Pensions alimentaires: un outil pour en finir avec les mauvais payeurs
Pour recouvrer les impayés et retards de pensions alimentaires, une agence a été lancée vendredi par le gouvernement, complétant...

Pensions alimentaires: un outil pour en finir avec les mauvais payeurs

Pour recouvrer les impayés et retards de pensions alimentaires, une agence a été lancée vendredi par le gouvernement, complétant...
Public Sénat

Par Jessica LOPEZ

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Pour recouvrer les impayés et retards de pensions alimentaires, une agence a été lancée vendredi par le gouvernement, complétant ainsi le dispositif d'aide et d'accompagnement des parents isolés. Comment ça marche ? Qui sera concerné ?

- Comment ça marche ?

Dans 30 à 40% des situations, les pensions alimentaires ne sont pas versées, ou partiellement, selon des chiffres du ministère des Familles.

L'Agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (Aripa) va permettre d'aider à percevoir la pension, qui représente environ 18% des ressources d'un parent solo.

En France, 1,7 million de famille, une sur cinq, sont monoparentales. Dans 85% des cas, la mère est la cheffe de famille.

L'agence prend la forme d'un site internet pour trouver "des informations faciles et pertinentes" ( ou ) et d'un numéro d'appel national (0821 22 22 22) pour connaître ses droits, a présenté la ministre des Familles, Laurence Rossignol.

Gérée par la Caisse nationale d'allocation familiale (Cnaf) et la Mutuelle sociale agricole (MSA), elle va mutualiser leurs compétences et les accroître, permettant notamment, si le recouvrement amiable a échoué, de prélever directement les sommes sur salaire ou compte en banque.

Elle pourra recouvrer jusqu'à 24 mois d'impayés, contre six mois avant la réforme.

Près de 350 personnes seront dédiées à l'Aripa dans les CAF et à la MSA.

- Qui peut en bénéficier ?

Toute personne n'ayant pas reçu sa pension alimentaire pourra contacter l'Aripa dès le premier mois d'impayé, contre deux mois auparavant.

Seules 10% des victimes d'impayés s'adressaient auparavant aux CAF ou à la MSA. Ce nouvel outil pourrait aider 30.000 personnes sur un année, selon la Cnaf.

Les hommes et femmes à nouveau en couple pourront également y prétendre pour recouvrer les pensions alimentaires non payées.

Pour les cas de séparation après des violences conjugales, cet organisme pourra être désigné par le juge comme receveur de la pension et la reversera ensuite à l'allocataire.

"Beaucoup de personnes, surtout des femmes, renonçaient à la réclamer car il faut entrer en contact avec son conjoint. L'intermédiation va permettre a plus de personnes d'oser", a espéré Mme Rossignol.

Concrètement pour Jennifer, une allocataire de la CAF des Yvelines qui préfère rester anonyme, ce nouveau dispositif "enlèvera une bonne épine du pied".

Cette femme de 37 ans, n'a pas touché un centime depuis sa séparation en septembre. "C'est compliqué de savoir à quoi on a droit", explique à l'AFP cette mère de trois enfants, dont une fillette avec son ex-compagnon violent. "Quand on a subi des violences, on a peur et on veut juste protéger nos enfants. On ne veut plus entendre parler de son ex."

- Qu'est-ce que ça change ?

L'Aripa vient élargir le dispositif de garantie contre les impayés de pensions alimentaires (GIPA), expérimenté depuis l'été 2014 et généralisé en 2016, qui permet aux parents isolés de percevoir un complément d'Allocation de soutien familial (ASF) pour pallier le non-versement d'une pension alimentaire.

Chaque année, 740.000 personnes touchent cette allocation. Selon une récente enquête de la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf), plus de 4.700 parents percevaient, en mars 2016, un complément dans les 20 départements ayant expérimenté le Gipa. Depuis son instauration, le taux de recouvrement est passé de 43% fin 2014 à 59% au premier trimestre 2016.

Début 2018, l'Agence se dotera d'une mission supplémentaire en reconnaissant les accords amiables passés entre parents après une rupture de concubinage ou de Pacs, c'est-à-dire sans décision d'un juge aux affaires familiales, pour recouvrer les sommes impayées.

Un barème fixant des montants de pension alimentaire est disponible sur le site.

"Il est juste d'aider les familles monoparentales, il est juste que l’État recouvre ces sommes, mais il est juste aussi que les mauvais payeurs payent", a estimé Mme Rossignol.

    Partager cet article

    Dans la même thématique

    Pensions alimentaires: un outil pour en finir avec les mauvais payeurs
    5min

    Politique

    Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

    Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

    Le

    Paris: Examens projets de loi Senat
    8min

    Politique

    Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

    Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

    Le

    Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
    7min

    Politique

    L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

    À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

    Le