Philippe donne « carte blanche » à un comité pour penser la réforme de l’Etat
Edouard Philippe a donné vendredi "carte blanche" à un comité d'experts pour penser la "transformation" de l'administration, au...

Philippe donne « carte blanche » à un comité pour penser la réforme de l’Etat

Edouard Philippe a donné vendredi "carte blanche" à un comité d'experts pour penser la "transformation" de l'administration, au...
Public Sénat

Par Marc PRÉEL

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Edouard Philippe a donné vendredi "carte blanche" à un comité d'experts pour penser la "transformation" de l'administration, au moment où s'exprime la grogne des fonctionnaires sur leurs conditions salariales et les 120.000 suppressions de postes prévues durant le quinquennat.

"Le comité aura carte blanche pour explorer toutes les pistes, évaluer les périmètres, identifier les doublons et parfois même les triplons de compétence, parce qu'il en existe", a expliqué le Premier ministre lors d'un discours à Matignon, en demandant à ses 34 membres "de faire preuve d’innovation et d’audace afin d’imaginer quelle pourrait être une organisation idéale des services publics".

L'ancien maire du Havre a confirmé que la question du "périmètre" des missions assurées par l'Etat figurerait bien dans la réflexion. Ce qui suscite des inquiétudes, à gauche et chez les fonctionnaires notamment, sur l'abandon de certains pans au terme de cette "transformation", le mot qu'emploie l'exécutif à la place de celui de réforme.

Mais trois jours après une forte mobilisation lors de la grève des fonctionnaires mardi, le Premier ministre a aussi assuré vouloir éviter "une approche comptable" du "rabot" et du "faire moins avec moins".

"Ce n'est pas la voie que nous emprunterons", a affirmé M. Philippe, qui a également affirmé ne pas vouloir aborder la réforme avec un angle "idéologique" ni "théorique".

"Essayons de mieux nous organiser, plus simplement, plus clairement", a-t-il poursuivi, assurant que la question de "mieux dépenser l'argent des Français" n'en découlait qu'"ensuite".

Le comité est issu principalement de la haute fonction publique, du monde politique et économique, avec comme figure la plus connue l'ex-président du Conseil italien Enrico Letta.

- Décision contestée -

Il sera dirigé par un trio: le président du groupe industriel Safran, le franco-australien Ross McInnes, l'ex-directrice de cabinet de Manuel Valls à Matignon et cadre dirigeante de Nexity, Véronique Bédague-Hamilius, et le directeur de Sciences Po Paris, Frédéric Mion.

On y retrouve les économistes Jean Pisani-Ferry et Philippe Aghion, qui avaient inspiré le programme économique d'Emmanuel Macron, et le président de l'Institut Montaigne (think-tank libéral) Laurent Bigorgne ou encore des élus ou ex-élus socialistes, LREM ou LR.

Mais il est dépourvu de grandes figures syndicales, une décision contestée par les syndicats de la fonction publique que M. Philippe a dit "assumer".

L'exécutif prévoit que les organisations syndicales puissent s'exprimer dans une "séquence propre", a expliqué le ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin, en l’occurrence un "forum", une "grande consultation" également ouverte aux citoyens lancée début novembre.

Le ministre doit retrouver les syndicats pour "un rendez-vous salarial" dans les prochains jours, sur fond de mécontentement après l'annonce du gel du point d'indice qui régit les rémunérations des quelque 5,4 millions de fonctionnaires (20% de l'emploi en France).

Entre 200.000 et 400.000 d'entre eux sont descendus dans la rue mardi contre les "attaques" du gouvernement à leur égard, avec un taux global de grévistes de l'ordre de 15 à 30% suivant les sources gouvernementales ou syndicales.

Réformer l'Etat, "ce n'est pas mettre en cause les gens qui le font", a assuré M. Philippe, rappelant qu'il avait lui-même été fonctionnaire et qu'il était le fils de deux fonctionnaires.

Mais "la technologie évolue, les besoins évoluent, le monde évolue et il serait curieux de ne pas le prendre en compte (...) On serait fous de ne pas saisir cette opportunité. Ce serait presque criminel", s'est justifié le Premier ministre.

L'exécutif a mis la pédale douce sur les coupes d'effectifs pour l'an prochain, avec seulement 1.600 postes supprimés dans la fonction publique dans le budget 2018.

Le programme d'Emmanuel Macron prévoit de supprimer 120.000 postes de fonctionnaires lors de ce quinquennat: 50.000 dans l'administration d'Etat et 70.000 pour les collectivités.

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