Héritier autoproclamé de François Hollande dont il veut défendre avec force le bilan durant la primaire de la gauche, Vincent Peillon cultive...
Peillon dans le costume de Hollande, sans l’étiquette Valls
Héritier autoproclamé de François Hollande dont il veut défendre avec force le bilan durant la primaire de la gauche, Vincent Peillon cultive...
Par Jérémy MAROT
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Héritier autoproclamé de François Hollande dont il veut défendre avec force le bilan durant la primaire de la gauche, Vincent Peillon cultive dans le même temps soigneusement sa différence avec Manuel Valls, pourtant lui aussi dépositaire du quinquennat écoulé.
C'est une drôle de querelle de succession entre deux anciens ministres de François Hollande -"les deux frères du hollandisme" selon Arnaud Montebourg- qui aimeraient s'arroger le positionnement stratégique du président au centre du Parti socialiste, afin de maximiser leurs chances de rassemblement.
Dans cette course à l'héritage, Vincent Peillon a su s'infiltrer dans l'espace libéré par le renoncement du chef de l'Etat à briguer un second mandat, avant que Manuel Valls, figure de l'aile droite du PS, ne tente d'impulser un opportun coup de barre à gauche.
"Un certain nombre de socialistes ne se reconnaissaient pas dans l'offre politique", explique un député proche de Vincent Peillon. "Il y avait l'aspiration à trouver un candidat qui incarne ce que Hollande ne peut plus incarner, à savoir une position centrale à gauche".
Vincent Peillon et Manuel Valls lors des questions au gouvernement, le 14 janvier 2014
AFP/Archives
Voilà donc l'ancien ministre de l'Education nationale (2012-2014) dans les chaussures de François Hollande, pronostiquant que "les Français vont réapprécier la personne et le bilan" de l'actuel chef de l'Etat et réhabilitant à l'envi la majeure partie de son action, avant de présenter son propre "projet", le 6 janvier.
Une situation un peu incongrue pour ce visiteur régulier de l'Elysée, qui rappelle que Vincent Peillon "a rarement été un soutien de François Hollande lorsqu'il était à la tête du PS".
D'ailleurs, dans sa profession de foi de candidat publiée mardi, M. Peillon ne cite pas le nom du chef de l'Etat... tout en appelant à "assumer" "ce que nous avons fait". Une façon de séparer l'homme et l'action.
- Les "brutalités" de Valls -
"Un pays comme la France qui a rétabli ses comptes publics et sociaux sans attaquer le modèle social, c'est unique", vantait ainsi M. Peillon la semaine dernière dans Le Monde, en s'enthousiasmant des "réformes de progrès" effectuées.
Parfois, le "nous" fait son apparition quand il faut mettre en avant telle ou telle mesure, alors même que M. Peillon siégeait au Parlement européen de Strasbourg ou enseignait la philosophie à Neuchâtel (Suisse), loin du tumulte de la politique intérieure.
Exemple sur l'écologie: "ce que nous faisons dans ce combat très important est passé sous silence", déplorait-il la semaine passée en louant les mérites de la COP21, adoptée en décembre 2015, de la loi sur la transition énergétique d'août 2015 ou de celle sur la biodiversité d'août 2016.
Et quand il s'agit d'émettre des réserves, elles portent davantage sur les orientations de Manuel Valls, son goût pour les "questions identitaires" ou ses "brutalités, comme le 49-3 lors de la loi travail".
Avec l'ancien Premier ministre, "j'ai des désaccords d'orientation économique, des désaccords sur l'Europe, sur les débats de société", a renchéri lundi M. Peillon.
Et il ne manque pas de souligner qu'il a "quitté le gouvernement" quand M. Valls en a pris la tête, en avril 2014. Un départ davantage présenté comme une éviction à l'époque, alors que son image avait été ternie par la bronca -en partie venue de la droite- autour de la réforme des rythmes scolaires. La nuance permet toutefois à M. Peillon d'afficher sa distance avec M. Valls.
L'ancien Premier ministre se retrouve-t-il pour autant borduré, enfermé à droite de la gauche ? C'est en tout cas lui qui, après avoir à la fois clamé sa loyauté à François Hollande tout en menant une intense campagne d'empêchement, a raflé la majorité des soutiens socialistes s'identifiant à la gauche gouvernementale. Et apparaît comme favori de la primaire, à un mois du premier tour.
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