Peut-on encore sauver l’ONU ?
Pas de trêve à Alep. La Russie a, pour la 6e fois depuis le début de la guerre en Syrie, utilisé son droit de veto au conseil de sécurité des Nations Unies. L’ONU semble paralysée. 70 ans après sa création, elle a besoin d’un second souffle. De quoi souffre l’organisation ? Et comment la réformer ?  Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères français, et Jean Ziegler, vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, nous livrent des éléments de réponse dans l’émission Un Monde en Docs.

Peut-on encore sauver l’ONU ?

Pas de trêve à Alep. La Russie a, pour la 6e fois depuis le début de la guerre en Syrie, utilisé son droit de veto au conseil de sécurité des Nations Unies. L’ONU semble paralysée. 70 ans après sa création, elle a besoin d’un second souffle. De quoi souffre l’organisation ? Et comment la réformer ?  Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères français, et Jean Ziegler, vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, nous livrent des éléments de réponse dans l’émission Un Monde en Docs.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L’ONU incarne le multilatéralisme. Elle a son existence propre et doit en même temps composer avec les 193 États qui en sont membres. Un rôle d’équilibriste de plus en plus compliqué comme l’explique Dominique de Villepin : « Les Nations-Unies se retrouvent pris en porte-à-faux entre les jeux, les intérêts des états, la multiplication des crises et cette volonté de jouer un rôle utile ». Les États sont tentés de faire passer leurs intérêts propres avant ceux de l’organisation et en grippent les rouages. L’ancien ministre des Affaires étrangères n’hésite pas à parler d’ « égoïsme ». Il déplore le fait que « les États ne font pas suffisamment confiance aux Nations-Unies ». 
Un État en particulier semble faire cavalier seul : les États-Unis. Selon Dominique de Villepin, « les États-Unis, ont le sentiment qu’ils peuvent agir indépendamment du cadre des Nations Unies. On ne s’adresse aux Nations Unis que quand on ne peut pas faire autrement, c’est à dire une fois l’intervention effectuée, et une fois qu’on s’est rendu compte que cette intervention ne permet pas d’obtenir les résultats escomptés ». 

« Il faut éviter les sources de blocages intempestifs »

L’ONU est-elle alors dans une impasse ? Jean Ziegler et Dominique de Villepin s’accordent à dire qu’une réforme du conseil de sécurité est nécessaire. Deux points sont à améliorer : la composition du conseil et son fonctionnement. « Un conseil de sécurité ne peut être efficace que s’il est représentatif » pour l’ancien Premier ministre. « La deuxième condition qui est indispensable c’est qu’il faut éviter les sources de blocages intempestifs. » Il faudrait donc réformer le droit de véto. Une idée portée par Kofi Annan dès la fin de son mandat de secrétaire général de l’ONU en 2006, mais laissé de côté par son successeur Ban Ki Moon. Jean Ziegler explique que selon ce plan « le veto devient caduc dans tous les cas où il y a crime contre l’humanité ».  
Pour Jean Ziegler « l’espérance est réelle » que cette réforme aboutisse, car « Le conflit syrien produit des conséquences effroyables au cœur même des nations dominantes. […] Les grandes puissances se réveillent et se disent : il faut terminer ce conflit. » Il appelle aussi  les citoyens à se mobiliser : « Il faut que les populations se réveillent, on est en démocratie. […] Si l’opinion publique se réveille et demande que le plan Kofi Annan soit réalisé et bien les gouvernements suivront. ».

En janvier 2017, Antonio Gutteres deviendra le nouveau secrétaire général des Nations Unies. Son action sera décisive pour l’avenir de l’organisation. 

Retrouvez l’émission Un Monde en Docs consacrée à l’ONU samedi 10 décembre à 22h sur Public Sénat. 
Rediffusion le dimanche 11 décembre à 9h et le dimanche 18 décembre à 18h.

Partager cet article

Dans la même thématique

Peut-on encore sauver l’ONU ?
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le