Pesticides : « Derrière, il y a tout le système qui fait lobby » se désole Joël Labbé
Joël Labbé, sénateur écologiste rattaché RDSE du Morbihan, s’exprime sur l’assouplissement de la production de pesticides destinés à l’exportation, votée par le Sénat.

Pesticides : « Derrière, il y a tout le système qui fait lobby » se désole Joël Labbé

Joël Labbé, sénateur écologiste rattaché RDSE du Morbihan, s’exprime sur l’assouplissement de la production de pesticides destinés à l’exportation, votée par le Sénat.
Public Sénat

Par Marion D'Hondt

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Joël Labbé rappelle que la loi EgAlim avait « réussi à faire interdire la production et la commercialisation » de pesticides interdits en France et en Europe. Jusqu’à présent, ces pesticides étaient produits en France et commercialisés dans les pays du Sud.

Le sénateur trouve « indécent » que la loi Pacte revienne sur cette mesure. Il rappelle que ces pesticides sont interdits parce qu’ils sont « mauvais pour la santé, l’environnement et la biodiversité. » Pourtant, alors qu’ils sont interdits ici, ils sont vendus à l’étranger. Pour lui, cette situation est « scandaleuse. »

Joël Labbé rappelle que le Code l’Environnement prévoit « la non-régression » en matière d’environnement, c’est-à-dire que ce qui a été voté ne peut être abrogé. Pourtant, constate-t-il, « on balaye d’un revers de vote des décisions qui ont déjà été prises par le Parlement. »

Le sénateur explique ce recul par « la pression sur les élus. » Pour lui, les élus qui ont de l’industrie sur leur territoire sont victimes de « lobbying direct avec un chantage à l’emploi. »

Le sénateur entend l’argument des emplois en jeu, mais il a « du mal à y croire », dans la mesure où « les entreprises devront faire leur transition. » Pour lui, sur le sujet des pesticides, « on ne peut pas reculer indéfiniment. »

Emmanuel Macron a déjà reculé sur la question du glyphosate. Pour Joël Labbé, le Président « renonce, par rapport à sa propre parole et son propre engagement. » Mais il n’est pas étonné, car « c’est tout le système qui fait lobby. »

Joël Labbé craint que la mesure adoptée au Sénat ne soit reprise à l’Assemblée. Il regrette le départ de Nicolas Hulot, qui était « une garantie. » Actuellement, il reconnaît « ne plus savoir » et « espère que les élus de la majorité ne vont pas se renier eux-mêmes. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le