Pêche dans la Manche : Aller au contentieux « n’est pas une réponse à la situation actuelle », réagit Alain Cadec
L’exécutif veut aller au contentieux contre le Royaume-Uni, dans l’affaire des licences de pêche britanniques qui n’ont pas été accordées après le Brexit. La France va demander à la Commission européenne d’engager une procédure. Le sénateur LR Alain Cadec demande, lui, des réponses immédiates pour les pêcheurs en attente.

Pêche dans la Manche : Aller au contentieux « n’est pas une réponse à la situation actuelle », réagit Alain Cadec

L’exécutif veut aller au contentieux contre le Royaume-Uni, dans l’affaire des licences de pêche britanniques qui n’ont pas été accordées après le Brexit. La France va demander à la Commission européenne d’engager une procédure. Le sénateur LR Alain Cadec demande, lui, des réponses immédiates pour les pêcheurs en attente.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Cette fois, l’heure n’est plus aux menaces. Emmanuel Macron, qui recevait ce 17 décembre les présidents des comités de pêche à l’Élysée et les présidents des régions bordant la Manche et la mer du Nord, a promis d’engager un bras de fer juridique avec le Royaume-Uni. « Nous demanderons dans les prochains jours à la Commission européenne d’engager un contentieux, une procédure juridique pour les licences auxquelles nous avons droit, qui sont les plus prioritaires, les plus importantes », a annoncé le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune, à l’issue de la rencontre. Après des mois passés à agiter l’épouvantail de mesures de rétorsion, la France veut désormais passer à l’action.

En vertu de l’accord signé fin 2020 entre Londres et l’Union européenne, les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans les eaux britanniques s’ils prouvent qu’ils y pêchaient auparavant. Depuis près d’un an, Français et Britanniques se disputent sur la nature et l’ampleur des justificatifs à fournir pour décrocher les licences de pêche. « 73 licences sont encore en attente » (sur un total de 1 100 demandes), a précisé la ministre de la Mer Annick Girardin. Selon Clément Beaune, la France va demander « à la Commission européenne dans les tout prochains jours de réunir le Conseil de partenariat […] pour dire aux Britanniques que c’est un problème européen, qu’ils ne respectent pas à 100 % l’accord ».

Le Conseil de partenariat est un organe, constitué de représentants européens et britanniques, qui doit garantir l’application de l’accord de commerce et de coopération conclu entre Bruxelles et Londres. Si aucun accord à l’amiable n’est trouvé, un tribunal arbitral devra trancher en dernier recours.

« C’est à la Commission européenne de mettre en œuvre des moyens plus rapides qu’un contentieux traditionnel »

Si le gouvernement entend poursuivre sa « pression politique », le sénateur Alain Cadec (LR), qui a publié un rapport deux jours auparavant sur la situation de la pêche française dans l’après-Brexit, ne se satisfait pas de la perspective d’un recours devant le Conseil de partenariat. Jamais cette instance n’a été réunie jusqu’à présent. « À part de la communication ce matin à l’Élysée, il ne s’est rien passé. Un contentieux auprès de l’Union européenne, ça va prendre deux ans. Ça n’est pas une réponse à la situation actuelle », regrette l’ancien député européen. Le parlementaire breton affirme que des réponses plus efficaces sont possibles. « C’est à la Commission européenne de mettre en œuvre des moyens plus rapides qu’un contentieux traditionnel. Il y a des réponses plus rapides, c’est dans le traité. »

En parallèle de l’ouverture d’une procédure, le gouvernement a promis des indemnisations aux pêcheurs. « Le président souhaite que sur le plan d’accompagnement des pêcheurs (qui n’auront pas eu de licences), nous soyons précis sur l’aide individuelle, et qu’on fasse du cousu main, cas par cas, bassin par bassin », a promis Annick Girardin. Un « Monsieur accompagnateur » doit être nommé la semaine prochaine.

Encore échaudé par le plan de sortie de flotte imagé par le ministère de la Mer cet automne, le sénateur Alain Cadec se montre prudent. Pour rappel, le gouvernement avait annoncé, en pleine période de négociations avec Londres, la possibilité d’indemniser des pêcheurs en échange de la destruction d’un navire, dans les cas où ils n’auraient pas obtenu de licence.

« Le président de la République annonce des possibilités de financement. Ce n’est pas ce que demandent les pêcheurs. Ils demandent des licences, pas des euros. Il faut faire plier les Britanniques, entraîner l’Union européenne derrière nous. Manifestement, cela a l’air compliqué pour le président de la République et nos représentants », s’agace le sénateur.

Partager cet article

Dans la même thématique

Rally at Place de la Republique for the release of activists from the Global Sumud Flotilla
7min

Politique

Garde à vue de Rima Hassan : comment fonctionne l’immunité parlementaire des eurodéputés ?

L’eurodéputée Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi. Ressortie libre dans la soirée, elle, sera jugée le 7 juillet prochain devant le tribunal correctionnel pour « apologie de terrorisme », en raison d’un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X. La procédure a entraîné de nombreuses questions au regard de l’immunité parlementaire qui protège les députés européens.

Le

Session of questions to the government at the Senate
3min

Politique

Un nouveau projet de loi contre le séparatisme pour renforcer l’arsenal de 2021

Le gouvernement prépare un nouveau texte législatif visant à renforcer la lutte contre le séparatisme, dans la continuité de la loi adoptée en 2021. Présenté fin avril en Conseil des ministres, ce projet entend combler certaines limites identifiées par l’exécutif, notamment en matière de contrôle des structures et de protection des mineurs.

Le

Paris: Gerard Larcher elu President du Senat
9min

Politique

Sénatoriales : le groupe PS s’attend à une stabilité ou à un léger recul

Après les municipales, le PS espère conserver sa place de second groupe de la Haute assemblée, à l’issue des sénatoriales de septembre. « Je parie sur la stabilité », affirme Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes. Le sénateur du Nord n’exclut cependant pas le scénario du pire, qui serait « une perte sensible » de « 5 sièges ». Le groupe compte aujourd’hui 65 membres.

Le