérités. »

L’ancien collaborateur de la présidence affirme aussi ne pas connaître l’oligarque russe Iskander Makhmudov. « Je ne l’ai jamais rencontré. » Il précise également d’avoir jamais « contribué », ni n’avoir été « intéressé » au « moindre contrat » négocié par son ami Vincent Crase.

Alexandre Benalla explique aux sénateurs que la sécurité est un « tout petit milieu ». « Connaître des gens, c’est ce que vous pouvez me reprocher mais je connais beaucoup de gens oui. »

En revanche, il a refusé de donner des indications sur la nature de son travail à la sortie de l’Élysée. « C’est un ami qui m’a employé dans une mission qui restera confidentielle », déclare-t-il, avant de pointer du doigt le traitement médiatique :

« Jeté en pâture comme ça c’est irresponsable de la part des médias, qui depuis six mois me harcèlent, harcèlent mes proches et dont le seul intérêt est de connaître la couleur des chaussettes que je mets le mercredi ou le jeudi. Il faut juste à un moment me laisser tranquille. Je travaille, j’essaye de gagner ma vie par moi-même. »

Réinterrogé une nouvelle fois par Jean-Pierre Sueur, Alexandre Benalla répète que la mission était « confidentielle ». Et ajoute : « Ça ne concerne pas votre mission d’information, je ne répondrai pas à votre question. »

14h27. « C’est nous qui décidons si nos questions sont dans notre mandat ou pas », rappelle Philippe Bas

« C’est nous qui décidons si nos questions sontt dans notre mandat ou pas », rappelle Philippe Bas
05:01

« C’est nous qui décidons si nos questions sont dans notre mandat ou pas », rappelle le président Philippe Bas, précisant que Jean-Pierre Sueur « est dans son rôle », avant de rappeler les règles incombant aux personnes qui sortent de l’Élysée pour leurs nouvelles activités.

Alexandre Benalla a déclaré qu’il n’avait pas saisi la commission de déontologie. « Je ne l’ai pas fait, c’est une erreur de ma part », a-t-il reconnu. Il a expliqué ne pas avoir « été informé » de cette obligation par les services de l’Élysée avant un courrier reçu la semaine. Mais que cette information figurait dans son contrat. « Il serait intéressant de savoir combien de personnes quittant l’Élysée depuis plusieurs mandats – il faudrait s’intéresser au dernier mandat – ont saisi cette commission de déontologie. »

Face à l’absence de saisie de la commission de déontologie par Alexandre Benalla, Philippe Bas ironise : « Mais M. Benalla, vous n’avez pas de phobie administrative… Vous savez bien qu’il faut respecter un certain nombre de règles et c’était dans votre contrat de travail ».

14h40. Benalla sur son téléphone crypté Teorem : « J’ai respecté la procédure »

Benalla sur son téléphone crypté Teorem : « J’ai respecté la procédure »
01:02

Questionné ensuite sur le téléphone crypté Teorem, que l’Élysée lui avait confié, Alexandre Benalla explique l’avoir demandé pour des raisons de sécurité.

« Quand j’étais collaborateur du président de la République, dans mes fonctions, j’étais très soucieux des procédures et de la sécurité des communications. (…) Il m’a été attribué un téléphone Teorem » explique l’ancien chargé de mission. « J’ai respecté la procédure. Quand on a des discussions avec le préfet ou la gendarmerie », il vaut mieux ce type de téléphone, explique-t-il. « Il m’a été attribué ». « J’ai un respect pour les procédures de sécurité » insiste Alexandre Benalla.

Au sein de la chefferie de cabinet, il était donc le seuil à avoir un téléphone crypté. Le directeur de cabinet, Patrick Strzoda, a affirmé la semaine dernière devant la commission d’enquête ne pas en avoir.

Alexandre Benalla affirme aussi que l’Élysée a « découvert » le 4 octobre seulement qu’il avait encore le téléphone, quand son avocate a appelé « pour dire que j’en étais en possession ». Il soutient aussi qu’il n’a pas été utilisé depuis « le mois de juillet 2018 ».

14h43. Passeports diplomatiques : passe d’armes entre Alexandre Benalla et la commission d’enquête du Sénat

Passeports diplomatiques : passe d’armes entre Alexandre Benalla et la commission d’enquête du Sénat
10:46

À la question du co-rapporteur de la commission d’enquête, Jean-Pierre Sueur, qui a cherché à savoir pourquoi Alexandre Benalla a demandé le renouvellement d’un de ces passeports diplomatiques alors qu’il n’était plus en fonction et pourquoi il n’est pas passé par le service du protocole de l’Élysée pour cela, Alexandre Benalla a  refusé de répondre : « Je suis désolé Monsieur le sénateur, mais les conditions d’attribution, de détention et d’obtention ainsi que de restitution de ces passeports concernent l’information judiciaire en cours. Et j’aurai des questions des juges d’instruction qui sont saisis là-dessus donc je ne répondrai pas à ces questions devant votre commission. »

Le président de la commission d’enquête Philippe Bas, a alors rétorqué à Alexandre Benalla qu’il était obligé de répondre à ces deux questions : « Elles concernent le fonctionnement de l’État et non pas des fautes que vous auriez pu commettre et elles ne sont donc pas reliées à cette information judiciaire (…) Nous voulons savoir comment cette attribution a eu lieu (…) Vous êtes obligé d’y répondre. »

Réponse d’Alexandre Benalla : « Je suis désolé (…) car je ne pourrai pas répondre à cette question parce que, contrairement à ce que vous affirmez, la justice s’intéresse aux conditions de délivrance et d’obtention de l’ensemble des passeports, et pas seulement les passeports diplomatiques »

Jean-Pierre Sueur a réagi à son tour : « Notre question ne porte pas sur les passeports de service (…) il porte sur les conditions d’obtention du renouvellement d’un passeport, alors que vous êtes dans une institution (…) Ce n’est pas parce que la justice fait son travail que nous ne devons pas faire le nôtre (…) Nous sommes en droit de vous interroger sur la question de savoir pourquoi cela a été demandé alors que vous n’avez plus de titre à disposer d’un passeport diplomatique et pourquoi (…) a été contourné (…) le service du protocole de l’Élysée. »

Alexandre Benalla refusera de répondre une troisième fois à ces questions : « Étant très respectueux des institutions, je répondrai aux questions des magistrats instructeurs » s’est-il justifié.

« Ce n’est pas être très respectueux des institutions que de refuser de répondre aux questions qui vous sont posées par une commission d’enquête parlementaire » lui a répondu Philippe Bas. Et d’ajouter : « Je vois votre obstination à ne pas répondre à la commission d’enquête et je n’en comprends pas la raison. »

Après avoir, pour la quatrième fois, refusé de répondre à ces questions sur les passeports, Alexandre Benalla a ajouté : « Je suis assez inquiet de voir qu’une première fois devant votre commission, le directeur de cabinet du président de la République a évoqué que j’allais être convoqué dans les toutes prochaines heures. Ce qui pose quand même des questions sur l’indépendance des institutions. »

14h56. Alexandre Benalla a avisé « des membres de la Présidence de la République » de ses déplacements, mais refuse de donner des noms

14h56. Benalla a avisé « des membres de la Présidence de la République » de ses déplacements à l’étranger, sans toutefois donner de nom
10:57

Alexandre Benalla s’exprime à nouveau sur ses déclarations sur les passeports. En effet, une première fois, il a déclaré qu’ils étaient dans son bureau, une seconde fois, qu’ils étaient à l’Élysée. Alexandre Benalla refuse de répondre et souligne qu’il avait dit qu’il « pensait » que les passeports étaient à l’Élysée. Il poursuit : « Penser n’est pas affirmer. »

Sur la question de l’identité de la personne qui lui aurait remis les passeports, il refuse de répondre, précisant : « La justice dira comment et par qui [les passeports ont été restitués]. »

Sur l’utilité des passeports de service, en plus des passeports diplomatiques, il refuse également de répondre. Philippe Bas s’emporte : « Vous avez une conception large de l’information judiciaire. […] Je n’ai pas le pouvoir de vous faire parler. » Alexandre Benalla invoque son droit à « ne pas faire d’auto incrimination. » Il accepte de dire que « les passeports ont été délivrés normalement, sans qu’une objection quelconque n’intervienne. »

Sur ses déplacements à l’étranger, Alexandre Benalla reste tout aussi opaque. Il « refuse de commenter les articles de presse. » Il a, en effet, « avisé des personnes de ses déplacements. » Interrogé sur l’identité de ces dernières, il refuse de répondre, précisant seulement qu’il s’agit « de membres de la Présidence de la République. »

Lors de ses voyages, il a été reçu « en tant qu’Alexandre Benalla », précisant : « Contre mon gré, mon nom a acquis une notoriété jusqu’en Afrique. » Alexandre Benalla précise qu’il « ne remplissait aucune mission pour son ancien employeur ou en relation avec ses anciennes fonctions. » Il réaffirme : « Ces déplacements étaient à titre privé. »

15h15. Alexandre Benalla affirme avoir utilisé « 23 fois » ses passeports diplomatiques et « n’avoir bénéficié d’aucun avantage » aux passages des frontières

Alexandre affirme avoir utilisé « 23 fois » ses passeports diplomatiques
04:19

Le sénateur François Pillet (sénateur du Cher, rattaché au groupe LR) s’interroge sur le nombre de passeports octroyés à Alexandre Benalla. « Est-ce habituel d’avoir quatre passeports ? À quoi ça sert ? »

L’ancien chargé de mission a répondu qu’il en avait en réalité trois et que le quatrième avait été émis en 2016, « dans le cadre d’autres fonctions ». Il disposait de deux passeports diplomatiques pour des raisons « fonctionnelles », notamment pour la gestion des visas. C’est « habituel » de la part du ministère des Affaires étrangères, a-t-il souligné. Quant au passeport de service, il a affirmé que ce dernier a été « obtenu dans des conditions d’obtention normales et pour des raisons normales ».

« Si j’avais fait une demande qui aurait paru bizarre ou ubuesque, le ministère de l’Intérieur n’aurait pas délivré le passeport en question. »

Lors de ses déplacements, Alexandre Benalla a utilisé « 23 fois » ses passeports, « pour justifier son identité » aux passages frontières. « Ils ne m’ont fait bénéficier d’aucun avantage, si ce n’est à deux reprises du fast-track. Au lieu d’avoir la carte premium, je suis passé plus rapidement. » Il a ajouté : « J’ai été soumis à l’ensemble des contrôles, je suis passé aux portiques de sécurité, mes bagages sont passés aux rayons X. »

15h11 « Je ne détiens aucun secret, je ne fais aucun chantage »

Alexandre Benalla: « Je ne détiens aucun secret, je ne fais aucun chantage »
07:16

Devant la commission d’enquête du Sénat, Alexandre Benalla a assuré que ces voyages effectués dernièrement n’avaient pas pour but de transmettre des informations qui pourraient embarrasser l’État. « Je ne détiens aucun secret sur qui que ce soit, je ne fais aucun chantage » a-t-il affirmé.

Interrogé par le sénateur LR, François Grosdidier est revenu sur ses propos liminaires concernant la remise de ses passeports par un membre de l’Élysée. « Ils m’ont été remis début octobre et ils étaient utilisables (…) C’est une connerie de ma part de les avoir utilisés au vu de la polémique qui est sortie après (…) J’en assumerai la responsabilité devant la Justice » a-t-il reconnu.

Interrogé à de nombreuses reprises, il refuse de livrer l’identité de la personne à l’origine de cette restitution. Auparavant, Alexandre Benalla affirme avoir remis ses passeports à l’Élysée fin août, soit après l’inventaire de son bureau fait par Patrick Strzoda, le 2 août, au cours duquel comme il l’a indiqué aux sénateurs : « les passeports n’y étaient pas ».

En ce qui concerne ses déplacements, 23 au total depuis août, l’ancien chargé de mission explique « par courtoisie » « avoir informé en son nom propre des personnes à la présidence ».

François Grosdidier a, enfin, chercher à savoir si par des informations qu’Alexandre Benalla détenait, il n’aurait pas « indisposé la sphère administrative ou technocratique » lors de son voyage au Tchad.

« Je ne détiens aucun secret sur qui que ce soit, je ne fais aucun chantage. On essaye d’expliquer un certain nombre de dysfonctionnements de la part de l’État (…) mais il ne faut pas en déduire que tout ça est dû à un secret ou des secrets que je pourrais détenir. Je ne détiens aucun secret » a-t-il une nouvelle fois assuré. « J’essaye juste de reprendre une vie normale ».

Par la suite, Alexandre Benalla a indiqué à la sénatrice Esther Benbassa qu’il « était rentré au Tchad sans visa ». « Je n’ai pas fait de demande de visa pour rentrer au Tchad ».

Il a également révélé « n’avoir plus de contacts avec qui que ce soit avec la présidence de la République ou au parti de la République en Marche depuis le 24 décembre ».

15h20. Première lettre de licenciement écrite par Patrick Stzoda : « La lettre qu’il a écrite n’est pas la vérité », affirme Alexandre Benalla

Première lettre de licenciement écrite par Patrick Stzoda : « la lettre qu’il a écrite n’est pas la vérité », affirme Alexandre Benalla
01:34

Interrogé par Jérôme Durain (PS) sur la modification de la lettre de licenciement, Alexandre Benalla s’est expliqué sur ce sms envoyé au directeur de cabinet de la présidence, Patrick Strzoda. « Je lui ai dit que la lettre qu’il a écrite n’est pas la vérité. Et que je signe la réalité des choses. Je n’ai pas imposé mes vues. J’ai juste exercé un droit, qui est le droit à la vérité. »

Dans cette première mouture, il a expliqué que la lettre indiquait que « personne n’était au courant » de sa participation à son stage d’observation à la préfecture de police le 1er mai 2018. « Malheureusement, ce n’était pas la vérité », a dit aux sénateurs Alexandre Benalla. « Si on écrit un mensonge, je le dénonce et je veux juste vous faire constater que le courrier a été modifié et qu’il a suivi la réalité des faits. »

15h24. Alexandre Benalla : « Les propos de M. Strzoda ne sont pas tout à fait exacts »

Alexandre Benalla : « Les propos de M. Strzoda ne sont pas tout à fait exacts »
00:39

Alors qu’Alexandre Benalla affirme avoir utilisé ses passeports diplomatiques, d’abord du 1er au 7 août, avant de les rendre à l’Elysée, le président du groupe PS, Patrick Kanner, lui demande « comment y sont-ils repartis ? Etes-vous passé à l’Elysée, M. Strzoda nous ayant dit que vous n’avez pas mis les pieds à l’Elysée à partir du 1er août ? »

Réponse d’Alexandre Benalla : « Les propos de M. Strzoda ne sont pas tout à fait exacts. Mais sans rentrer dans des précisions qui concernent l’information judiciaire en cours, j’ai fait redéposer un certain nombre d’effets personnels, dont mes passeports diplomatiques, à un personnel salarié de l’Elysée, vers la fin août ».

15h36. Alexandre Benalla affirme qu’ « on [lui] a rendu les passeports utilisables et sans aucune interdiction de les utiliser »

15h36. Alexandre Benalla affirme qu’ « on [lui] a rendu les passeports utilisables et sans aucune interdiction de les utiliser »
09:52

Alexandre Benalla est interrogé sur le pin’s qu’il a rendu. Ce pin’s, précise-t-il, n’est « en aucun cas similaire à celui du GSPR [Groupe de sécurité de la présidence de la République]. » Ce pin’s « porte un numéro et est attribué nominativement sur instruction du directeur de cabinet. »

À propos de l’habilitation secret-défense, Alexandre Benalla a été habilité par le directeur de cabinet, à nouveau, suite à un rapport de la Direction générale de la sécurité intérieure. Il n’a toutefois pas été entendu, puisque l’audition n’intervient qu’en cas de problème.

Alexandre Benalla rappelle, une nouvelle fois, qu’il « n’avait aucune obligation d’informer la Présidence de ses déplacements. » Il l’a fait « par courtoisie », dans le but qu’il n’y ait « aucune interprétation. » Il a informé l’Élysée, a posteriori, pour « éviter la confusion » et « tenir informé de ce qu’il faisait à l’issue de son licenciement. »

Sur le téléphone Teorem, Alexandre Benalla rappelle que « c’est un outil qui coûte très cher » et qui est « très peu utilisé. » Il précise qu’il n’a pas retrouvé l’appareil « par hasard », mais bien « en cherchant chez lui » suite au courrier qu’il a reçu. Il rappelle également qu’il « l’a rendu de manière spontanée » par l’intermédiaire de son conseil.

Sur l’utilisation qui a été faite des passeports après son licenciement, Alexandre Benalla précise sa pensée. Selon lui, « on lui a rendu les passeports utilisables et sans aucune interdiction de les utiliser, si ce n’est un cadre moral. » Il reconnaît toutefois « une bêtise » de sa part, car ce n’était « pas normal » d’utiliser de tels passeports suite à la perte de sa fonction.

15h46. « Ce n’est pas le service du protocole qui prend la décision d’octroyer un passeport diplomatique »

Benalla : « Ce n’est pas le service du protocole qui prend la décision d’octroyer un passeport diplomatique »
00:37

« Ce n’est pas le service du protocole qui prend la décision d’octroyer un passeport diplomatique, ils ont un rôle de transmetteur entre la présidence de la République et le quai d’Orsay », c’est-à-dire le ministère des Affaires étrangères, explique Alexandre Benalla. « Vous avez fait votre demande directement au quai d’Orsay ? » lui demande Philippe Bas. « Ce n’est pas exactement comme ça, que ça s’est passé » répond l’ancien chargé de mission. Comment ? « Je le dirai à la juge d’instruction. (…) Ça fait partie de l’information judiciaire ».

15h50. Philippe Bas rappelle à Benalla que ne pas répondre devant une commission d’enquête « est passible de 2 ans d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende »

Philippe Bas rappelle à Benalla que ne pas répondre devant une commission d’enquête « est passible de 2 ans d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende »
02:30

Après un énième refus de répondre, Philippe Bas rappelle à Alexandre Benalla que « la personne qui refuse de déposer devant une commission d’enquête est passible de 2 ans d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende. Nous aurons à délibérer de la manière dont vous nous avez répondu ou plutôt de la manière dont vous ne nous avez pas répondu » prévient-il…

« Je suis persévérant et vous, vous êtes obstiné » résume Philippe Bas. Alexandre Benalla met en avant son souci de « la non auto-incrimination. A partir du moment où je vous parle sous serment, il y a des choses que je ne peux pas vous dire. (…) C’est mon droit et il faut le respecter. Quand une information judiciaire est ouverte, il y a des choses que je peux dire, d’autres que je ne peux pas dire. (…) Je réserve mes réponses à la justice. Je fais un choix qui est celui conseillé par mes avocats ».

15H53. Passe d’armes entre Philippe Bas et Alexandre Benalla : « Vous vous abritez derrière la mission de la justice quand ça vous arrange »

15H53. Passe d’armes entre Philippe Bas et Alexandre Benalla : « Vous vous abritez derrière la mission de la justice quand ça vous arrange »
02:44

Pour la énième fois, Alexandre Benalla a refusé de répondre à une question sur le bien-fondé de disposer d’un passeport de service eu égard à ses fonctions à l’Élysée. « M. Benalla, c’est curieux quand même, vous vous abritez derrière la mission de la justice quand ça vous arrange » a relevé Philippe Bas avant de poursuivre : « Vous avez fait tout à l’heure un long dégagement sur les actes qui vous sont reprochés le 1er mai pour les justifier… Alors là vous parlez d’une question que nous ne vous avons même pas posée et qui relève intégralement de la mission de la Justice ».

En guise de réponse, Alexandre Benalla s’en est pris à Patrick Strzoda et l’accuse « d’avoir fort opportunément » annoncé la garde à vue d’Alexandre Benalla devant la commission sénatoriale la semaine dernière. « J’ai le droit à une défense. J’ai le droit de ne pas m’incriminer (…) je vous donne mes réponses comme je l’entends ».

« C’est ce que nous constatons » a réagi Philippe Bas.

16h03. Alexandre Benalla : « Je n’ai pas, à l’occasion du déplacement avec Monsieur Philippe Hababou Solomon, perçu une rémunération spécifiquement pour ce voyage au Tchad. »

Alexandre Benalla : « Je n’ai pas, à l’occasion du déplacement avec Monsieur Philippe Hababou Solomon, perçu une rémunération spécifiquement pour ce voyage au Tchad. »
05:16

« Est-ce que vous êtes sûr que dans vos déplacements, il n’a jamais été question d’aucune des fonctions que vous avez exercées, que vous n’avez jamais été reçu en référence aux fonctions que vous avez exercées ? » a demandé Jean-Pierre Sueur à l’ancien adjoint du chef de cabinet du président de la République.

Alexandre Benalla lui a répondu qu’il ne voyait pas « le rapport entre le licenciement et l’impossibilité d’être reçu par un chef d’Etat étranger, qui est souverain ».

Philippe Bas a objecté que ce n’était pas le cas « si la commission de déontologie n’a pas été saisie pour s’assurer » que les nouvelles activités d’Alexandre Benalla « étaient conformes aux règles déontologiques. »

Alexandre Benalla a souhaité spécifier un point à la commission : « Je n’ai pas, à l’occasion du déplacement avec Monsieur Philippe Hababou Solomon, perçu une rémunération spécifiquement pour ce voyage au Tchad. » En revanche, il n’a pas voulu répondre à la commission, qui le rétribuait et pour quel travail, à ce moment-là : « Cela ne vous concerne pas » a-t-il dit à la commission.

Jean-Pierre Sueur a alors rétorqué à Alexandre Benalla que ces informations concernaient la commission d’enquête : « A partir du moment où l’on est dans les six mois qui suivent l’exercice d’une fonction importante, la loi prévoit une obligation de saisir la commission de déontologie pour parler des activités. »

Alexandre Benalla a réinsisté sur le fait que cela ne regardait que lui, en dehors de la commission de déontologie.

« Le fait que vous ne répondiez pas engendre forcément le soupçon » a alors estimé Jean-Pierre Sueur. 

16h09. Philippe Bas informe que Vincent Crase a demandé le huis clos

16h09. Philippe Bas informe que Vincent Crase a demandé le huis clos
00:56

Le président Philippe Bas fait sortir les non-membres de la Commission des lois, ainsi que tous les journalistes, pour délibérer d’un éventuel huis clos pour l’audition de Vincent Crase.

Normalement, les auditions de la Commission des lois sont publiques, mais le huis clos peut être prononcé par dérogation.

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Politique

Nouveau Front populaire : des parlementaires ne voient pas d’issue avant la fin de l’été

La gauche est toujours dans l’impasse, deux semaines après le résultat des législatives. Les quatre principaux partis du Nouveau Front populaire ne sont toujours pas parvenus à se mettre d’accord autour d’un nom partagé de tous pour Matignon. Plusieurs parlementaires estiment ces divisions contreproductives, en l’absence d’appel de l’Élysée.

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