Philippe Bas : « Je souhaite que les Français choisissent un vrai gouvernement de la droite et du centre »
Le sénateur LR de la Manche juge que la nomination d’Édouard Philippe à Matignon relève d’un « gouvernement de campagne » et se montre critique envers les « débauchages » à droite.

Philippe Bas : « Je souhaite que les Français choisissent un vrai gouvernement de la droite et du centre »

Le sénateur LR de la Manche juge que la nomination d’Édouard Philippe à Matignon relève d’un « gouvernement de campagne » et se montre critique envers les « débauchages » à droite.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Entre ceux qui seraient prêts à aider le nouveau Premier ministre, et ceux qui gardent leurs distances, la nomination d’Édouard Philippe est loin de faire l’unanimité à droite. Interrogé au micro de Public Sénat, le sénateur (LR) Philippe Bas espère que les Français permettront la formation d’un « vrai gouvernement de la droite et du centre » à l’issue des législatives.

Voyant le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, le sénateur de la Manche reconnaît qu’il « préfère un Premier ministre venant de la droite qu’un Premier ministre venant de la gauche », mais se montre critique sur la portée de la recomposition annoncée par Emmanuel Macron :

« Il ne s’agit pas d’un gouvernement issu de la droite et du centre, il s’agit du gouvernement de M. Macron, qui est un gouvernement de campagne, intérimaire, pour gagner les élections législatives. »

« La société ne se réforme pas par décrets »

Rappelant sur ce renouvellement que « la nouveauté séduit » mais que « la nouveauté se périme », Philippe Bas n’approuve pas non plus l’appel signé par une vingtaine d’élus de la droite et du centre (comme Thierry Solère, Nathalie Kosciusko-Morizet ou encore Chantal Jouanno), appelant à saisir la main tendue d’Emmanuel Macron à leur famille politique :

« Il y a de très nombreux moyens de répondre à la main tendue qui ne relèvent pas du ralliement individuel de ceux qui veulent transformer leur vie en destin. »

Philippe Bas sur le gouvernement : "Nullement besoin de débauchages, de modifier les frontières"
01:16

L’ancien ministre juge que cette modification des « frontières » politiques pourrait se traduire par des alternances vers les extrêmes :

« La gauche, la droite, et même le centre, ça existe dans notre pays. Si entre Emmanuel Macron et les extrémistes il n’y a plus rien parce que tout le monde se rallie, à ce moment-là quand il y a aura du mécontentement, il se réfugiera dans l’extrémisme. Il n’y aura plus de démocratie possible parce qu’il n’y aura plus d’alternance républicaine. »

Usant les mêmes mots que le patron de la CFDT Laurent Berger, le président de la commission des lois a jugé que l’utilisation des ordonnances comme méthode de réforme était « une façon de conduire ses réformes un peu à la hussarde ». Il affirme :

« La société ne se réforme pas par décrets, elle ne se réforme pas par ordonnances, elle se réforme en suscitant de l’adhésion. »

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
6min

Politique

Affaire Lyhanna : que proposent les partis face aux « dysfonctionnements » de la justice ?

Les ratés judiciaires entourant le meurtre de la jeune Lyhanna n’en finissent plus de susciter l’indignation de tout le pays. Dès lors, la classe politique est amenée à se positionner. Alors que Sébastien Lecornu a présenté ses premières mesures, la gauche fustige le manque de moyens de la Justice et la droite épingle le laxisme des magistrats. Tour d’horizons des différentes propositions du gouvernement et des partis politiques.

Le

Des « menaces lourdes » d’ingérences numériques étrangères pèsent sur l’élection présidentielle, alerte Sébastien Lecornu
8min

Politique

Des « menaces lourdes » d’ingérences numériques étrangères pèsent sur l’élection présidentielle, alerte Sébastien Lecornu 

Après avoir rendu compte aux partis politiques des ingérences numériques étrangères durant les élections municipales, le Premier ministre a tiré le bilan des investigations et des moyens d’y répondre au cours d’une conférence de presse. Il commence à consulter les forces politiques en vue d’un projet de loi qui pourrait être débattu à l’automne.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
8min

Politique

Avec le retrait du plaider-coupable en matière criminel, « Gérald Darmanin fait de la politique sur le dos des victimes », regrette la rapporteure du texte au Sénat

Suite au rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes en commission des lois de l’Assemblée nationale mercredi, Gérald Darmanin a annoncé le retrait complet du « plaider-coupable » criminel, l’un des dispositifs les plus polémiques de son texte. Une « déception » pour les rapporteurs du texte au Sénat.

Le

Le Sénat rejette le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en nouvelle lecture
9min

Politique

Protection de l’enfance examinée au Sénat en octobre : « Le texte aurait mérité d’être inscrit avant », pointe la sénatrice centriste Dominique Vérien

Face à l’émoi suscité par l’affaire Lyhanna, le gouvernement va profiter de l’examen du texte sur la protection de l’enfance pour ajouter de nouvelles mesures. Le Sénat n’examinera pas le texte avant le 8 octobre. Trop tard, pour la centriste Dominique Vérien. La présidente de la commission des lois, Muriel Jourda, interroge surtout le recours à ce projet de loi. « Réagir par un texte sans lien avec l’affaire Lyhanna revient à faire de la loi un outil de communication », pointe la sénatrice LR.

Le