Dix pages d'argumentaire en réponse aux deux millions de signatures de la pétition climat: le gouvernement a répondu vendredi à la "requête...
Pétition climat: le gouvernement répond aux ONG, pas satisfaites
Dix pages d'argumentaire en réponse aux deux millions de signatures de la pétition climat: le gouvernement a répondu vendredi à la "requête...
Par Amélie BOTTOLLIER-DEPOIS
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Dix pages d'argumentaire en réponse aux deux millions de signatures de la pétition climat: le gouvernement a répondu vendredi à la "requête préalable" des ONG qui menacent de le poursuivre pour "inaction climatique", les laissant toutefois sur leur faim.
Quatre ONG (la Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France) avaient adressé le 17 décembre cette requête préalable au gouvernement, accusant l'État de "carence fautive" par son "action défaillante" pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Après les avoir reçues jeudi matin à Matignon, le Premier ministre s'était engagé à répondre avant l'échéance des deux mois.
"Vous êtes plus de deux millions à avoir signé la pétition +l'affaire du siècle+. C'est historique. Je salue cette mobilisation d'une importance inégalée et partage votre impatience, votre aspiration à aller plus vite, plus loin, plus fort pour le climat", écrit vendredi le ministre de la Transition écologique François de Rugy dans une lettre accompagnée d'un mémo de dix pages détaillant les actions de la France.
Mais il rejette l'accusation d'inaction, également portée par des jeunes qui appellent à manifester devant son ministère vendredi après-midi.
Le ministre de la Transition écologique François de Rugy à l'Elysée, le 13 février 2019
AFP
"La France s'est mobilisée pour répondre à l'urgence climatique" et "nous nous donnons les moyens" d'atteindre l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050, assure-t-il, même si "à l'évidence, cette action devra être complétée, prolongée et amplifiée dans la durée".
Mais si "l'enjeu climatique doit devenir la nouvelle matrice de nos politiques publiques", les moyens à mettre en œuvre "sont loin de susciter une adhésion évidente et systématique de la part des citoyens", souligne le ministre. Il faudra donc "mener une bataille de conviction sans précédent" pour ces changements qui "bousculent nos modes de vie".
- Jeunesse mobilisée -
Le ministre s'est d'ailleurs réjoui sur Franceinfo de la mobilisation des jeunes générations en souhaitant qu'elles "commencent à convaincre leurs parents", n'allant toutefois pas jusqu'à soutenir l'appel à la grève mondiale de l'école lancé pour le 15 mars par l'adolescente suédoise Greta Thunberg.
La militante écologique suédoise Greta Thunberg, le 25 janvier 2019 à Davos, en Suisse
AFP/Archives
Concernant les moyens d'action, "la taxe carbone est un outil nécessaire pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Mais vous le savez, la fiscalité écologique rencontre de nombreuses oppositions", indique-t-il d'autre part dans sa lettre, alors que le gouvernement a fermé la porte à une nouvelle hausse de cette taxe en partie à l'origine de la crise des "gilets jaunes".
Les quatre ONG se sont étonnées vendredi de la méthode du ministère, regrettant une réponse "médiatique" tombée "sans que nos organisations n'en soient informées".
Carte de France métropolitaine des émissions de gaz à effet de serre, par commune
AFP/Archives
"Nous (...) attendons maintenant la réponse formelle du gouvernement, que nous étudierons en détail avec nos avocats", ont-elles écrit dans un communiqué, notant de "premiers éléments de réponse décevants" qui "laissent peu d'espoir quant à l'intention du gouvernement d'être à la hauteur de l'enjeu climatique".
"Les trajectoires actuelles nous font rater nos objectifs de réduction d’émissions en 2020, de même que ceux d'efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables" et "aucune nouvelle mesure, ni changement de cap ne sont clairement annoncés", ont-elles insisté.
Jeudi, après un entretien avec le Premier ministre dont elles avaient tiré les mêmes conclusions, elles s'étaient dites "déterminées" à déposer leur recours en justice.
"L'affaire du siècle se règlera devant les tribunaux", avaient-elles indiqué, notant que le recours attendu pour mars tiendrait compte des éléments figurant dans la réponse formelle.
Le mémo de dix pages publié par le ministère détaille les mesures prises par l'État contre le changement climatique dans divers domaines, de la production énergétique aux transports, en passant par l'agriculture ou l'isolation des bâtiments.
"Ces mesures commencent à porter leurs fruits : les émissions de l’année 2018 devraient être à nouveau orientées à la baisse, avec des consommations d’énergie plus faibles", assure-t-il, alors qu'elles avaient augmenté en 2017.
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