Pénicaud interpellée sur une plus-value d’un million réalisée quand elle était chez Danone
La ministre du Travail Muriel Pénicaud a été interpellée jeudi au Sénat sur une plus-value boursière d'un million d'euros...

Pénicaud interpellée sur une plus-value d’un million réalisée quand elle était chez Danone

La ministre du Travail Muriel Pénicaud a été interpellée jeudi au Sénat sur une plus-value boursière d'un million d'euros...
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La ministre du Travail Muriel Pénicaud a été interpellée jeudi au Sénat sur une plus-value boursière d'un million d'euros réalisée lorsqu'elle était patronne des ressources humaines chez Danone au moment où le groupe s'apprêtait à supprimer 900 emplois.

Cette plus-value "a été réalisée grâce à une flambée boursière en faveur de Danone suite à l’annonce de la suppression de 900 emplois", a accusé Éliane Assassi, présidente du groupe Communiste, dans un rappel au règlement lors de l'examen du projet de loi sur la réforme par ordonnances du code du travail.

"Ce point est extrêmement grave sur le plan éthique, et peut-être sur le plan juridique, car de par vos fonctions vous avez organisé ce plan social et en avez récolté les fruits pour votre profit personnel", a-t-elle jugé. "De là à parler de délit d’initié, il n’y a qu’un pas", a ajouté la sénatrice, soulignant que ces révélations dans L'Humanité surviennent alors que le gouvernement "se livre à des comptes d’apothicaire pour serrer de plusieurs crans la ceinture de notre peuple".

La ministre lui a répliqué: "Nous sommes ici pour fabriquer la loi, non pour répandre des approximations démagogiques à propos de personnes singulières".

Si "chacun peut avoir son appréciation sur le niveau de la rémunération des dirigeants de grandes entreprises internationales", elle a assuré qu'"il s'agit d'une rémunération décidée plusieurs années avant le plan de départs volontaires que vous citez, qui a concerné 233 personnes".

"Si j'ai des choses à ajouter, je le ferai savoir en un autre temps, en un autre lieu. Restons-en aux faits, et à la loi qui nous occupe", a conclu Mme Pénicaud.

En plein débat sur la moralisation à l'Assemblée, l'Insoumise Danielle Obono a lancé, L'Humanité en main: "je vous enjoins à lire (...) ce qui est révélé dans ce journal sur des opérations que, je pense, nous devrions prévenir". Adrien Quatennens (LFI) a tweeté: "Les suppressions d'emplois sont un business lucratif, un secteur plein d'avenir ! La ministre du Travail en sait quelque chose...".

Le communiste Sébastien Jumel a renchéri sur une ministre "disqualifiée" sur les ordonnances. Alors que celles-ci pourraient déboucher sur "une grave" dérégulation des contrats courts, "Mme Pénicaud peut-elle vraiment discuter avec le monde du travail, syndicats et élus?", a demandé son groupe dans un communiqué.

"La ministre du Travail est disqualifiée pour parler organisation du travail et emploi", a dénoncé le député communiste du Nord Alain Bruneel.

"La ministre Pénicaud, qui a cyniquement empoché plus d'un SMIC par salarié licencié chez Danone, doit avoir la décence de partir !", a dénoncé dans un tweet le vice-président du FN Florian Philippot.

L'ex-candidat PS à la présidentielle Benoît Hamon a ironisé sur Twitter: "La très sociale Muriel Pénicaud a réalisé une plus-value personnelle de 1.266€ par salarié licencié chez Danone". Et le député Régis Juanico, un de ses proches, jugé "l'esprit de la loi travail résumé".

Selon des chiffres du rapport financier annuel de Danone de 2013 cités par L'Humanité, Mme Pénicaud a réalisé 1,129 million d'euros de plus-value le 30 avril 2013, en une journée, alors que Danone s'apprêtait à supprimer 900 emplois de cadres, dont 230 en France.

La transaction portait sur un lot de 55.120 actions acquises 34,85 euros l'unité - cours de l'action en 2009, très inférieur à celui d'avril 2013 -, et revendues aussitôt 58,41 euros l'unité.

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