Pétition sur la limitation de la chasse : le Sénat crée une mission
La pétition visant à interdire la chasse les dimanches et mercredis, est en passe de recueillir le cap des 100 000 signatures sur la plateforme du Sénat. Le Sénat qui prend les devants et se saisit de la question en créant une mission qui entendra les différentes parties prenantes.

Pétition sur la limitation de la chasse : le Sénat crée une mission

La pétition visant à interdire la chasse les dimanches et mercredis, est en passe de recueillir le cap des 100 000 signatures sur la plateforme du Sénat. Le Sénat qui prend les devants et se saisit de la question en créant une mission qui entendra les différentes parties prenantes.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Une pétition intitulée « Morts, violences et abus liés à la chasse : plus jamais ça ! », déposée par le collectif « un jour un chasseur » est en passe d’atteindre les 100 000 signatures sur le site du Sénat. La pétition demande linterdiction de la chasse les mercredis et dimanches, un renforcement des règles de sécurité, un contrôle des armes de chasse et des comportements à risque, un renforcement des sanctions pénales et la reconnaissance des victimes de la chasse par l’État. Comme nous l’écrivions vendredi, selon le règlement du Sénat, les pétitions d’origine citoyenne doivent atteindre 100 000 signatures en 6 mois pour déclencher une action parlementaire. C’est donc chose faite. Pour autant, le sésame des 100 000 signatures nentraîne pas obligatoirement lexamen dune proposition de loi. La commission des lois a récemment confirmé le principe de non-automaticité lorsque le seuil dune pétition est franchi. La Conférence des présidents (l’instance où est arrêté l’agenda parlementaire) est la « seule juge de lopportunité des suites » à donner aux pétitions.

Mais face à « l’émotion suscitée par les accidents dramatiques récents » (un automobiliste a récemment été tué dans un accident de chasse, ndlr), les commissions des affaires économiques et des lois, annoncent dans un communiqué commun, créer « par anticipation une mission ».

« Nous partageons pleinement la douleur des familles de victimes et tout doit être fait pour éviter de tels drames », déclare Sophie Primas, présidente de la commission des affaires économiques, qui ajoute : « Nous souhaitons que le Sénat examine en profondeur, loin de l’émotion et de l’agitation préélectorale, la question de la sécurité à la chasse, la réglementation relative à la détention d’armes de chasse et les sanctions qui peuvent résulter d’éventuelles infractions. Rien ne sert de jeter l’anathème sur les chasseurs, il faut étudier et mettre en place les solutions efficaces et éprouvées ».

Cette mission à deux commissions aura vocation auditionnera tous les acteurs : les promoteurs de la pétition, ainsi que des représentants des chasseurs, les personnalités et administrations compétentes afin de déboucher sur des propositions concrètes éventuellement de portée législative. François-Noël Buffet, président de la commission des lois affirme qu’« il faut sortir du débat pour ou anti-chasse et aller au fond des choses. La chasse est une activité légale et populaire dans notre pays. Elle doit être sûre pour les non-chasseurs comme pour les chasseurs. L’utilisation d’armes à feu implique évidemment une sécurité renforcée ».

Le débat est lancé. Il s’annonce malgré tout d’ores et déjà passionné.

» Lire notre article : Pétition : le Sénat appelé à ouvrir le débat sur la limitation de la chasse

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le