Le sénateur LR et ancien ministre auprès du ministre de l’Intérieur, François-Noël Buffet est « favorable » à la proposition émise par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat.
Quatre jours après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, battu par plusieurs personnes en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Lyon, onze personnes ont été interpellées dont un assistant parlementaire du député insoumis Raphaël Arnault. L’ensemble du personnel politique appelle désormais le mouvement de Jean-Luc Mélenchon à exclure de son groupe parlementaire le jeune élu. Raphaël Arnault est par ailleurs le fondateur du groupe d’ultragauche « La Jeune Garde », cité dans l’enquête sur le meurtre de Quentin Deranque.
Rebondissant sur la récente proposition d‘Emmanuel Macron d’assortir les condamnations pour propos ou actes antisémites d’une peine complémentaire d’inéligibilité, Gérald Darmanin a fait part de sa volonté d’élargir ce dispositif « à toute personne condamnée pour avoir encouragé à la violence physique. » « Pour que jamais des gens d’ultra-gauche ou d’ultra-droite puissent être naïvement acceptés dans les rangs de formations politiques, et que plus jamais, ni à l’Assemblée, ni au Sénat, nous ayons des gens qui jouent contre la République à l’intérieur de la République », a-t-il martelé.
« La question sera de savoir comment et dans quelles conditions les choses sont écrites. Mais il me paraît parfaitement légitime que l’on puisse prospérer sur ce texte », a soutenu François-Noël Buffet. « Il n’est pas acceptable compte tenu de la connaissance que nous avons de l’action politique menée par l’ultra gauche voire de l’extrême gauche, que l’on puisse considérer que des propos haineux, qui incitent à la commission de crimes […] puissent permettre à une personne d’être élue dans une assemblée quelle qu’elle soit. Ça me paraît parfaitement normal. C’est une nécessité d’intérêt publique », a-t-il ajouté.
L’ancien ministre considère que l’action menée par la France Insoumise « vise à déstabiliser notre République ». « Ils n’acceptent pas le dialogue et le discours, ils sont là pour imposer leur point de vue. Ce n’est pas la démocratie ».
Le sénateur du Rhône envoie un message à la gauche, en particulier au PS « qui ne peut accepter de se lier avec des gens qui prônent la haine et la violence ».