« Pétain n’a pas failli à l’honneur », de Gaulle « horrible source de souffrance », J.M. Le Pen sort ses mémoires
Le maréchal Pétain "n'a pas failli à l'honneur en signant l'armistice" en 1940 et le général de Gaulle "reste une horrible source...

« Pétain n’a pas failli à l’honneur », de Gaulle « horrible source de souffrance », J.M. Le Pen sort ses mémoires

Le maréchal Pétain "n'a pas failli à l'honneur en signant l'armistice" en 1940 et le général de Gaulle "reste une horrible source...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le maréchal Pétain "n'a pas failli à l'honneur en signant l'armistice" en 1940 et le général de Gaulle "reste une horrible source de souffrance pour la France", estime Jean-Marie Le Pen, cofondateur du Front national, dans le premier tome de ses mémoires dont Le Parisien et Le Point ont publié des extraits en ligne mardi.

Philippe Pétain, devenu président du Conseil en juin 1940, "était légal et légitime, il avait passé avec le Reich un acte régulier et contraignant", écrit M. Le Pen dans "Fils de la nation", à paraître aux éditions Muller le 28 février.

"Que l’on puisse discuter ensuite de la politique de collaboration, de ses fautes, de ses excès, à condition qu’on examine les fautes et les excès de tous, je le veux bien, mais cela ne remet pas en cause ce que je viens de décrire". "Si de Gaulle a eu de la vista, Pétain n’a pas manqué à l’honneur en signant l’armistice".

"L’opinion majoritaire était d’ailleurs que la France avait besoin d’une épée et d’un bouclier contre les Allemands et je l’ai partagée longtemps, jusqu’au jour où l’écoute de la radio de Londres m’en détrompa. Il m’apparut vite que pour les gaullistes de micro, l’ennemi était à Vichy plus qu’à Berlin. Les Français parlaient aux Français pour leur enseigner plus la haine du maréchal que celle d’Hitler. J’en fus atterré. Je ne comprenais pas pourquoi. La raison était pourtant simple: il fallait que de Gaulle abaissât Pétain pour monter lui-même", estime M. Le Pen.

Charles de Gaulle "reste pour moi une horrible source de souffrance pour la France", écrit l'ancien président du FN qui relate la première fois où il l'aperçut, en 1945 dans le Morbihan: "Je serrai cette main indifférente. Il me parut laid et dit quelques banalités à la tribune tendue de tricolore. Il n’avait pas une tête de héros. Un héros doit être beau. Comme saint Michel ou le maréchal Pétain. J’étais à nouveau déçu".

"En apparence il y a deux de Gaulle, le rebelle de 1940 et le chasseur de rebelles de 1961. Mais tous les deux, ensemble, forment pour moi un faux grand homme dont le destin fut d’aider la France à devenir petite", juge-t-il.

M. Le Pen revient également sur la torture pratiquée en Algérie. "L’armée française revenait d’Indochine. Là-bas, elle avait vu des violences horribles qui passent l’imagination et font paraître l’arrachage d’un ongle pour presque humain. (...) Cette horreur, notre mission était d’y mettre fin. Alors, oui, l’armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d’Alger, mais les moyens qu’elle y employa furent les moins violents possibles".

"Y figuraient les coups, la gégène et la baignoire, mais nulle mutilation, rien qui touche à l’intégrité physique". "Il est plus que ridicule, il est pervers, il est profondément immoral, de jeter l’opprobre sur des hommes qui ont le courage d’utiliser sur ordre, pour obtenir le renseignement qui sauvera des civils, des méthodes brutales qui leur pèsent, qui leur coûtent", poursuit M. Le Pen, qui ajoute que "ni [lui], ni [s]es camarades n’ét[aient] nullement chargés des interrogatoires spéciaux. (...) C’est du bidon, évidemment du bidon, qui ne résiste pas à la plus rapide des analyses".

M. Le Pen explique également avoir perdu son œil gauche en montant un chapiteau pour un meeting de Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle de 1965.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Weekly session of questions to the government
3min

Politique

Après la nomination controversée d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes : les sénateurs socialistes déposent un texte pour encadrer son mandat

Nommée par Emmanuel Macron à la tête de la Cour des comptes, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin qui va disposer d’un mandat irrévocable, pourrait rester rue de Cambon une trentaine d’années. C’est trop pour les sénateurs socialistes qui ont déposé une proposition de loi pour limiter son mandat.

Le

Sciences Po Lyon
5min

Politique

Mort de Quentin : vers la fin des réunions politiques dans les universités ?

Après la mort du militant nationaliste, Quentin Deranque, le gouvernement a appelé les présidents d’universités à interdire les réunions politiques dans leurs établissements en cas de risque de trouble à l’ordre public. Un rappel du droit existant qui fait craindre une « neutralisation des campus ».

Le

« Pétain n’a pas failli à l’honneur », de Gaulle « horrible source de souffrance », J.M. Le Pen sort ses mémoires
4min

Politique

Mort de Quentin : « Un jeune perd la vie, quelles que soient ses idées politiques, c’est inacceptable » déclare le sénateur David Ros

La mort de Quentin Deranque, 23 ans, survenue samedi 14 février à Lyon, deux jours après une violente agression en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à l’Institut d’études politiques de Lyon, a suscité une vive émotion et des réactions en cascade au sein de la classe politique. L’enquête pour « homicide volontaire », ouverte par le parquet de Lyon, se poursuit sans interpellation à ce stade. La question a notamment été évoquée lors des réunions hebdomadaires des groupes au Sénat.

Le

Elysee Palace : Emmanuel Macron welcomes European Council President Antonio Costa
3min

Politique

Les sénateurs communistes veulent réduire les pouvoirs du Président de la République

Mercredi 25 février, les communistes du Sénat défendront une proposition de loi constitutionnelle visant à « restreindre certaines prérogatives du Président de la République ». Il s’agit de retirer des prérogatives du chef de l’Etat et de les transférer au Premier ministre, comme le pouvoir de dissolution ou encore la présidence du Conseil des ministres.

Le