Pénicaud concède aux syndicats une hausse des indemnités de licenciement
Le gouvernement fait un geste en direction des syndicats, en s'engageant à "augmenter les indemnités légales" de licenciement en...

Pénicaud concède aux syndicats une hausse des indemnités de licenciement

Le gouvernement fait un geste en direction des syndicats, en s'engageant à "augmenter les indemnités légales" de licenciement en...
Public Sénat

Par Jean-Philippe CHOGNOT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Le gouvernement fait un geste en direction des syndicats, en s'engageant à "augmenter les indemnités légales" de licenciement en septembre, parallèlement aux ordonnances réformant le code du travail. Saluée par la CFDT et FO, cette annonce inquiète la CPME.

"Je propose (...) à l'ensemble des députés de soutenir la proposition du gouvernement d'augmenter les indemnités légales pour la totalité des salariés qui perdent leur emploi", a déclaré jeudi la ministre du Travail Muriel Pénicaud en séance de nuit à l'Assemblée nationale, lors de l'examen du projet de loi d'habilitation à réformer le droit du travail par ordonnances.

Techniquement, cette augmentation serait mise en place "en septembre par mesure réglementaire", a-t-elle précisé, demandant par conséquent le retrait d'un amendement du député Aurélien Taché (REM) en ce sens.

La ministre n'a toutefois pas précisé l'ampleur de la hausse.

La revalorisation des indemnités de licenciement est une revendication de la CFDT et de FO, alors qu'aujourd'hui, les indemnités de licenciement ne peuvent être inférieures à 1/5 de mois de salaire par année d'ancienneté, auquel s'ajoutent 2/15 de mois par année au-delà de 10 ans.

- Un doublement ? -

"C'est une bonne chose", a salué Michel Beaugas (FO) auprès de l'AFP, faisant remarquer que la France est pour l'instant "en-dessous de la moyenne européenne". La question a été évoquée mardi lors d'une rencontre bilatérale entre FO et le cabinet de Mme Pénicaud et "ça pourrait aller jusqu'au doublement", comme le réclame le syndicat.

Selon M. Beaugas, cette mesure, qui n'est tout de même "pas la panacée", compenserait en partie le plafonnement des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif, rejeté par tous les syndicats et qui pourrait "être assez bas".

Quant à Véronique Descacq (CFDT), elle a fait part de sa "satisfaction", tout en attendant de "voir quel sera le niveau de l'augmentation".

Son syndicat demande de "passer les indemnités à 1/2 mois de salaire par année d'ancienneté", soit un peu plus qu'un doublement, et de prévoir des indemnités "même avant un an d'ancienneté", ce qui nécessite "un amendement au projet de loi d'habilitation" selon Mme Descacq.

Plus réservée, la CGT y voit une "mesure de diversion". "Même si on double ces montants, ce n'est pas du tout +désincitatif+ au licenciement, tellement le montant est faible", a estimé Sophie Binet.

- La CPME inquiète -

Ce geste en direction des syndicats intervient après une série d'annonces à rebrousse-poil. Ces dernières semaines, les organisations syndicales avaient fustigé les décisions du gouvernement sur les fonctionnaires (gel du point d'indice, rétablissement du jour de carence...) et pour simplifier le compte pénibilité.

Les syndicats s'étaient aussi élevés contre la future fusion des instances représentatives du personnel (IRP) et la possibilité, envisagée par le gouvernement, de permettre aux employeurs de PME de négocier avec des délégués du personnel non mandatés par des syndicats.

L'annonce de Mme Pénicaud a, en revanche, été accueillie fraichement côté patronal, la Confédération des PME (CPME) "s'inquiétant" dans un communiqué d'une "augmentation du coût du licenciement". L'organisation patronale demande au gouvernement de sortir du "flou" qui entoure le niveau de cette hausse et celui du plafonnement des indemnités prud'homales.

La ministre du Travail a justifié sa décision par la volonté qu'il y ait "beaucoup plus de conciliation" et "donc beaucoup plus de raisons de concilier".

"Ca veut dire d'abord des procédures de conciliation, ça veut dire ensuite les incitations fiscales et sociales que vous avez votées tout à l'heure, et la question des indemnités légales se pose", a-t-elle poursuivi, faisant valoir que la France est "un des pays" qui a "un niveau d'indemnités légales, et souvent conventionnelles par conséquence, qui est plus bas que la moyenne".

En parallèle de l'examen parlementaire du projet de loi d'habilitation, le cabinet de la ministre poursuit sa concertation avec les partenaires sociaux. Le processus doit aboutir, d'ici au 21 septembre, à la publication des ordonnances.

Partager cet article

Dans la même thématique

Session of questions to the government at the National Assembly
2min

Politique

Budget : Sébastien Lecornu a choisi le recours au 49.3

Après un week-end de réflexion, le Premier ministre va annoncer en Conseil des ministres le recours au 49.3 pour faire passer le budget 2026. Après avoir concédé de nombreux gestes en direction des socialistes, Sébastien Lecornu a obtenu de leur part un accord de non-censure. Le chef du gouvernement revient donc sur son engagement de ne pas avoir recours à cet article, mais évite la voie plus brutale des ordonnances.

Le

Formal opening session of the Court of Cassation
5min

Politique

Budget des collectivités : le gouvernement tend la main au Sénat en proposant un effort contenu aux alentours de 2 milliards d’euros

Dans la dernière ligne droite du marathon budgétaire 2026, le gouvernement ne souhaite pas prolonger plus que nécessaire la navette parlementaire en cas de recours à l’article 49.3. Pour que les sénateurs ne reviennent pas sur la copie qui serait validée par l’Assemblée, le gouvernement a limité l’effort demandé aux collectivités « un marqueur du Sénat ».

Le

Pénicaud concède aux syndicats une hausse des indemnités de licenciement
3min

Politique

Municipales à Paris : « Je regrette qu'on ne soit pas unis derrière la candidature de Rachida Dati », expose Aurore Bergé

À quelques semaines des élections municipales 2026, les rangs macronistes avancent en ordre dispersé à Paris. Aurore Bergé, ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, soutient Rachida Dati. « C’est elle qui peut gagner », estime la responsable sur Public Sénat ce lundi. Une position contraire à celle de son parti, Renaissance, qui s’est allié au candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel.

Le