Taxe Zucman : après les députés, les sénateurs écologistes à l’offensive sur le projet d’impôt de 2 % sur la fortune des plus riches
Credit:STEPHANE DUPRAT/SIPA/2303082138

Pesticides, mégabassines : que contient la proposition de loi Duplomb examinée en commission mixte paritaire ?

Etudiée cet après-midi en commission mixte paritaire, la proposition de loi « visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur », aussi appelée proposition de loi Duplomb, du nom de son co-auteur, fait l’objet depuis plusieurs mois de vives contestations. Mais que contient ce texte ?
Camille Gasnier

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La proposition de loi visant à « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur », déposée en novembre dernier par Laurent Duplomb (Les Républicains) et Franck Menonville (Union centriste) est aujourd’hui discutée en commission mixte paritaire, instance qui réunit 7 députés et 7 sénateurs dans l’objectif de trouver un compromis. Elle s’inscrit dans le projet de loi d’orientation agricole et reprend diverses propositions formulées par la FNSEA.

Le parcours législatif de ce texte a été semé d’embûches : après un examen au Sénat, la proposition de loi a été rejetée à l’Assemblée nationale avec l’adoption d’une motion de rejet préalable soutenue par les députés du socle commun, partisans du texte. L’objectif était de contourner les 3500 amendements déposés par le groupe Ecologiste et social et La France insoumise. Soutenu par la ministre de l’Agriculture, il est contesté par certains agriculteurs, des associations de protections de l’environnement et des scientifiques. Ce week-end, une mobilisation organisée par le Collectif Nourrir a réuni plusieurs milliers de personnes dans près de 60 000 villes en France. Ce lundi, un « banquet paysan » a eu lieu à côté du Sénat pour dénoncer son contenu.

  • La réintroduction de l’acétamipride, un néonicotinoïde interdit en France depuis 2018

L’une des dispositions phares : la réintroduction de l’acétamipride, un pesticide appartenant à la catégorie des néonicotinoïdes. Initialement autorisée par l’Union européenne à titre provisoire jusqu’en 2033, cette substance avait finalement été interdite en France en 2018. Une exception demeurait : son application aux exploitations de betteraves sucrières. Au départ, le texte prévoyait une réintroduction globale de l’acétamipride. Cependant, lors de l’examen de la proposition de loi au Sénat, un compromis a été trouvé entre les sénateurs et le gouvernement. L’acétamipride sera ainsi uniquement utilisé par voie de dérogation, si son utilisation est limitée dans le temps et dans le cas où il n’existe pas d’alternatives à ce produit.

  • Une augmentation de l’influence du gouvernement sur les décisions de l’ANSES

L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) est également concernée. Cette instance a notamment pour mission d’évaluer la dangerosité des pesticides, et décide de l’autorisation de leur mise sur le marché. La proposition de loi envisage ainsi d’accroître les prérogatives du gouvernement sur le travail de l’agence sanitaire. A l’origine, le texte prévoyait un pouvoir de suspension des décisions de l’ANSES.

  • Des dispositions relatives aux élevages

Autre mesure : la hausse des seuils d’autorisations environnementales des élevages. En effet, à partir d’un certain seuil, les élevages doivent être déclarés.

  • Mégabassines

Le texte veut également qualifier « d’intérêt général majeur » les stockages d’eau qui répondent « à un enjeu de stress hydrique pour l’agriculture » et qui ont été « décidés localement, dans un cadre concerté ». L’objectif est de faciliter le stockage d’eau pour l’irrigation des cultures.

Enfin, la proposition de loi de Laurent Duplomb et Franck Menonville souhaite supprimer la séparation des activités de vente et de conseil dans le secteur phytosanitaire.

Cet après-midi, en cas d’accord des députés et sénateurs au sein de la commission mixte paritaire, un vote aura lieu au Sénat et à l’Assemblée nationale. Cette commission, majoritairement composée de parlementaires partisans du texte, devrait être conclusive.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le

Pesticides, mégabassines : que contient la proposition de loi Duplomb examinée en commission mixte paritaire ?
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le

France Drugging Trial
3min

Politique

Condamnation de Joël Guerriau : Gérard Larcher a promis à Sandrine Josso de développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher a reçu l’élue mercredi soir pendant une heure. Le président du Sénat s’est engagé à développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs.

Le