Patrimoine immobilier de l’État : le Sénat présente ses mesures pour une gestion « soutenable »
Dans un rapport présenté à la commission des finances du Sénat mercredi dernier, l’ex sénateur LR de la Savoie, Michel Bouvard, et Thierry Carcenac, sénateur PS du Tarn, ont formulé des propositions  pour une politique immobilière de l’État « soutenable et efficace ».

Patrimoine immobilier de l’État : le Sénat présente ses mesures pour une gestion « soutenable »

Dans un rapport présenté à la commission des finances du Sénat mercredi dernier, l’ex sénateur LR de la Savoie, Michel Bouvard, et Thierry Carcenac, sénateur PS du Tarn, ont formulé des propositions  pour une politique immobilière de l’État « soutenable et efficace ».
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

À l’heure actuelle, les  75 millions de m2 dont l’État est propriétaire sont gérés par la Direction de l’immobilier de l’État (ex France Domaine), mais chaque ministère conserve son budget dédié à son propre patrimoine immobilier.  Un partage de gestion problématique du fait de « la vision très patrimoniale de chaque ministère », selon le sénateur socialiste. Autrement dit, chacun tire la couverture à lui pour bénéficier des ressources « insuffisantes » de l’État dédiées à l’entretien, la rénovation énergétique et l’accessibilité de ces biens. Des dépenses essentiellement financées par les recettes tirées des ventes du patrimoine immobilier de l’État.

Privilégier les baux emphytéotiques

« On ne peut pas vendre tous les bijoux de famille », remarque Thierry Carcenac. Et d’ajouter : « Si on ne fait que de la cession de patrimoine, les meilleurs immeubles ou bâtiments vont disparaître et on n’arrivera pas à restructurer notre parc. » L’État est toutefois loin d’avoir vendu la totalité de son patrimoine puisque, depuis 2005, il n’a vendu que 11% de ses actifs. L’alternative proposée par le rapport serait de multiplier les baux emphytéotiques (baux de longue durée, à l’issue desquels les constructions ou améliorations réalisées par le locataire deviennent la propriété du bailleur), ce qui permettrait à l’État de conserver la propriété des biens immobiliers tout en tirant des revenus de la location « pour rénover le patrimoine » immobilier de l’État.

Mais pour rénover, encore faut-il savoir les biens qui doivent l’être - le rapport dénonce des données « incomplètes » - et les mesures de rénovation qu’ils nécessitent - « il faut améliorer la connaissance de l’état du parc immobilier de l’État ». « On commence à avoir une fiabilisation du parc », assure Thierry Carcenac. Toutefois, l’état de nombreux biens reste encore inconnu alors qu’ « il faudrait avoir une fiche technique par immeuble » précise le sénateur. Des informations indispensables, notamment pour procéder à la rénovation énergétique.

Centraliser la gestion du patrimoine immobilier de l’État

Ce que proposent Michel Bouvard et Thierry Carcenac dans leur rapport, c’est donc « que l’État reprenne son rôle d’aménageur global », à savoir de centraliser par la direction de l’immobilier de l’État la politique immobilière de celui-ci. « Il faut avoir une vision globale «  du patrimoine immobilier de l’État, pas ministère par ministère », rappelle le sénateur. Et de conclure : « Peut-être qu’à terme, il faudrait aller vers une société foncière publique. »

Une rencontre avec Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, est prévue pour la semaine prochaine.

Partager cet article

Dans la même thématique

Patrimoine immobilier de l’État : le Sénat présente ses mesures pour une gestion « soutenable »
3min

Politique

Après son arrivée chez Grasset, relié à Vincent Bolloré, Boualem Sansal assure ne « pas du tout » se rapprocher de l’extrême-droite 

Invité de la matinale de Public Sénat ce mardi 14 avril, Boualem Sansal est revenu sur son récent départ de Gallimard, son éditeur historique, vers Grasset, relié au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Interrogé sur ce choix et sur d’hypothétiques liens avec l’extrême-droite, l’écrivain franco-algérien assure ne « pas du tout » se rapprocher de ce camp politique et dit « picorer » ses idées « à droite » et « à gauche ».

Le

36071660134
5min

Politique

« La République a besoin de votre voix » : au Sénat, collégiens et lycéens dissertent sur la liberté d’expression lors d’un concours d’éloquence

Plusieurs dizaines de collégiens et lycéens, principalement originaires de Seine-Saint-Denis, se sont affrontés lors de la 8ème édition du Concours d'éloquence de la jeunesse, lundi 13 avril, au Sénat. L’occasion de philosopher sur les limites de la liberté d’expression et d’ « affirmer sa place dans la société », comme les y a invités le sénateur Ahmed Laouedj.

Le

Paris mouvement des avocats contre le projet de loi SURE
6min

Politique

Justice criminelle : devant le Sénat, les avocats, en colère, dénoncent « un problème démocratique » et demandent le « retrait du texte »

Plusieurs centaines d’avocats ont manifesté leur rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, qui démarre son examen au Sénat lundi. Au premier rang des griefs du texte soulevés par la profession, l’instauration d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits.

Le