Pédophilie dans l’Église : « Ce serait l’honneur du Sénat que de pouvoir traiter un sujet aussi sensible dans notre pays » déclare Patrick Kanner
Les sénateurs PS ont déposé leur demande de création d’une commission d’enquête sur la pédophilie dans l’Église au Sénat. Public Sénat a obtenu en exclusivité l'intitulé de cette commission.

Pédophilie dans l’Église : « Ce serait l’honneur du Sénat que de pouvoir traiter un sujet aussi sensible dans notre pays » déclare Patrick Kanner

Les sénateurs PS ont déposé leur demande de création d’une commission d’enquête sur la pédophilie dans l’Église au Sénat. Public Sénat a obtenu en exclusivité l'intitulé de cette commission.
Public Sénat

Par Yann Quercia

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

C'est une information Public Sénat. Les sénateurs PS ont déposé leur demande de création d’une commission d’enquête sur la pédophilie dans l’Église au Sénat. Cette demande de commission porte « sur le traitement des abus sexuels sur mineurs et des faits de pédocriminalité commis dans une relation d'autorité, au sein de l'église, en France. » Le Président du groupe socialiste au Sénat rappelle que cette commission n’empiétera pas sur la justice : « Le périmètre est très circonscrit. Il ne s’agit pas d’empiéter sur la justice (…) Nous voulons voir si des pratiques, des comportements, ont fait que des enfants et des familles n’ont pas pu s’exprimer devant la justice par crainte de la hiérarchie religieuse ou par honte. »

« Nous pensons qu’une intervention extérieure permettra de faire avancer les choses »

Dimanche 30 septembre, une pétition, initiée par l’hebdomadaire Témoignage Chrétien, demandait « la création d’une commission d’enquête parlementaire afin de faire toute la transparence sur les crimes de pédophilie et leur dissimulation dans l’Église catholique ». Patrick Kanner affirme que cette commission d’enquête doit répondre à cet appel : « Nous avons répondu à une forme d’appel au secours de Témoignage Chrétien. Ils nous ont dit: aidez-nous. L’Église est là mais elle  est en grande difficulté avec des faits qui sont répréhensibles. Nous pensons qu’une intervention extérieure permettra de faire avancer les choses et notamment de mettre la lumière sur un ce qui est peut-être un système d’étouffement, de dissimulation organisé. »

Le sénateur socialiste espère que la commission des lois de la Haute Assemblée, présidée par Philippe Bas (LR), juge cette demande recevable : « J’espère que nous aurons une majorité et que l’on ne nous opposera pas d’irrecevabilité sur un problème de société que nous voulons traiter avec la justesse qui est la nôtre. Ce serait l’honneur du Sénat, du Parlement que de pouvoir traiter un sujet aussi sensible dans notre pays. »

Une commission d’enquête peut porter « sur des faits déterminés »

Une commission d’enquête peut porter sur l’État, les services publics, les entreprises publiques ou encore les sujets de société. Ce qui est vaste. Selon l’article 6 de l’ordonnance de 1958, relative au fonctionnement des assemblées parlementaires, « les commissions d'enquête sont formées pour recueillir des éléments d'information soit sur des faits déterminés, soit sur la gestion des services publics ou des entreprises nationales ».

Quand un groupe politique demande la création d’une commission d’enquête, le droit de tirage est de droit. Mais avant que la commission soit officiellement entérinée par le vote d’une proposition de résolution dans l’hémicycle, la commission permanente compétente doit juger de la recevabilité de la commission d’enquête. En l’occurrence ici, ce serait la commission des lois, présidée par le sénateur LR Philippe Bas. En général, la commission ne s’oppose pas aux demandes.

Il peut arriver en revanche qu’il y ait un désaccord au sein d’une commission d’enquête, qui doit être composée proportionnellement entre les groupes politiques. Le président et le rapporteur de la commission d’enquête doivent appartenir à la majorité et à l’opposition. Il est déjà arrivé que les deux soient en désaccord au terme des travaux. Le rapport de la commission d’enquête n’est alors pas adopté à l’unanimité, voire n’est pas adopté, ce qui est rare.

Partager cet article

Dans la même thématique

Pédophilie dans l’Église : « Ce serait l’honneur du Sénat que de pouvoir traiter un sujet aussi sensible dans notre pays » déclare Patrick Kanner
2min

Politique

Présidentielle : « Il faudra que les sociaux-démocrates et les modérés de la droite républicaine se retrouvent, car ce sera la seule façon de s’opposer aux extrêmes », plaide Hervé Marseille

Le président du groupe Union centriste du Sénat, allié des LR à la Haute assemblée, ne ferme pas la porte à un rapprochement « à un moment donné » avec les sociaux-démocrates, tels que François Hollande ou Bernard Cazeneuve, « un homme tout à fait respectable », afin de battre « les extrêmes », avance le président de l’UDI.

Le

Pédophilie dans l’Église : « Ce serait l’honneur du Sénat que de pouvoir traiter un sujet aussi sensible dans notre pays » déclare Patrick Kanner
3min

Politique

Crise chez Grasset : la ministre de la Culture ouvre la porte à la création d’une clause de conscience pour les auteurs

Interrogée par la sénatrice Sylvie Robert (PS), auteure d’une proposition sur le sujet, la ministre de la culture Catherine Pégard s’est dite favorable à étudier création d’une clause permettant aux auteurs de quitter avec plus de facilité leur maison d’édition en cas de changements imposés par la direction. Une réponse à la crise ouverte chez Grasset par le renvoi de son président Olivier Nora par la direction d’Hachette, aux mains de Vincent Bolloré.

Le

Pédophilie dans l’Église : « Ce serait l’honneur du Sénat que de pouvoir traiter un sujet aussi sensible dans notre pays » déclare Patrick Kanner
3min

Politique

Audiovisuel public : les nouveaux contrats d’objectifs et de moyens « présentés à l’été au Parlement », affirme Catherine Pégard

Après une commission d’enquête tendue, à l’Assemblée, sur l’audiovisuel public, le président de la commission de la culture du Sénat, Laurent Lafon, regrette que le gouvernement ait abandonné son texte qui créait une holding de l’audiovisuel public. « Je ne crois pas au statu quo », lui a répondu la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Le

Pédophilie dans l’Église : « Ce serait l’honneur du Sénat que de pouvoir traiter un sujet aussi sensible dans notre pays » déclare Patrick Kanner
2min

Politique

« Ils ont servi la France jusqu’au sacrifice suprême » : le Sénat rend hommage aux deux soldats français tués au Liban

A l’initiative de Gérard Larcher, le Sénat a observé ce mercredi une minute de silence en hommage à Florian Montorio et Anicet Girardin, les deux soldats français victimes d’une embuscade en tant que membres de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). L’occasion pour le président du Sénat de renouveler son soutien au gouvernement libanais.

Le