Régionales : peut-on reporter facilement des élections ?
Les élections régionales et départementales auront lieu les 20 et 27 juin. Elles devaient se tenir en mars et ont été repoussées deux fois en raison de l’épidémie de covid-19. Comment se passe le report des scrutins ? Toutes les explications avec le troisième épisode de notre série « Elections locales : mode d’emploi ». Une série de 12 vidéos pédagogiques coproduite avec France 3 NoA, pour tout savoir sur les élections régionales et départementales.

Régionales : peut-on reporter facilement des élections ?

Les élections régionales et départementales auront lieu les 20 et 27 juin. Elles devaient se tenir en mars et ont été repoussées deux fois en raison de l’épidémie de covid-19. Comment se passe le report des scrutins ? Toutes les explications avec le troisième épisode de notre série « Elections locales : mode d’emploi ». Une série de 12 vidéos pédagogiques coproduite avec France 3 NoA, pour tout savoir sur les élections régionales et départementales.
Public Sénat

Par Louis Mollier

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Vous vous rappelez des élections municipales de mars 2020 qui ont fini en juin ? Et bien un an après, la pandémie de covid-19 continue de bouleverser le calendrier électoral. A cause de la crise sanitaire, les élections régionales et départementales initialement prévues en mars ont d’abord été reportées aux 13 et 20 juin, puis aux 20 et 27 juin. Mais reporter des élections en démocratie, est-ce que ça ne pose pas problème ?

 

En fait, ça dépend un peu des élections. L’élection présidentielle ne peut être reportée qu’en modifiant la Constitution. C’est une procédure lourde qui nécessite l’accord de 3/5 des parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat. Le consensus politique serait par exemple difficile à trouver aujourd’hui avec un Sénat à majorité Les Républicains.

Pour les élections locales, c’est une autre histoire. Le gouvernement peut simplement faire passer une loi de report. C’est ce qu’il s’est passé le 22 février dernier : le Parlement a adopté le projet de loi reportant les élections régionales et départementales de mars à juin 2021. Le gouvernement publie ensuite les décrets qui organisent plus précisément ces élections : dates exactes de convocation des électeurs, date limite du dépôt des candidatures, règles de la campagne etc.

 

Un report n’est d’ailleurs pas si exceptionnel : les dernières élections régionales par exemple, avaient aussi été reportées deux fois. Une première fois de 2014 à mars 2015 pour ne pas surcharger un calendrier électoral bien rempli avec les élections municipales, européennes et sénatoriales. Et une deuxième fois de mars à décembre 2015, pour que les élections correspondent aux nouvelles régions dessinées par loi « NOTRe » adoptée en juillet 2015.

Mais le gouvernement ne peut quand même pas faire ce qu’il veut avec le calendrier électoral. Le Conseil constitutionnel peut être saisi et pourrait en théorie censurer une loi de report, même si ça n’est encore jamais arrivé. Pour qu’un report soit validé, il faut en fait que le gouvernement respecte trois conditions. D’abord, le report doit être justifié par un « motif impérieux d’intérêt général », en l’occurrence la pandémie de covid-19. Ensuite, le report doit respecter le principe de « périodicité » des élections. C’est-à-dire que les électeurs doivent être consultés régulièrement : toutes les élections ne peuvent donc pas se tenir en même temps et on ne peut pas les reporter indéfiniment. Enfin, ce report doit être exceptionnel et transitoire.

Pour les élections régionales et les départementales de juin prochain, il existe aussi une contrainte qui n’est pas seulement juridique, mais aussi politique. Avec le premier tour de l’élection présidentielle en avril 2022, il est difficile d’imaginer que les campagnes des régionales et de la présidentielle se chevauchent. Certaines têtes de liste régionales ne cachent pas leurs ambitions présidentielles, comme Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou Laurent Wauquiez.

Autre nécessité de bien distinguer les scrutins : les élections locales permettent de renouveler les élus qui parraineront les candidats à la présidentielle. Ces élections doivent donc absolument se tenir avant la course aux 500 signatures, et pas après.

Partager cet article

Dans la même thématique

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le